Siini theol. III Pars. qu. Ixxix. art. 3 corp
l'un à l'autre, toute la distance qu'il y a de la vie à la mort. Ce n'est pas à dire que l'on puisse commettre de gaieté de cœur le péché véniel : tout péché étant une désobéissance à Dieu, faisant de la peine à Dieu, l'âme qui aime Dieu, qui est informée par la charité divine, doit s'abstenir de ce qui peut déplaire, même légèrement, à son Maître et Seigneur.
Et son ambition doit être de garder intacte et brillante l'image du Christ, que la grâce a imprimée en elle. Et d'ailleurs, commettre avec une sorte d'insouciance et de facilité le péché véniel, peut faire glisser l'âme insensiblement, la faire descendre de degré en degré, jusqu'à la faute grave. Mais le péché véniel, en soi, est éloigné du péché mortel par d'incommensurables espaces ; c'est une faiblesse morale, une infirmité de laquelle on peut dire, avec l'Evangile : « Infirmitas hœc non est ad mortem^ cette maladie ne va pas à la mort \ » Or, quel est l'effet de l'Eucharistie à l'égard du péché véniel ?