‹ Le mystère de l'EucharistieChapitre 29 sur 44 · Septies enivi cadet justus. Prov. xxiv · texte numérisé non relu

Septies enivi cadet justus. Prov. xxiv

Les occasions de commettre des imperfections nous viennent du dehors et du dedans. Et les plus fervents y cèdent, hélas ! Les plus fervents se relâchent, dans une mesure ou dans une autre, du zèle céleste qui les enflammait pour la conquête de la vertu. Il se fait donc en nous, et en quelque sorte malgré nous, une diminution de grâce. Et l'Eucharistie, aliment céleste, vient à point nous rendre le trésor de la vie divine dans son intégrité, et comble les lacunes qui se sont produites dans Tâme, par l'effet de causes auxquelles notre nature déchue n'échappe jamais complètement. Saint Ambroise dit très bien, dans son traité des sacrements, « le pain quotidien, le pain supersubstantiel, nous est donné comme remède à notre faiblesse quotidienne ^ ». Je comparerais l'âme à de l'or fin, que l'action de l'air ambiant ternit, qui se charge journellement de poussières et de scories, voilant son éclat. Par l'Eucha-

1. De Sacrain. lib. V, c. 4. Cité par S. Thom. iii P. qu. 79, art. 4. c.

ristie, cet or est remis dans le creuset de l'amour divin, dont l'intensité consume toutes les impuretés qui s'étaient déposées sur son essence ; quand il sort de là, il a retrouvé sa qualité précieuse, sa couleur, sa finesse, il est débarrassé des alliages grossiers qui nuisaient à son rayonnement. D'autant plus que ce sacrement divin porte Tâme à faire des actes de charité surnaturelle plus vive. L'Eucharistie — et c'est là ce que saint Thomas appelle res hujits sacranienti^ le fond, la vertu de ce sacrement — verse dans l'âme l'amour divin, non pas seulement à l'état d'aptitude, de tendance générale et lointaine, mais à l'état d'acte direct et immédiat ; c'est-à-dire que l'âme* qui communie est poussée à s'unir à Dieu, par des élans qui lui font une douce violence, et dans lesquels elle goûte toute suavité et toute douceur. Elle éprouve une aspiration qui la jette en quelque sorte dans les bras du Christ et sur son cœur, comme par un mouvement nécessaire et invincible. Or, plus une âme est embrasée de charité divine, et manifeste

cet amour par des actes, moins il y a de place en elle pour tout ce qui peut blesser cette charité et lui déplaire. L'union intime avec le Divin Maître, par l'amour, signifie donc le renoncement à toute autre affection, le dépouillement des imperfections humaines, l'éloignement de toute faute même vénielle. Plus on s'approche de Dieu, plus on se sépare de tout ce qui est contraire et opposé à Dieu, à savoir le péché ^

Une question qui reste à se poser est celle-ci : Est-ce que le sacrement de la Sainte Eucharistie nous préserve des péchés à venir? Est-ce un préventif contre la maladie et la mort spirituelle ? — La réponse ici encore est très simple ; pour la résoudre, nous n'avons qu'à faire appel aux principes précédemment posés, et à

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