‹ Le mystère de l'Eucharistie [microforme]Chapitre 51 sur 51 · TL · texte numérisé non relu

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l'on s’est toujours aimé; on n'a qu'un aspiration, continuer à se Chérir, malgri la séparation Peut-être éternelle. Et c« sont des baisers, des étreintes, où i semble que ces deux âmes cherchent à s'échanger, et à se prémunir l’une l'autre contre les atteintes de la distance qui va tout à l'heure s’interposer entre elles.

Or, même l'amour maternel est une faible image de la tendresse que Notre Seigneur éprouvait pour les siens, pour les disciples qu'il s'était choisis, pour l'humanité tout entière. Ce sentiment était à la mesure de son essence infinie, c'est-à-dire sans mesure. Notre esprit ne peut donc pas le comprendre. I] nous est impossible de deviner ce qui se passait dans son Cœur, à la veille d'adresser un éternel adieu à ceux qui l'avaient suivi et adoré, prémices des nations qui devaient embrasser la foi en lui et proclamer son nom par toute la terre. Quel désir de cristalliser en eux sa mémoire, sa pensée, de leur Communiquer sa vie même, de leur être toujours présent par un signe réel! Ce que l'amour humain est inca-

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pable de Produire, l'amour du Fils de l'Homme l'a fait. Cette chose invraisemblable, Ja Présence réelle du Christ avec nous, en dépit de la séparation, de la mort, de son envol dans les sphères glorieuses de l'éternité, l'Eucharistie l'opère. L'Eucharistie est donc le miracle de la

tance, supérieure et Magnifique, que Je Maître oppose à Ja loi qui nécessite son départ de parmi nous. Le soir de sa Passion est proche. Mais il ne s'en inquiète Plus, maintenant qu'il est assuré de vivre avec nous, réellement et substantielle.

ment, dans son mystère eucharistique, où, comme les disciples d'Emmaüs, les siens le reconnaîtront toujours « à Ja fraction du pain »1, j

1. « Mane nobiscum, quoniam advesperascit, et inclinata est jam dies. Et intravit cum illis. Et factum est, dum recumberet cum eis, accepit

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La Passion de Jésus est le point culmi:

nant de l’histoire religieuse. Le Calvaire et la Croix dominent le monde ; il n'y 2 jamais eu, il n’y aura jamais de salut que par la foi au mystère d'un Dieu fai!

Homme souffrant pour nous. De tout temps, il y a eu un signe représentatif de cette Passion d'où devait découler le salut. Quand elle était contenue dans les puissances de l'avenir, le sacrement qu la figurait était l'agneau pascal. Les rites qui accompagnaient l’immolation de cette victime matérielle symbolisaient l'obla:

tion future du Christ. Tous les enfants d'Israël devaient partager les fruits de ce sacrifice et être aspergés du sang de la victime : à ce prix seulement ils méritaien!

d'être épargnés par Dieu et échapper à sa justice. Ce n'était pas que ce sang eût par lui-même quelque vertu. Sa valeur propitiatoire lui venait du sacrifice Infini qu'il figurait à l’avance et auquel il em:pruntait toute sa signification.

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Mais voici l'heure où l'oblation du Christ, ainsi symbolisée par l’oblation de l'agneau sans tâche, doit avoir lieu.

Voici que les semaines marquées par les Prophètes sont révolues. Les temps sont mûrs. Jésus s'offre enfin à son Père, en lui disant: « Zcce venio ! Je viens!»

Vous avez assez longtemps attendu.

Assez longtemps vous vous êtes laissé apaiser par la fumée des sacrifices matériels. Assez longtemps vous avez ac- Cueilli leur encens en gage d'un autre plus pur et plus parfait. Æcce venio! © mon Père, votre Patience, votre longanimité est rendue à son extrême limite, elle a atteint sa plénitude. Les oracles ont également atteint leur apogée ; l'ère des visions est complète. Les espérances ont fini de fermenter au cœur de l’humanité.

Le ciel et la terre réclament l'accomplissement des promesses messianiques.

« Ecce venio, je viens ! » Oui, demain, en expirant sur la croix, le Christ-Jésus va clore le passé; sa mort va sceller les longs siècles d'attente, de Préparation et de soupirs. Le sacrifice de l’'Homme-Dieu

va devenir un fait éternel. C'est l'histoir qui recommence, un nouvel avenir s'ou vre devant l'humanité, Mais quel sera signe qui soutiendra, jusqu'à la fin des:

temps, la foi des hommes en l'oblatior rédemptrice? Une figure la représen:tait, alors qu'elle était renfermée dans les mystères de l'avenir. I] faut qu'un sacrement la représente, maintenant qu'ell: va plonger dans les lointains du passé. Oui, il faut à notre foi, un signe, un point d'appui, quelque chose de tangible d’où elle parte pour s'élever jusqu'au calvaire, adorer le sang précieux qui y a été répandu pour nous. Et ce signe, c'est la Sainte Eucharistie. Avec quel tact admirable, quel sens des choses Notre Seigneur Jésus-Christ nous l'a donné à la veille même de consommer son Immolation ! Et quelle supériorité comporte ce signe sur l'image ancienne ! Ce n’est pas un symbole, ce n’est pas une figure, car on ne symbolise pas ce qui est devenu une réalité. Ce n'est pas non plus un simple souvenir. Le terme de « mémorial »

s'applique à l’Eucharistie, mais à la con-

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dition d'être entendu dans le sens fixé par l'Eglise Catholique, qui seule possède la vérité, seule détient Je mystère des Ecritures. Oui, ce sacrement est un mémorial Chargé de toute la vertu de la Passion ; oui, l'Eucharistie est un mémorial, mais un mémorial où tout ce qui s'est passé sur le calvaire se reproduit, se renouvelle.

