‹ Le myosotis. Poésies inéditesChapitre 75 sur 108 · SUR LA MORT D UNE COUSINE DE SEPT AXS · texte numérisé non relu

SUR LA MORT D UNE COUSINE DE SEPT AXS

Je t'aurais fait, enfant, l'existence bien douce; Sous chacun de tes pas j'aurais mis de la mousse; Tes ris auraient sonné chacun de tes instants; Et j'aurais fait tenir dans ta petite vie Un trésor de bonheur immense... à faire envie Aux heureux de cent ans !

Loin des bancs où pâlit l'enfance prisonnière. Nous aurions fait tous deux l'école buissonnière Dans les bois pleins de chants, de parfums et d'amour ; J'aurais vidé leurs nids pour emplir ta corbeille, Et je t'aurais donné plus de fleurs qu'une abeille N'en peut voir dans un jour.

Puis quand le vieux Janvier, les épaules drapées D'un long manteau de neige, et suivi de poupées, De magots, de pantins, minuit sonnant, accourt. Au milieu des cadeaux qui pleuvent pour étrenne, Je t'aurais fait asseoir comme une jeune reine Au milieu de sa cour.

Mais je ne savais pas... et je prêchais encore; Sûr de ton avenir, je le pressais d'éclore. Quand tout à coup, pleurant un long espoir déçu, De tes petites mains je vis tomber le livre; Tu cessas à la fois de m'entendre et de vivre... Hélas 1 si j'avais su 1

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