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avec nous. Alors ce serait, de nouveau, la situation de 1907 et 1908, la France embarrassée d'un sultan combattu par un prétendant. Ces difficultés, nées de l'enchaînement des événements, ont été lumineusement analysées au Sénat par M. Ribot, qui a montré comment les fautes de 1909 et 1910 avaient préparé l'expédition et comment l'expédition conduisait au protectorat.
Aller à Fez, faire ce grand effort militaire, faire venir 27.000 hommes de France pour rester sous le régime de l'acte de 1909, c'était impossible. Il fallait qu'en sortant de Fez nous pussions avoir, en même temps que les charges de ce protectorat qui nous était imposé par les circonstances, les moyens de le mettre en œuvre, les moyens de commencer la réforme du Maroc l.
D'où la nécessité d'une conversation franco-allemande que, dans la même séance, M. Ribot définissait ainsi :
Il faut voir les choses telles qu'elles sont, avec sincérité, avec franchise, et prendre les questions comme elles sont. Je ne reproche pas du tout au ministre des Affaires étrangères du cabinet du 3 mars d'avoir envisagé cette question dans toute son étendue, ni même d'avoir compris que, pour obtenir de l'Allemagne ce protectorat, deux ans après que M. de Bûlow avait tenu le langage qu'on sait, alors que l'Allemagne était engagée comme vous le voyez, qu'elle avait son amour-propre et que son Gouvernement, devait, comme dans tous les pays, tenir compte de sa propre dignité, il y avait une négociation délicate à poursuivre, il y avait des concessions à faire à l'Allemagne.
Tel était, dès le mois de juin, l'avis de M. Jules Gambon et, sans doute appelé à l'exprimer, l'eût-il énoncé sous cette forme : refuser à tout prix une solution nouvelle