‹ Le mystère de l'Eucharistie [microforme]Chapitre 14 sur 51 · Tag. Cor. xiii · texte numérisé non relu

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nité même se dissimule sous des appa rences : la réalité de sa substance repose sous des espèces visibles et tangibles, qui ne sont que le rideau léger derrière lequel opèrent le corps, le sang, l’âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Et ainsi notre foi trouve sa perfection, son achèvement dans ce mystère, en ce qu’elle croit fermement en la vérité de la présence divine et humaine, de toute la personne de Jésus, sous les espèces ou apparences du pain et du vin, c’est-à-dire sous la forme la plus invisible, la plus

mystérieuse qui soit, la plus humble, la plus fragile, dans un sacrement qui est une sorte de défi jeté à la raison orgueilleuse, comme l’Incarnation en était un !.

Si le Dieu Infini a revêtu notre misère, et porté le poids de nos infirmités, cela estil moins étonnant, plus acceptable à nos

1. « Hoc competit perfectioni fidei, quæ sicut est de divinitate Christi, ita est de ejus humanitate. Et quia fides est invisibilium, sicut divinitatem suam nobis exhibet Christus invisibiliter, ita et in hoc sacramento carnem suam nobis ex- À hibet invisibili modo». III, P. qu. 75, a. 1.

pauvres esprits que de le voir renfermer toute son essence, toute la substance de sa vie divine et de sa vie humaine glorifiée, dans la blancheur de l'hostie et dans quelques gouttes de vin? Mystère et mystère! Dans l’un comme dans l’autre la raison est dépassée : ce n’est pas à elle que s'adressent ces opérations de la puissance et de l’amour Infinis. Notre foi les accepte, notre âme sent qu’il y a là des merveilles ineffables, et de nos lèvres s'échappe un hymne d’adoration dont les échos vont rejoindre, à travers le temps et l’espace, le cantique d'amour et d’actions de grâces que les anges et les saints recommencent éternellement en l’honneur de « l'Agneau qui a été immolé » !, Perfection de la Loi nouvelle, perfection de la charité de Notre Seigneur, perfection de notre foi, telles sont donc les grandes convenances, les harmonies souveraines du dogme de la présence réelle

1. Apoc. v. 12. « Dignus est Agnus, qui occisus est, accipere virtutem, et divinitatem, et sapientiam, et fortitudinem, et honorem, et gloriam, et benedictionem ».

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de Notre Seigneur dans la Sainte Eucharistie. Sans la vérité de cette présence, ni l'ordre nouveau qu'Il est venu inaugurer sur la terre n'aurait eu son couronnement ; ni l'amitié qu’Il nous a temoignée en s’incarnant, son terme et sa consommation ; ni notre foi un objet adéquat à sa définition et à son essence, qui est l'invisible. Le rôle de ce mystère est donc un rôle de beauté et d'achèvement. II donne à la religion catholique, œuvre du Christ, le cachet d’unité, de fini, de splendeur harmonieuse, où se reconnaît son

origine divine, et où s’annoncent ses destinées immortelles.

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L'Eucharistie— Source de grâce

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