Dilectus meus, qui pascitur inter lilia, cant. II
2. Matth. vii, 6. « Nolite dare sanctum canibus, neque mittatis margaritas vestras ante porcos. »
quent clairement les dispositions d'innocence qu'il faut apporter au banquet sacré, et le châtiment qui attend celui qui s'y présente, la conscience souillée d'une faute grave. Ah ! la destinée qui lui est réservée est affreuse : l'on en voit le signe dans la parabole évangélique : « le royaume des cieux est semblable à un roi qui faisait les noces de son Fils. . . Le roi entra dans la salle du banquet pour voir ceux qui étaient à table, et ayant aperçu là un homme qui n'était pas revêtu de la robe nuptiale, il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir une robe de noces ? Et cet homme resta muet. Alors le roi dit à ses serviteurs : Liez-lui les mains et les pieds, et jetez-le dans les ténèbres extérieures : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents \ ))
1. Matth. xxii, 1-13. w Là commencera ce pleur éternel.) a dit Bossuet dans l'oraison funèbre d'Anne de Gonzague ; et cela est un magnifique barbarisme, que Lacordaire a relevé et commenté magnifiquement dans son Discours sur les Princes de la Pensée.
Telle est donc la doctrine de l'Eglise, formulée avec netteté et vigueur par le Docteur angélique, au sujet de l'Eucharistie et du péché mortel : c'est une doctrine sévère, mais il est impossible de ne pas reconnaître combien elle est juste, légitime et vraie. Cet enseignement s'harmonise avec l'essence de ce sacrement et avec la notion de faute grave ^
L'autre question à se poser est celle-ci : le sacrement eucharistique remet-il les fautes vénielles ? Il est, en effet, une autre espèce de péché, appelé véniel, parce qu'il implique toujours légèreté de matière, et que la pleine advertence et le plein consentement qu'on lui donne n'en changent pas la nature. Un million de péchés véniels ne constituera jamais un péché mortel : ce sont deux ordres d'essences séparés par un abîme ; il y a, de