DÉCOUVRIR ET K DÉMONTRES LE MYSTÈRE
Inutile aujourd'hui de s'attarder sur les systèmes démodés qui ont prétendu trouver des traces de
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notre dogme dans les religions orientales (i). Les incarnations de la divinité auxquelles ces cultes font allusion ne sont, en définitive, qu'une forme de l'émana tisme et du panthéisme, Dieu ne gardant plus sa transcendance absolue et sa personnalité distincte, mais se perdant en quelque sorte dans l'univers. De même, l'union du logos avec le monde, dans les philosophies de l'hellénisme, suppose le monisme matérialiste et n'offre rien de commun avec notre conception chrétienne du Verbe; le logos abstrait des néo-phytagoriciens et des néo-platoniciens ne comporte aucune comparaison avec le Logos personnel qui prend une nature humaine; le logos de Philon est une force démiurgique, bien différente du Logos Sauveur et Rédempteur, seconde personne de la Trinité, qui revêt notre chair pour nous racheter (a).
La notion vraie de l'Incarnation, c'est-à-dire cette conception d'une personne divine qui s'unit une nature humaine et garde sa personnalité propre tout en suppléant la personnalité créée dont l'humanité est privée, ne se rencontre ni dans aucune philosophie ni dans aucune religion en dehors de la religion révélée.
Si quelques saints de l'Ancien Testament ont eu une certaine connaissance de l'Incarnation, elle était due à une grâce surnaturelle.
Plusieurs Pères ont pensé que Dieu fît cette révélation à ses amis intimes, comme Abraham, car
(1) Cf. Le Mystère de la Très Sainte Trinité, l" partie, ch. iv.
(2) IMd. — Cf. J. TiXERONT, Histoire des Dogmes, I, pp. 55, ss.; J. LEBRETON, Les Origines du Dogme de la Trinité, pp. 1S4, 205, \05-506.
Notre-Seigneur disait de lui : « Abraham a désiré voir mon jour, il l'a vu d'avance et il a tressailli (i) »; aux législateurs de son peuple, à des prophètes, à des justes, car le Sauveur nous dit encore que ces pieux personnages ont soupiré après les temps messianiques (3), ce qui suppose une certaine idée, au moins générale du Verbe Incarné.
Des théologiens estiment pareillement que des lumières particulières sur ce mystère furent ménagées à certains privilégiés de la gentUité, par exemple à Melchisédech, le type auguste du. Christ prêtre éternel (3), à Job, qui annonce avec tant de certitude la gloire de son Vengeur (4), à Balaam, qui voit l'Etoile sortir de Jacob (5). « Il faut dire, répond à ce sujet saint Thomas, que de nombreux gentils eurent la révélation du Christ (6). »
Adam et Eve après la chute furent éclairés sur le Messie qui devait réparer leur faute et briser la tête du serpent (7).
On a pensé également que la révélation avait eu lieu dans l'état d'innocence et qu'Adam, en célébrant les grandeurs du mariage (8), glorifiait déjà l'union du Christ avec l'Eglise. « Adam, dit saint Thomas, eut la foi explicite de l'Incarnation, non pas en tant qu'elle comportait la Passion et la mort
(1) JOAN.. vin, 56.
(2) MATTH., Xni, 17; LUC. X, 2i.
(3) Gènes., xiv; Ps. cix; Bebr.. v, 10-11,