‹ Le mystère de l'Eucharistie [microforme]Chapitre 25 sur 51 · PAT NE TE NN · texte numérisé non relu

PAT NE TE NN

la gloire. Participation de la vie divine, avons-nous dit de la grâce. Et Die:

n'est-il pas éternel ? L'éternité est l'attri. but essentiel de la nature divine. Et quanc Dieu, par sa grâce, donne une part de ss.

vie, cette communication a nécessairement un cachet d'éternité, comme la Source Infinie d'où elle découle. Si cette grâce, cette entité Surnaturelle, était au contraire, de sa nature, éphémère et transitoire, comment Pourrait-elle être considérée comme une émanation véritable de l'essence incréée ? Le Docteur angélique dit quelque part ce mot d’une profondeur, d’une beauté qui nous ravit d'enthousiasme, mais aussi d’une concision telle qu'on ne peut le traduire en notre langue sans recourir à une périphrase: « délectio Dei nominat aliquid æternum '.» L'amour de Dieu pour nous,

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1. « Dilectio Dei nominat aliquid æternum, et ideo nunquam potest dici nisi præveniens. Sed gratia significat effectum temporalem, qui potest præcedere aliquid et ad aliquid subsequi ; et ideo gratia potes: dici præveniens et subsequens. » [°, I", qu. cxi, art. ii, ad, I",

— et par amour il faut entendre aussi la grâce qui en dépend, — l'amour de Dieu, sa charité pour nous, a un tel Caractère d'éternité qu'elle nous saisit, nous touche, nous enveloppe, avant même que nous soyons nés, quand notre être est encore à l'état idéal, à l'état potentiel. Et quand notre vie latente, enfermée dans Je mystère de ses Causes, devient enfin une réalité, et que la grâce divine tombe sur elle, lui est infusée, alors c'est Pour toujours, c'est pour le temps et pour l'éternité ; cette grâce est un effet temporel, qui a sa répercussion nécessaire, son prolongement dans l'Infini. Ce que la grâce opère en nous est, en soi, éternel et demeure perpétuellement 1.

Voilà donc ce qu'est la grâce : l’éternité, la gloire est comprise dans sa définition, comme une plante est contenue dans son germe, comme tout l’homme est dans l'enfant, comme dans la fécondité d'un principe sont renfermées ses

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1. « Quod gratia semel facit, perpetuo manet. » Il, P qu. Ixxxviii, art, 1, ad. 4%,

conclusions les plus lointaines. La grâce est grosse de la gloire ; la grâce retombe dans la gloire, comme un poids retombe vers son centre ! ; et comme l'on ne peut Pas faire que la flamme n'ait, de sa nature, un mouvement ascendant, et ne cherche à monter, l’on ne peut empêcher non plus que la grâce, flamme divine, ne s'élève vers le ciel, d’où elle tire son origine, st ne cherche à s'unir et à se fondre, à nous abimer avec elle, dans la fournaise arcente de l'Essence Eternelle.

Eh ! bien, puisque la grâce se résout en gloire, et que c'est là son terme absolu, l'Eucharistie, qui est Ja grâce même, doit donc avoir sa Consommation, son couronnement dans la gloire. Puisqu’une parcelle, un atôme de grâce nous mérite la vie éternelle, que ne feront pas les flots de grâce répandus sur nous par la fontaine eucharistique ? L’Eucharistie nous frappe en médaille à La ressemblance

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1. «Id enim quod in præsenti est... supra modum in sublimitate æternum gloriæ pondus Operatur in nobis. » Il, ad Cor. ER LÀ

du Divin Maître ; elle sculpte notre âme à l'image de son Sauveur. Et n'est-il pas convenable que Je Portrait de Jésus, reproduit fidèlement et minutieusement en nous, par les soins de l'artiste souverain, soit serti dans l'or, encadré de

naie, On lui répondit : « De César. »

Et le Maitre d'ajouter : « Rendez à César ce qui est à César. » Or, voici une âm humaine, ciselée, par le mystère de Ja communion, à l'effigie du Christ-Jésus.

En la voyant, le geste de son Père n'estil pas de la réclamer Pour lui? Ne dit-il pas la suite de la parole évangélique :

«Rendez à Dieu ce qui est à Dieu?1,

Reddite ergo quæ sunt Cæsaris Cæsari, et quæ sunt Dei Deo. » Marc. xii, 16, 17.

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Mais ce n'est pas superficiellement que

les traits du Christ sont gravés sur l'âme

par ce sacrement ; ils le sont en profondeur ; l'empreinte que l'âme en reçoit la pénètre de part en part, au point que Jésus se l’incorpore, et que c'est cette incorporation qui nous rend participants de sa Filiation divine par un privilège d'adoption. C’est surtout par la grâce de l'Eucharistie que nous pouvons dire à Dieu: «Notre Père, Pater noster !»

C'est la présence du Christ en nous, l'opération merveilleuse par laquelle sa vie se substitue pour ainsi dire à la nôtre, qui établit, entre son Père et nous, les liens d'une surnaturelle filiation. Notre Père! Ah! le monde âncien ne soupçonnait même pas que l'humanité pût jamais appeler le Dieu Très Haut et Très Redoutable d’un nom si doux et si caressant. Il a fallu la révélation évangélique pour nous l’apprendre ; il a fallu la grâce du Christ pour nous rapprocher ainsi de Dieu, pour nous familiariser avec Lui au point de pouvoir lui donner le nom de Père. Et ce nom représente une

réalité. Jésus s'assimilant notre âme par l'Eucharistie, nous Partageons les faveurs auxquelles son titre de Fils Jui donne droit. Un enfant a droit à l'héritage paternel. « Si Æilis, et hæredes », comme dit saint Paul. Nous Participerons donc à l'héritage de Jésus-Christ, « Cokæredes autem Christi 1,» Et cet héritage est céleste : « Pater noster qui es in cœlis », le Père dont nous nous réclamons par la grâce eucharistique étant dans les cieux.

Et ainsi le ciel, la gloire divine, la vie éternelle, les extases béatifiantes, voilà à quoi aboutit, comme à son terme nécessaire, le mystère de la communion ?,

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