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Et plus tard :
Je ne donne pas six mois, si nous perdions le Maroc, pour que l'opinion réveillée ne se rende compte de la perte irréparable qu'elle aurait faite.
Ou encore :
Quelles effroyables responsabilités pèseraient sur nous, si nous laissions rouvrir la question du Maroc, — et cela à notre détriment !
En un mot, il est permis d'affirmer que, dès le printemps de 1911, notre ambassadeur à Berlin estimait que l'intérêt national était de faire tomber le dernier obstacle qui nous séparait du Maroc, c'est-à-dire, l'obstacle allemand. Gomment le faire tomber? M. Jules Gambon n'apercevait pas, vis-à-vis de l'Allemagne, d'autres moyens que ceux précédemment employés vis-à-vis de l'Italie, de l'Angleterre et de l'Espagne.
— Il nous faudra payer, disait-il fréquemment.
Cet état d'esprit, en juin 1911, était encore précisé par l'expédition de Fez. M. Jules Cambon estimait — et l'on ne peut que partager son avis — que l'accord du 8 février 1909 avait été mal appliqué. Il se demandait, d'autre part, comme le général Moinier l, quel serait le lendemain de l'intervention militaire rendue nécessaire par cette mauvaise application : « Si la France, écrivait quelques jours plus tard le commandant en chef, ne prend en mains le contrôle effectif du Maroc, l'anarchie est irrémédiable. » Sans aller jusque-là, comment, en quittant Fez, garantir le trône du sultan? Déjà Moulay-Hafid annonçait que, si nous partions, il partirait