‹ Le mystagogue guide général du musée royal bourbon dans lequel on trouve la description des antiques récemment fouillés à Pompei, RuvoChapitre 91 sur 136 · GRANDE TASSE EN SARDOINE · texte numérisé non relu

GRANDE TASSE EN SARDOINE

de bonheur que moi. A l’appui de mes conjectures je poserai pour fondement des faits irréfragables pour quiconque observera cette tasse, même sans les lumières de l’érudition. Le Sphinx indique évidemment que la scène se passe en Egypte ; les Vents en l’air et l’arbre prouvent que l’action est en plein air ; les épis liés en gerbes, et ceux que la figure aux belles tresses tient à la main, indiquent que le champ vient d’être moissonné ; enfin toutes les figures de la composition, celle couchée mollement sur le Sphinx, l’autre assise sur un objet méconnaissable, et une troisième, faute de siège, sur la souche d’un arbre sans feuilles, indiquent le besoin de repos après les travaux de la campagne. Bien plus, si quelques-unes de ces figures ont en main des vases à boire pour se désaltérer, ou pour faire libation aux dieux, si une autre tient des épis coupés ; à quel autre usage , si ce n’est pas au même , pourra servir la grande corne que l’on voit dans la main du vieillard. Et ne pourra-t-on pas aussi prétendre par la même raison, que le personnage debout est également adonné à l’agriculture, et que les attributs qu’il a dans les mains sont des instrumens aratoires, s’il n’est que trop vrai que l’insigne artiste de ce monument voulut et sut donner à sa composition l’harmonie qui règne avec tant d’ intelligence dans toutes ses parties, qu’elles tendent toutes au même but? Mais ce qui au premier abord n’est rien moins que probable devient presque certain dès que l’on considère que l’instrument sur lequel la figure debout s’ap-

puie gracieusement de la main droite, n’est autre chose que le timon de la charrue (1).

Qu’on l'observe bien, on y reconnaîtra le timon appelé Icrrofioivç par les Grecs, un peu recourbé pour être plus commode, tel qu’il est encore en usage dans plusieurs de nos provinces et qui a la même longueur que celle que lui donne Virgile, savoir de huit pieds à-peu-près. La traverse à l’extrémité supérieure est le joug appelé par Homère onQzXoeiç, umbilicatus , à cause des deux boutons en forme de nombril qui sont aux deux bouts. Comme ces boutons avaient la même forme que ceux de l’arc, les anciens les nommaient xopcovact, coronae, et ils servaient comme dans l’arc à y fixer les cordes qui sont ici pendantes, et qu’ils appelaient Çvyohcritcc, Çwyo-

rripsg îiMvrtç, lora jugalia par Virgile, et subjugia par Colon. C’étaient des cordes longues de douze pieds dont on faisait différentes sortes de colliers pour atteler les bœufs à la charrue. Et pour qu’on eût compris qu’elles devaient être plus longues que le timon, l’artiste les a représentées entortillées au timon, comme elles devaient l’être avant d’atteler les bœufs, pour ne pas les gâter ou les salir en les traînant par terre.

Si d’un autre côté toutes les autres pierres précieuses qui pour le travail et la matière ne diffèrent en rien de celle que nous examinons, ne présentent pas des sujets tirés de la fable, si les traits des physionomies n’offrent point ici ce type idéal qu’on trouve dans les divinités et dans les héros ou demi-dieux; si

(i)Je U pris d'abord pour «b gouvernail ou pour un Q<au à b.ittrc le blé.

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