PREMIÈRE TABLE RECTANGULAIRE VITRÉE
On voit ici 205 camées provenant la plupart de la maison Farnèse, et quelques-uns d 7/erculanum et de Pompei. Voici les plus intéressans:
Bacchus enfant sur une panthère environné de Nymphes. Niccolo. — Minerve et Neptune. Sardoine. — Icare et Dédale. Sardoine. — Triomphe de Bacchus et d 'Ariadne. Sardoine. — Bige conduit par une femme. Niccolo. — Jupiter qui foudroie les Géants. On y lit A0HNIÎ2N, Athénion. Sardoine. — Torse d’une Vénus. Agate — Tête de Jupiter Sérapis en haut-relief. Niccolo. — Tête de Méduse. Agate. — Fragment d’un Bacchanl. Agate. — Tête d’Auguste. Sardoine. — Faune avec un enfant sur l’épaule. Niccolo. — Silène assis. Niccolo. — Fragment du Taureau Farnèse. Agate. — Masque scénique. Agate. — Vestale; Saphire très-rare. — Jupiter-Sérapis en haut-relief. Eméraude. — L'enlèvement de Ganimède; Agate.
Sur la seconde table vitrée on voit 3i6 pierres gravées dont voici les plus remarquables. — Diane avec le nom du graveur AHOAAONIOY. Améthiste orientale . — Portrait . Corniole — Quadrige .N iccolo . — Sacrifice à Cérès. Corniole. — Cléopâtre. Corniole.— - Esculape. Jaspe sanguin.
GRANDE TASSE EN SARDOINE 1 59 Au milieu de la Salle.
On voit une grande Tasse d’Agate-Sardoine qui représente Alexandre-le-Grand, Ptolémée Soter, et Bérénice sa femme avec leurs filles Philothéra et Arsinoé. En voici la description.
En dehors y est sculptée une tète de Méduse d’une surprenante beauté qui couvre tout le champ extérieur, tandis qu’à l’intérieur sept figures en relief qui se détachent de la couche blanche de la pierre font un contraste admirable avec le fond brun , qui rehausse merveilleusement la beauté du travail. On admire d’abord vers le bas, mollement couchée sur un Sphinx une charmante figure de femme tenant dans la main droite deux épis de blé. Après elle, paraît debout un homme de belle présence, la chlamyde jetée sur l’épaule gauche qui le laisserait nu sans la ceinture qui lui couvre les reins. Il a un sac suspendu au bras gauche et met la gauche sur une espèce de poignard sans fourreau, pendant que de la droite il s’appuie à une haste un peu recourbée et de la longueur de huit pieds proportionnément à la figure ; elle est surmontée d’une traverse presque semblable à un arc, aux deux bouts de laquelle est attachée une corde qui va s’unir à l’autre vers la moitié, et s’entortille avec elle autour de la haste verticale. On ne peut douter que le personnage ne soit le protagoniste de l’action qui est ici représentée, parce qu’il se trouve au centre. Très de lui on voit d’un côté un vieillard vénérable assis avec le plus grand abandon sur la souche d’un arbre; de l’autre, deux charmantes jeunes filles assises je ne sais sur quoi. Le vieillard porte la
main sur le bord d’un grand vase en forme de corne, qu’il soutient en l’appuyant sur la cuisse. Des deux jeunes filles, l’une tient à la main une tasse semblable à celle que nous décrivons, l’autre un vase à boire en forme de corne, mais beaucoup plus petit que celui du vieillard. On voit derrière elles une grande gerbe d’épis, et en l’air deux jeunes hommes, l’un avec une légère draperie qu’il oppose au vent et se ploie en arc, l’autre souffle dans une conque recourbée.
On serait tenté de répondre à ceux qui voudraient la vraie explication de ce singulier monument qu’il en est des antiquaires comme des médecins qui peuvent connaître une maladie sans la savoir guérir. Toutefois, si après le sentiment de tant de savans respectables, on voulait bien ne pas m’accuser de trop de hardiesse, je dirais que malgré leurs lumières, ils n’ont point su expliquer cette admirable tasse, et qu’ils ne seraient jamais venu à bout d’en pénétrer le sujet, parce qu’ils ont passé sur un point essentiel qui doit servir de fondement à son interprétation. Je veux parler du sac suspendu au bras gauche du personnage debout. Ou ce sac ne fut point aperçu, ou s’il le fut, ignorant son usage, on le confondit à dessin avec les plis de la chalmyde de la figure en pied. Et puisque je me suis décidé à en exposer l’argument , si je ne suis pas assez heureux pour frapper droit au but, il sera toujours flatteur pour moi d’avoir été le premier à l’examiner avec une attention si scrupuleuse que je suis arrivé à y découvrir ce que depuis trois cents ans tous les Archéologues ne se seraient jamais doutés, et d’avoir ainsi frayé la route à ceux qui pourront avoir plus