‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 97 sur 216 · Voir ci-dessus page · texte numérisé non relu

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pagnies dans le bassin conventionnel ». M. Pierre Mille répliquait :

Un principe de droit universellement reconnu a permis au souverain de l'état indépendant, (donc à la France aussi), de restreindre cette liberté à peu près autant qu'il lui plaît.

Il approuvait la perception de l'impôt sur les indigènes par une force armée. Il ajoutait plaisamment :

Un sergent de haoussas y réussira toujours mieux qu'un grattepapier civil.

Il était aussi, à l'inverse de M. Morel, pour l'impôt perçu en nature. Il louait comme « une mesure extrêmement sage, le maintien provisoire de l'esclavage de case )>. Bref, le Congo belge l'enthousiasmait.

Je suis de ceux qui croient, que cette oeuvre sera durable et qui s'en réjouissent.

Son seul regret était que la France n'eût pas fait la même chose. Il déplorait que nos colonies démocratiques n'eussent pas « un patron tout-puissant, maître

absolu, administrant d'une façon neuve et pratique

sans ingérence du Parlement. » Il paraissait infiniment sceptique à l'égard des critiques, dès lors formulées en Angleterre, contre le Congo belge. Les unes lui semblaient « parfaitement fausses ». Des autres, il écrivait : « De tels crimes se passent partout », et il plaidait les circonstances atténuantes. Il n'en devait être que plus remarqué lorsqu'en 1905, dans un livre préfacé par M. Edmund D. Morel, devenu désormais son parrain dans la petite église du « libre commerce », il écrivait

à propos du régime même, dont il avait, six ans plus tôt, réclamé avec tant d'ardeur et obtenu l'institution.

Je n'ai plus que quelques mots à ajouter. Il faut tirer le bassin conventionnel du Congo, — le Congo belge et le Congo français, — de cette abominable situation...

On doit, dès maintenant, déclarer que les indigènes ont droit à la propriété absolue des produits qu'ils recueillent, même sur les terres considérées comme « vacantes ». On n'aura pas le droit de les forcer à les recueillir. Ils ne devront qu'un impôt en argent, impôt minimum ne dépassant pas deux francs par tête et par an, comme dans notre Afrique occidentale.

La campagne française, identique dans son but, — ■ suppression des concessions, — à la campagne anglaise, s'en distinguait par les considérants qu'elle invoquait. M. Edmund D. Morel avait dit, et les Chambres de commerce avec lui :

Ce que l'Angleterre pouvait se refuser à accomplir, s'il s'agissait seulement de considérations humanitaires, elle ne saurait y demeurer plus longtemps étrangère, alors que ses intérêts en Afrique étaient directement menacés.

La campagne française, tout en poursuivant le même résultat, ne se recommandait que de la « morale » et ne parlait pas de l'intérêt. M. Edmund Morel, présenté aux lecteurs français par M. Mille 1, n'est plus que le chef d'un « mouvement d'opinion vraiment humanitaire, un homme d'un parfait désintéressement ». Il n'est question, dans cette présentation, ni des « intérêts commerciaux » des maisons anglaises, ni des Chambres de commerce britanniques, ni de leurs réclamations « pratiques », que cependant, peu de temps après sa fon-

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