‹ Le mystère de l'Eucharistie [microforme]Chapitre 5 sur 51 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Qui manducat meam carnem, el bibit meum sangui- + in me manet, el ego in illo.

Celui qui mange ma chair, et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui.

Jean VI. 57.

Notre premier chapitre avait pour objet de vous exposer la raison d’être de l'Eu- Fharistie. Je le résume en quelques mots.

gDe même que notre vie temporelle ne saurait se conserver et s’accroître sans n aliment proportionné à son principe et à son essence, la vie surnaturelle, que ous avons reçue par le baptême, ne peut se développer et se fortifier sans une ourriture qui soit en harmonie avec elle :

et comme cette vie est d’origine céleste, seul un pain supersubstantiel, une manne éleste est propre à l'entretenir, à la pro-

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longer, à l'empêcher de s’éteindre. Et, :

tout être vivant trouve ici-bas de quoi as surer sa subsistance et donner à ses facu tés physiques ce qu’elles réclament, il es nécessaire que notre âme, régénérée dan le sang du Christ, appelée à une vocatio supérieure par un sacrement initial, puis à une source éternelle le renouvellemen spirituel, de quoi permettre au germ mystérieux déposé dans son sein de croîtr et de s'épanouir en une magnifique florai son de vertus.

C’est à cette fin que le Christ Jésus, loir de s’en tenir au strict devoir de justic qui lui était dicté par son rôle de généra:

teur dans l’ordre surnaturel, mais n’écou:

tant que la voix de sa tendresse, n’obéis.

sant qu'à son immense amour, a institué le sacrement de son corps et de son sang.

Et ce signe ineffable dépasse infiniment tout ce que nous pouvions attendre, tou ce que nous étions en droit d'espérer. Ca il renferme non pas seulement une parti cipation de la grâce, une émanation de | substance divine, précieuse encore et suf fisante pour nous donner l’aliment indi

. Et, si quoi asi s facul:

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pensable, mais le principe même de la grâce dans son don essentiel, dans la totalité de sa nature transcendante : à tel point que cette communication est le dernier terme de l’amour, et qu'il n'y a rien au delà.

L’Eucharistie est donc le chef-d'œuvre de la charité du Christ : la nourriture qui nous est servie à ce banquet somptueux est même tellement savoureuse qu'elle déborde la puissance d’assimilation de l'âme : trop forte pour être absorbée par celle-ci et convertie en sa propre substance, c’est elle alors qui absorbe l’âme à son profit et opère en elle le miracle inouï d’une sorte de transformation en sa propre essence. L'effet, l'ultime conséquence de ce sacrement est précisément notre incorporation au Christ, en sorte que « ce n'est plus nous qui vivons, mais le Christ qui vit en nous », selon la parole de l’Apôtre !, L'Eucharistie est l’instrument actif et infaillible de notre divinisa-

1. Vivo autem, jam non ego ; vivit vero in me Christus. A4 Gal. II, 20.

tion ; l’union qui résulte de cet embrassement de l’âme par le Christ est tellement étroite, tellement complète, que l’on peut presque dire que l’on ne distingue plus entre lui et nous, ou que plutôt sa personnalité émerge seule, triomphante, et emporte la nôtre, enivrée et ravie, dans les secrets de son existence adorable, dans les abîimes de son amour. |

Et maintenant, venons-en à parler du fait de la présence réelle de Notre Seigneur dans la Sainte Eucharistie. Ce n’est pas à dire que nous puissions en essayer une démonstration rationnelle et scientifique. Il y a des vérités qui, pour être objets de foi et contenues dans la révélation, ne dépassent pourtant pas les limites de l'intelligence humaine : telles sont, par exemple, l'existence de Dieu et l’immortalité de l'âme ; et on les appelle des vérités de foi guoad modum. Mais il y a des dogmes religieux, qui sont tellement au-dessus des forces de la raison humaine, que celle-ci sera toujours incapable d’en donner des preuves directes et rigoureuses, et qu'elle ne les eût même

bras-#. . SAR a ment Jamais soupçonnés, si la parole divine | 4 n'était venue lui en révéler l'existence ; et

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a dans l'Eucharistie appartient à ce dernier

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ce sont les vérités de foi guoaë substanseul garant de leur authenticit. et de leur

branlable, notre foi les accepte et les

à prendre ici-bas la profondeur et l'étendue.

La présence réelle de Notre Seigneur

ordre de vérités : c’est un mystère qui ne q

gse laisse ni délimiter, ni analyser, ni

prouver intrinsèquement. Il n’y a là rien qui tombe sous le sens, comme par exemple l'existence du soleil ; rien non plus

tie] qui soit accessible aux efforts de la raison

eu et !

et qui puisse être démontré spéculativement, comme une vérité mathématique ou même l’immortalité de l’âme.

En sommes-nous donc réduits à ne pouvoir parler du mystère de la présence réelle que pour nous abîmer dans un acte d'adoration ? Non pas. Cette science éms-

ente, qui se nomme la théologie, et dont outes les autres sciences doivent se faire

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