Commission du Sénat. Sténographie du 9 janvier
de la façon suivante, d'après les documents lus à la commission dont il était membre, la marche de la conversation :
La conversation s'engage. M. Cambon invoque l'accord de 1909 ; c'est son premier mot pour justifier notre politique. M. de Kiderlen reconnaît que cet accord consacre le désintéressement politique de l'Allemagne et l'égalité économique ; mais il soutient que nous excédons notre droit en occupant Fez et que, même si nous quittions la ville, nous y laisserions une situation différente de celle que nous y avons trouvée. Les entretiens se poursuivent. M. Cambon essaye de s'entendre avec le représentant du gouvernement allemand. M. de Kiderlen demande :
— Mais enfin que voulez-vous ? Si l'on s'occupe du Maroc seulement, on n'aboutira pas. Si on essaye de replâtrer ce qu'on a fait auparavant, on ne fera rien.
M. Cambon dit :
— On peut chercher ailleurs.
Et M. de Kiderlen conclut :
— Rapportez-nous quelque chose de Paris 1.
A la commission même, M. de Lamarzelle avait résumé l'entretien dans des termes analogues :
M. de Kiderlen avait dit à M. Cambon :
— Tout replâtrage au Maroc est impossible, un nouvel accord est nécessaire.
A quoi, M. Cambon répondit :
— Il est inutile de chercher au Maroc ; toute concession de ce côté est incompatible avec la susceptibilité de l'opinion française.
Et il ajoutait :
— On peut chercher ailleurs.
Alors, M. de Kiderlen :
— Allez à Paris et rapportez-nous quelque chose2.