Çhiron et Achille. ( H
60. Dans ce monochrome très bien conservé , les beautés artistiques de la peinture sont répandues dans toute leur splendeur.Pline, nous faisant l’histoire de la peinture, nous apprend, que la première méthode de peindre fût celle de tracer les contours; vint ensuite îe monochrome, c’est-à-dire la peinture d’une seule couleur. Les premiers peintres qui ont exécuté avec succès de pareils ouvrages sont Ardice de Corinthe, et Téléphone de Sycione. Nous savons du même historien que les anciens ont peint des monochromes sur des fonds obscurs avec du blanc. Toutes ces notices sont prouvées par nôtre monument, qui, avec trois autres moins
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bien conservés, et décrits auxnn. 61, 62, et 63, fut découvert le 24 Janvierl746à Herculanum,au même endroit où furent trouvés les papyrus. Cette peinture donna grande matière aux recherches des savans et des artistes.
C’est sur une dalle de marbre bien polie, que, par de petits traits de pinceau trempé dans du vermillon, ce magnifique monument a été exécuté. Et par les conjectures tirées de l’auteur que nous venons de citer, il paraît que ce monochrome appartient aux temps heureux, où les arts florissaient dans laGrèce, et qu’on y peignait sur le marbre. On ne saurait assez louer l’ exactitude, et la beauté des contours, la grâce de la composition, et la vérité de l’expression de la fable représentée, et dont voici le résumé.
Pyrithoüs fils à'Ixion Roi des Lapythes, orgueilleux des noces qu’il avait contractées avec Hippodamie femme d’une rare beauté, voulut par un festin splendide rendre ses noces plus somptueuses. Hercule, Thésée et les Centaures furent du nombre des convives. Ceux-ci échauffés par le vin violèrent 1 hospitalité, et enlevèrent toutes les femmes des Lapythes ; et le Centaure Eurhyte plus audacieux que les autres allait s’emparer $ Hippodamie, l’épouse chérie de son hôte, lorsque Hercule et Thésée s’unirent aux Lapythes pour tirer vengeance de l’outrage qu’ils avaient reçu. Le plus grand nombre fut tué, et les autres prirent la fuite.
Notre monument représente donc le Centaure Eurhyte au moment où Thésée va lui ôter la vie, et lui enlever sa proie. Et comme le sujet de cette peinture est l’héroïque, l’art correspond parfaitement à relever la beauté des figures.
PEINTURES MURALES
6 1 . Ce monochrome peint aussi sur marbre est trèsparfait dans son genre, et mérite la première place, car il a été trouvé le premier, et il est d’autant plus précieux qu’on y lit: AAEïANAPOi AOHNAIO^ ErPAVE. Alexandre Athénien peignait .Par la forme des caractères grecs, on Ycril qu’il a vécu avant l’ère chrétienne. AHTÎ2, Latone, NIOBH, Niobé, <bOIBH, Phœbé, IAEAIPA Iléaira, et ArAAlH, Aglaé, sont les cinq héroïnes peintes sur le marbre, mais les notices qui nous en restent dans plusieurs ouvrages anciens ne sont pas suffisantes à nous faire connaître quelle a été l'idée de l’artiste en les réunissant dans ce monochrome. Nous savons par le précieux hexamètre de Sapho, conservé par Athénée, que Latone et Niobé étaient intimes amies. Sous ce rapport il n’est pas étonnant qu’elles soient ensemble, mais nous n’en savons pas d’avantage. Nos réflexions doivent se fixer sur les deux figures qui jouent avec tant de grâce aux osselets , ce que les Anciens nommaient xtvraXiùfyiv , pentalithizein, car c’était avec cinq petites pierres qu’on jouait à ce jeu, ou avec cinq petits morceaux d’une matière quelconque, ou bien encore avec des astragales, ou osselets , qui sont ceux que nous voyons peints dans ce monochrome.
62. Cet autre monochrome a été si gâté parle temps, qu’on aperçoit à peine les traces de ses contours, ce qui contribue fort à rendre l’explication embarassante. Le vieillard à moitié nu et à moitié couvert d’une peau de bête semble être le Mentor du petit garçon ou de la petite fille, qu’il tient entre les jambes. On a formé mille conjectures, toutes insuffisantes pour l’explication de cette belle et précieuse peinture, dont on ne peut relever que ce que nous en disons.
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63. Nous pouvons observer que ces personnages sont masqués, mais nous ne saurions expliquer avec certitude ces masques. Il est probable qu’ils appartiennent à la tragédie. En observant l’air triste des uns, les pleurs des autres, les robes longues et listées qui couvrent presque entièrement leurs chaussures , on conviendra que la peinture a tracé une action tragique sur ce dernier monochrome.