Quel aliment Pour notre foi qu'un tel don !!

Et enfin, en instituant la Sainte Eu- Charistie au soir de la Cène, quand sa mort était si prochaine, Notre Seigneur a voulu imprimer Plus profondément dans Res Es

me — 1. Secundo, quia sine fide .Passionis Christi

Eucharistiæ Sacramentum, quod est rememorativum præteritæ passionis, sicut et illud fuit

l'esprit de st. disciples la vénération, 1 respect envers ce mystère. Le momen était solennel pour lui et pour eux. C'étai leur dernière rencontre. Car il était écrit « Je frapperai le pasteur, et les brebi:

seront dispersées !,» Encore quelque:

instants, et Jésus va être frappé, et se:

apôtres s'enfuiront, ils l’abandonneron:

aux mains de ses bourreaux après l’avoil trahi et renié. Mais, à cette heure, le Père et ses enfants sont réunis dans le cénacle pour des effusions suprêmes.

Notre Seigneur sait bien ce qui l'attend ; mais il détourne son regard de ces visions navrantes, et il se donne au plaisir de converser une dernière fois avec les siens, Oui, l'heure est solennelle, et elle est admirablement choisie pour exposer les grandeurs et les sublimités du mystère eucharistique. C’est comme un testament que le Maître dicte à ses apôtres ; il leur déroule les profondeurs d'amour contenues dans la Nouvelle Alliance. Ce qu'un père, ce qu'une mère nous dit, avant de

——— 1. Matth. xxvi, 31,

ion, le 1oment C'était écrit :

brebis elques et ses neront l'avoir ire, le ans le rêmes.

tend ; isions sir de siens, le est er les ystère aiment 1 leur -ontequ'un nt de

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nous quitter pour jamais, se grave dans la mémoire en caractères indélébiles.

Quand leurs lèvres expirantes nous confient leurs derniers messages, nous tracent leurs derniers enseignements, nous expriment leurs vœux suprêmes, alors toutes les puissances de notre âme recueillent avec religion ces mots ultimes :

cela constitue comme un trésor sacré que rien ne pourra jamais entamer. O Maître Jésus, laissez donc parler votre cœur, laissez-le s'épancher à flots dans le cœur des disciples, assis avec vous à la table où votre divine bonté substitue à la Pâque primitive la Pâque céleste et éternelle !

Aucune de vos paroles inspirées, em- Pruntant aux circonstances mêmes où vous les dites une magnificence plus rare et une éloquence plus merveilleuse, ne sera perdue. Le cœur de vos disciples nous en renverra l'écho. C'est de là qu’elles partiront pour se répercuter, en larges ondes, se dérouler en périodes lumineuses, jusqu'à la fin des âges. Parlez!

Parlez! L'heure est grave, et saint Jean vous écoute, il vous écoute la tête pen-

en TE Teener eme

chée sur votre Cœur, pour en saisir to

les battements... I] vous écoute. ]

Vous savez bien, 6 Maître, que voi

aurez en lui, spécialement, un interprè

fidèle de votre pensée eucharistique, |

théologien du mystère par excellena Votre Verbe vivra en lui; son Evangi] sera l'Evangile de la Cène, la traducrio directe de vos effusions en ce soir sublime Parlez! Que vos sentiments s'exhalen sous la forme d’hymnes ! Que votre exal tation aille jusqu’au lyrisme ! Développe le thème ineffable des opérations de l’Eu Charistie dans l'âme ! Enivrez vos audi teurs de ces spéculations qui dépassen tous les rêves, et qui ne sont cependant!

qu'en harmonie avec la vérité ! Saint Jean reprendra une à une vos considérations transcendantes ; et de tous ces sons divins, exhalés de votre âme à l'heure même où l’Eucharistie germait dans vos mains sacrées, composera son Cantique éternel à la gloire de votre Sacrement !.

RE

1. Zertio, quia quæ ultimo dicuntur, maxime ab amicis recedentibus, magis memoriæ commen-

sir tous ite. Et le vous terprète que, le ellence, vangile ducrion ublime.

chalent e exalloppez e l'Eus audiassent ndant t Jean ations sons ‘heure IS vos itique ent !,

laxime nmen-

affectus ad amicos ; ea vero ad quæ magis effci. mur, profundius animo imprimuntur, Quia igitur,

ce

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