‹ Le mystère de la passion d'Arnould GrebanChapitre 107 sur 218 · THOMAS · texte numérisé non relu

THOMAS

U9i0 II fault que nous nous apprestons et allons avec ly mourir :

bien part qu'il veult sa moi*t quérir puisqu'il nous romaine au pays de ces faulx et mauldis Juifz

I49i5 qui Tout en liayne moiiiellc.

SALBIANAZAK

Seigneui-s, par tout couit la nouvelle que Lazaron, le terrien de Bethanie et citoien, est de ce monde doffiné.

14930 Si ay mon veil déterminé d'aller sçavoir s'il est ainsi.

Et nous y allons veoir aussi, car son fait si touche a pluseurs.

MOAB

Et je vous suivray, mes seignews :

14U35 j'ay toute ma chose apprestee.

BRUTAIMOST

Marthe, ma dame i*edoubtec, je vois Jhesus venir illec et tous ses disciples avec :

vous deussiez aller a l'encontre, 14940 veu que toupjours il vous demonstre signe de grant dilection.

MARTHE

.l'y vois donc sans dilacion,

car moult sa personne désire.

Jhesus, mon très honoré siiT, 14945 se vous eussiez icy esté,

je croy de forme volonté

que mon frère ne fust pas moil ;

mes ung point me donne conffort,

i-'est que je cuide ))ien syavoir 14950 que tant que vous vouldi-ez avoir

de Dieu, il vous le donnera.

JHBSrS

Ton frère rossuscitoi-a,

Marthe, n'y metz doubtance aucune*

Sire, l'oppinion commune 14956 est qu'au derrenier jugement

1493W-2'* inoti'jit.'nt B.-* 1493J5sl ihoiIpIIh H. <:.— 149î?7 A lexlreme B. C. — 14970 bien «wn/tt- B. — 14979 tout

tous ressusciterons voirment, et alors croy je sans doubler qu'il debvera ressusciter, mes cela ne me souffit mye.

14980 Tu dois croire que je suis vie

et vraye resuri*ection :

qui croist en moy sans fiction,

s'il est mort par mort corporelle,

il ara la vie éternelle; 14905 et toute parsonne vivant,

s'en moy est fermement créant,

jamès n'a garde de mouiii*

ne mort éternelle encouiir.

Crois tu ce que tu as ouy ?

MARTHE

14970 0 mon bien cher seigneur, oy !

fermement en mon cueur ay creu que tu es Grist, le filz de IMeu, qui au monde est venu pour nous.

Icy râtmime a Vo$tel et huche Marie, sa seur. Madelaine, seur, levez vous :

14075 Jhesus, nostre maistre, est venu; venez a luy.

MADELAINE

Bien revenu soit le prophète vertueux !

mon corps sera bien cui^eux de l'aller voir incontinant.

TLUAL

14980 Ou va Marie maintenant qui se part si hastivement t

GEDBON

Elle s'en va au monument de Lazaron a mon entente, affin que son frère lamente 14985 et pleure toute sa saoulée.

RUBEN

La bonne daine est désolée de ce que fortune luy baille ; tant qu*il n'est conffort qui luy vaille* tant est sa tristesse morteUe.

siMOX, lépreux, 14990 Boaulx seigneurs, allons a}>rès elle j)Our la garder de désespoir.

ABIRON

Nous la conffortei*ons espoir.

le grant terrien C— 149S8 Kt de A.— 14904 beiiulx dun tenant B. C. -^ 14986 bien ilesolee C. — ii98S

B. C-ld qui uai^t]

suyvoiis la brief, je vous suj)!)',

car cueur de destresse remply

14996 vault raieulx de bonne compaignie.

Icy se gecle Madelaine aux pies de Jhesus.

MADELAINE

Ha ! sire plaiii de coui-toisie,

comment nous avez eslongné i

comment avez vous tant targé ?

cuimnent nous laissez vous ainsi t KjUX) se vous eussiez esté icy,

mon jf^ere ne fust pas iinô,

car bien l'eussiez médecine

seulement de vostro parole.

J'en prens tel dueil que je m'affole vJXh (juand il me vient en souvenir.

