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Courrier européen, du 13 octobre

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entre les bons et les mauvais, avec un mépris systématique des faits, des textes et des chiffres. Ce sont aussi tous les fonctionnaires et tous les ministres français, qualifiés en bloc de « criminels m1. MM. Gentil, Martineau, Binger, Roumo couvrent les massacreurs subalternes. MM. Etienne, Delcassé, Lebon, Clémentel, Trouillot, Milliès-Lacroix, « enlevé par un choix imprévu à la direction du grand bazar de Dax ; qui ne sait rien et ne veut rien savoir » 2 couvrent les hauts fonctionnaires, si bien que, du haut en bas de l'échelle, s'établit une monstrueuse solidarité dans le crime, dont les compagnies concessionnaires sont l'instrument officiel 3. Il s'agit de déshonorer en bloc tout ce qui, de près ou de loin, touche au Congo.

Cette propagande colorée empruntait un caractère particulier à la personnalité de certains de ses chefs. La ligue et le Courrier européen avaient des comités de direction où figuraient des hommes politiques et des écrivains. Mais la réalité de l'action était aux mains de trois personnes, MM, Paix, dit Paix-Séailles, Challaye et Mille. Le troisième n'était pas un inconnu dans les milieux coloniaux. En 1899, M. Pierre Mille avait été en effet le champion le plus ardent du régime des grandes concessions et c'est sa propagande qui avait le plus contribué à faire instituer ce régime. Dans son livre Au

1. Voici un spécimen du ton de cette polémique : « C'est une bande d'aigrefins qui met en coupe réglée notre domaine colonial et son ministère. Depuis M. Lebon qui tailla dans le Congo le domaine des sociétés concessionnaires, jusqu'à M. Clémentel qui s'intéressa, dit-on, autant aux alcools d'Indo-Chine qu'aux caoutchoucs du Congo, tous ont été systématiquement aveugles, quand ils n'étaient pas complices du pillage organisé de nos colonies » {Courrier européen, 25 décembre 1907).

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