‹ Le mystère de l'Eucharistie [microforme]Chapitre 26 sur 51 · Ad Rom. viii · texte numérisé non relu

Ad Rom. viii

2. « In hoc Sacramento potest considerari et id ex quo habet effectus, scilicet ipse Christus contentus, et passio ejus repræsentata, et id per quod habet effectum, scilicet usus sacramenti et species ejus. Et quantum ad utrumque competit huic sacramento quod causet adeptionem vitæ æternæ, » III. P. qu. Ixxix, art. 2, corp.

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L'Eucharistie nous mérite encore la consécration de la gloire, à cause de ce qu'elle représente, et qui est le sacrifice du calvaire. L'homme, dès sa création, a été appelé à la béatitude surnaturelle ; il a été ordonné vers Dieu tel que celui-ci est, stcuéest. En sorte que la source et la fin de son bonheur ne peut être qu'en Dieu. Cette vocation fait notre grandeur et notre tourment. L'on aurait beau s'il.

lusionner, et vouloir chercher dans ::s choses un apaisement à l'appétit qui nous dévore, il est absolument impossible de l'y trouver. Demandez aux riches si la fortune tant désirée leur a procuré complète satisfaction : ils vous répondront en vous indiquant les misères de leurs foyers, souvent dévastés par l'infidélité et les deuils, en vous étalant des aspirations qui s’accroissent avec leur argent, qui deviennent plus vastes et plus ambi-

tieuses au fur et à mesure que leurs coffres se remplissent, en vous montrant sur leur physionomie les rides creusées par la Perspective que leurs richesses sont à la merci d'un coup du sort, ou qu'il leur faudra bien dire adieu, un jour, à l’idole qu'ils adorent. Demandez aux cœurs, ensorcelés par la tromperie des amours humaines, s'ils ont trouvé en d’autres cœurs la plénitude de leurs désirs : ils vous répondront par des larmes amères ou par des signes de dégoût. Demandez

à ceux qui tendent toutes leurs énergies

vers ce que l'on nomme a gloire humaine, si les honneurs, la renommée mondiale, leur ont apporté le bonheur souhaité, ils feront un geste fatigué et vous diront :

vains mots que tout cela, hochets de la vanité, pur néant. Non, l'appel à l’ordre surnaturel a fait notre âme si grande et si mystérieuse que seul le Dieu Infini peut la combler 1,

Mais le péché de l’homme nous avait

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1. Voir les traités de /a Création, de l'Homme, de la Béatitude, dans S. Thomas.

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fermé ce ciel où réside le seul bonheur Capuble de calmer nos soifs. Le châti.

men’ terrible de la faute était précisément de nous condamner à rester en dehors du séjour qui nous était destiné, de par la grâces de nos origines. Et non seulement nous n'aurions PU trouver ici-bas, dans aucun objet, le rassasiement de nos facultés; mais l'espérance de pouvoir les combler, par delà Ja terre, dans notre vraie patrie, nous était éternellement refusée. C'était donc l'exil dans toute la rigueur de ce mot. Et « l'exilé partout est seul ! »

La Rédemption du Christ est venue rétablir l'ordre primitif; et, en nous libérant du péché, supprimer ses incalculables conséquences. L'effet dernier et principal de l'oblation accomplie par l'Homme-Dieu a donc été de nous rouvrir les portes du ciel 1, Saint Paul exprime cette vérité en son ferme langage : « Jésus-

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{. « Ipse Christus per suam passionem aperuit

. nobis aditum vitæ æternæ.» III, p. qu. Ixxix,

art. 2, corp.

Christ est médiateur d'une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour le pardon des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis !. » Aussi, dès qu'Îl eut expiré sur la croix et consommé son sacrifice messianique, Notre Seigneur descendit-il dans les limbes, pour annoncer aux âmes des justes qui y étaient détenues, ia réalisation de leurs espérances, la récompense promise à leur foi en un Sauveur, D'un geste de conquérant et de libérateur, le Christ fit entrer ces âmes dans le séjour bienheureux.

En mourant sur la croix, le Christ- Jésus a offert le seul sacrifice, qui fut en harmonie avec la grandeur de l'offense qui avait Cté faite à la Majesté Infinie de son Père : la justice Divine était apaisée par la qualité de la victime qui se donnait en holocauste pour le salut du monde.

La vertu de son sang restaurait nos droits à l'héritage éternel. Ah! cette croix,

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