De plourer ne me puis tenir et de frémir dedans moy mesmes quant je vois tant d'hommes et femmes qui pour Lazaron tel dueil mainent.

s. BERTBLEMY

15010 Moult piteusement se demainent, et tous ses plus prochains amis en font dueil.

Ou l'avez vous mis i 'lites le, je le veii sçavoir.

HOAB

Très cher sire, veiiez le voir :

iiAHy veez cy le sercus ou il gist.

\j^ cueur de pitié me fremist, tant que pour approuver ce dueil les lai*mes me cheent de l'oeil :

amittié veult qu'ainsi le face.

NEPTALIN

wj» Regardez la bénigne face de Jhesus mouillée de lernies.

MOAB

Bien poons juger j)ar ces tenues qu'il l'amoit de loalle amour.

TUBAL

•le u'enteudz ))oint ceste doulour :

i>e& Jhesa<» qui a reuluminé celui tjai aveugle estoit né ne pouoit il faire aussi fort

que sou amy ne fust pas mort, puisqu'il l'amoit tant chèrement ?

15030 Descouvrez moy ce monument : ostez la pierre de dessus.

MARTHE

Ha! sire, ilz seroient deceus :

des quatre jours y est gisant, \iB.v quoy peust estre si puant 15035 qu'âme ne le sçaroit sentir.

Fieça t'ay voulu advertii* que quand parfaitement croiras la gloire Dieu parceveras et te sera manifestée.

ABACUT

15040 Sus donc! la pierre soit ostee : mes seigneurs, chacun s'i attire.

CELIUS

Et fust Todeur quatre fois pire, si metterons jus ce perix)u, et après cella nous verrou 15045 de Jhesus quel pouoir il a.

Sus! levez !

TDBAL

Mes levez de la î vous ne faictes que caqueter.

ABACUT

Mes vous nous faictes craventer par vostre plet.

GEDEON

Est ce cela ?

15050 Sus! levez!

CELIUS

Mes levez de la î Halle amont !

TUBAL

Va, de i>ar Dieu va î elle conimance a desnionter.

ABACUT

El u*est pas ainsi a oster.

Sus ! levez !

GEDEON

Mes levez de lai 1j()55 vous ne faictes que caqueter.

CELIUS

Mes vous nous faictes craventer.

Ça, a moy ! encor mig peu...., la !.. Or garde ?es piez qui vouldra pour doubte d'un pinsson tout vert.

r'»i:jlf raoy je C. — l&0i4 Ha sire venez le veoir C. — 16018 perlent «le lueil C. — i5i)31 Kt estes C. — 15035 pour- »rtB. C. — 15037 prestement C. — 15043 ii1ettron!« nons B. — 16046 tenez C. — lûOo* monter C. — 15053 Kt nert pi« ^^'^ B. — I50fo faû't«M tuer C. — imfi t,'anlc .\. B.

MISTERE DE LA PASSION

TUBAL

15060 Veex la le sercus tout ouvert :

sire, faictes vostre plaisir.

JHE8US

Père du ciel, par vray desii* vous rens grâces com vous sçavez que ma voix exaucée avez ;

15065 touteffois je congnois très bien que jamès ne reffusez rien et m^oez en tout mon affaire :

mes la piîere vous veil faire pour les assistans qui me voient,

15070 affin que feimement ilz croient qu*en ce monde m'avez transmis.

Lazaron, vien hai*s, beaux amis,

A haultc voix :

je le veil et te le commande.

IPOSE.]

Icy eut Lazarou atout son suaire,

LAZARON

O que tu as puissance grande, 15075 0 que tes fais sont veitueux,

benoist filz de Dieu glorieux

qui ciel et la ten*e comprens !

louanges et merci te rendz

de la baulte miséricorde 15080 que ta doulce bonté m*accorde

de moy en vie ramener.

JHR8US

Desliez le sans séjourner et le laissez aller sa voye.

MARTHE

o frère, com parfaicte joye 15086 avons de vous veoir en vie!

La haulte bonté infinie en ait grâces a grant monjoye!

LAZARON

Mes seui's, en piteux lieu estoie :

Jhesus m*a fait grant courtoisie.

