‹ Le mystère de l'Eucharistie [microforme]Chapitre 50 sur 51 · FORTE · texte numérisé non relu

FORTE

gloire! Mais il lui faudra verser tout son sang pour la conquérir. Les oracles l'ont mise à ce prix. Dans son agonie, Jésus aura un instant de défaillance. Mais il se reprendra, il acceptera de boire tout le calice, jusqu’à la lie, afin de ne pas faire faillite à nos espérances de rachat, afin de ne pas se frustrer lui-même des joies de la victoire, de la gloire qui lui est promise, comme terme de ses travaux. Jésus va quitter ceux qu'il aime, et son départ sera éternel !,

C'est toujours une heure grave que celle du départ, celle où il faut dire adieu à ceux avec qui on a longtemps vécu, ceux qu'on aime et qui font en quelque sorte partie de notre être. Que d'attaches

1. Convenienter hoc sacramentum institutum fuit in cœna, in qua scilicet Christus ultimo cum suis discipulis fuit conversatus: Primo, quidem ratione continentiæ hujus sacramenti : continetur enim ipse Christus in Eucharistia sicut in sacramento. Et ideo quando ipse Christus in propria specie a discipulis discessurus erat, in sacramentali specie seipsum eis reliquit ; sicut in absentia Imperatoris exhibetur veneranda ejus imago. III* Pars, qu. Ixxïii, art. 5, corp.

insoupçonnées l'on se sent avec eux!

C'est à ce moment que l’on voit toute la force des liens qui nous unissent à de chères âmes dont l'existence s'était mêlée à la nôtre, identifiée avec la nôtre. Que de choses l'on ne remarque pas dans le Cours ordinaire de la vie affective, de l'amitié, et qui se découvrent, qui éclatent avec force, quand cette vie s'oriente vers des destinées nouvelles et va se déraciner dans un départ. Alors, les bien-aimés qu'on se prépare à laisser nous apparaissent dans une lumière attendrie ; ils Prennent à nos yeux un charme et une grâce imprévus. Et tout le désir de notre Cœur, à ce moment où ses battements s'affolent, est de prolonger son souvenir en Ceux qu'il faut abandonner, de garantir notre nom et notre mémoire contre les Puissances d’oubli, d'empêcher que l’absence n'entame un sentiment très pur qui faisait la beauté de nos jours. Quand un enfant quitte sa mère ou qu'une mère quitte son enfant, quelles effusions précèdent l'heure inévitable et douloureuse !

On ne se souvient plus de rien, sinon que

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