Joan. xii
empoisonnés de son ennemi. In hoc signo vinces ^ !
Telle est la doctrine de l'Eglise, interprétée par le grand Docteur Saint Thomas, concernant l'Eucharistie et le péché. Pour être complet, il nous faudrait ajouter encore en quoi l'Eucharistie diminue les peines temporelles dues aux péchés, et examiner si l'Eucharistie profite à d'autres qu'à ceux qui la reçoivent, et comme quoi les péchés véniels, non pas ceux du passé, mais ceux que nous commettons actuellement, empêchent ce sublime sacrement d'avoir tout l'effet désirable. Mais cela nous entraînerait trop loin. Nous croyons avoir dit l'essentiel sur la question. Je me résume :
1. IIP Pars. qu. Ixxix, art. 6: ((Hoc sacramentum praeservat a peccato, duplici modo, tanquam spiritualis cibus et medicina, et secundo in quantum est quoddam signum passionis Christi, per quam victi sunt daemones. w
le péché grave donnant la mort à l'âme, l'âme en devient inapte à bénéficier de la vertu infinie contenue dans l'aliment eucharistique ; et c'est pour elle le pire des crimes, alors que son malheureux état repousse le mystère de la vie divine, le signe par excellence de l'amour de Jésus, de vouloir cependant s'approcher de la table sainte, sans s'être purifiée et reconciliée avec son Maître par une bonne et sincère confession. Le baiser de Judas n'avait rien de plus affreux, ce baiser de la trahison, dont le souvenir se perpétue à travers les âges comme un modèle d'infamie, comme la plus amère souffrance qui ait été infligée au cœur du Fils de l'Homme. Quant à nos péchés véniels, nos imperfections quotidiennes, ils sont comme une poussière qui se dissipe dans la lumière de ce sacrement, comme des taches qui s'effacent sous l'action du feu divin de la grâce ; et l'or de notre âme, par l'Eucharistie, retrouve sa finesse et son éclat. D'autant plus que la charité qui nous embrase nous éloigne davantage de tout ce qui peut déplaire, fût-ce légèrement,
à l'objet de notre amour. Et enfin, l'Eucharistie, pain supersubstantiel, conserve magnifiquement notre santé spirituelle, nous prémunit contre les forces délétères qui seraient de nature à Tatténuer et même à nous la faire perdre entièrement. Dans les luttes incessantes que nous avons à soutenir pour conserver intacte la vie de la grâce, laquelle annonce et prépare la vie de la gloire, le sang de l'Agneau sans tache, versé à profusion dans le mystère eucharistique, est une protection infaillible contre toute déchéance morale. Au livre de l'Exode, il est dit : (( Je suis Jéhovah. Le sang de l'agneau sera un signe en votre faveur sur les maiso'ns où vous êtes : je verrai le sang, et je passerai, et il n'y aura point pour vous de plaie meurtrière quand je frapperai le pays d'Egypte ^ ». Non, il n'y a point de plaie meurtrière pour l'âme, temple spirituel, marquée du sang du véritable Agneau qui a été immolé.
L'ange des vengeances divines la res-