Bacchus. (P
S. Muraille
106. Sophonisbe et Massinissa. Sophonisbe avait été promise en mariage à Massinissa, mais les Carthaginois, pour des vues politiques, lui firent épouser Syphax. Massinissa outré de cette action voulut se venger, il s’allia avec les Romains et marcha contre Syphax, qui mit son rival en déroute, l’obligeant à se recouvrer dans le camp de Scipion.Peu de temps après Massinissa s’empara deSyrte, ville où la belle Sophonisbe faisait sa demeure. Les feux de l’ amour, qui n’étaient qu’assoupis dans le cœur de la femme de Syphax pour son ancien amant, se rallumèrent avec plus de véhémence. Elle brisa ses liens, pour devenir l’épouse de Massinissa. Scipion craignant que l’amour de ce roi pour cette femme enchanteresse ne le détournât de la confédération qu’il avait faite avec les Romains, lui demanda la princesse pour la conduire prisonnière à Rome. Massinissa qui redoutait fort l’inexorable Romain, et son cœur ne consentant pas que F objet de sa flamme amoureuse fût conduite en triom-
PEINTURES MURALES
plie à Rome, lui proposa de prendre du poison; et cette femme ne balança pas entre la mort , et le déshonneur.
C’est ce dernier acte qui est représenté sur celte paroi. La scène offre un superbe Triclinium (salle àmanger)où les époux malheureux sont à table. Sophonisbe tient d’une main la coupe fatale. Elle surprend par la grâce de sa pose, par la fraîcheur de son teint, et par toute la beauté qui l’entoure: Massinissa l’embrasse du bras droit, et semble s’excuser de la main gauche. Son regard est troublé, et ses yeux hagards sont fixés sur Scipion qui s’avance étonné de tant de fierté et de courage dans la princesse. (P.)