MADBLAINE

15090 O frère, com parfaicte joye avons de vous veoir en viel Jamès de nouvelle que j*oye je ne seray plus resjoye.

LAZARON

A bonne heure ay la voix ouie 15090 du fUz de Dieu qui tout resjoye.

MARTHE

0 frero, com parfaicte joye avons de vous veoir en vie!

SIMON, lepreuœ.

La haulte bonté infinie en ait grâces a grant monjoye!

Tonne7*re.

LUCIFER

15100 Haro ! deables, par quelle voye nous est Lazaron eschapés ?

BELZBBUTH

Je ne sçay, nous sommes trompes le plus lourdement de jamès :

il es toit mis au limbe, mes

15105 il est venu tout maintenant une voix haultement tonnant, tant terrible et espouvantable qu'en tout nostre enffer n'y a deablc qui de paour ne se soit musse,

15110 laquelle a haidtement huche :

Lazaron, vien acop dehors !

Si ne feusmes pas assés fors, qu*il est vuidé de nostre porche maulgré nous de fait et de force,

15115 et s'en est yssu tout joyeulx.

LUCIFER

Haro ! faulx sei*pent venimeux, ardent de rage forcenée, que maudite soit la journée de ma piime creacion :

15l:eo nos dix)is vont a perdicion,

nous pardons tout et sus et jus.

C'est ce faulx prophète Jhesus qui nous a brassé ce brassin.

LUaFER

Nous eu serons destruis eu fin, i9U5 cela ne peut hors de ma teste :

par ces fais il est manifeste que c'est propre celluy Crislus qui par ses divines vertus doit racheter l'humain lignage.

BERICH

15130 On congnoist Touvrîer a l'ouvrage : puisqu'il a puissance si haulte, c'est il, je l'appreuve sans faulte.

Vous voyez comment il exito

15060 deftcouuert B. C. — 15092-95 matViuent B. G. et 9ont remplacés par les vers suivants attribaés à Lazort 8 grans ténèbres habitoye Auec dautrea grant compaignie Et se jeusse place assouuye Grana merueilles vous en din^ — 15100 Haro ho deables par quel voye C. — 15121 partout- jus et sus, G. — 15123 verse ce B.

SECONDE JOURNEE

les mors et qu*il les ressuscite 1:135 tout par aultres moyens et ditz

que ii*ont fait ceulx du temps jadis.

Il nous livre griefvep batures

et hors des corps des creatui'es

nous dechasse et boute au derrière, 151 'lO non pas par requeste ou prière,

mes nous banist hastivement

de sa puissance proprement

et de sa propre auctorité.

LUGIPBR

Autrefibis Ta Sathan tempté iji45 par diverse instigacion, mes quant fit sa relacion, il dist bien que c'estoit grant chof^.

GERBBRUS

Ou e»t il, Sathan ?

LUGIPBR

Je suppose qa*il le suyt partout et Tespic wj) s*il pourra point avoir coppie

(le quelque meffait qui luy viengne.

FBRGALUS

J ay bien grand désir qu'il reviengno afiSn que s'il ne Ta trompé il puist avoir im recipe r)i55 si que le grant deable l'emporte.

LUCaFER

Cerberus, songne de ta porte, clos la bien, soie sur ta garde, et quoy qu'il soit souvent regarde qu'aucun ne te serve de lobe IM60 qu'après ne te pille et desrobe ; le fait nous touche de trop près.

CERBERUS

J'ay mes habîUemens tous prestz, mes barres, mes grosses ferrures, mes verrous, mes clefz, mes serrures ; 1j165 et s'il est hardy d'y venir et mon crochet le peust tenir, jamès il n'en eschapera, je vous respons.

LUCIPER

Or y perra, je ra'att^'ns a ta diligence.

je suis sm* le point d'enrager :

tous les jours ay nouveau danger par ce Jhcsus, que Dieu confonde, qui me fait tous les maulx du monde.

15175 Je pers cy mon temps après ly et touteffois Tay je assailly par champ de diverse bataille, et si ne sçay venir a taille de le faire a mal pervertir :

15180 il fait tous mes gens convertir, il presche, il jeune, il se traveillc, il fait miracle, il fait merveille; encore de nouvelleté Lazaron a ressuscite

15185 et tiré d'enffer le pullant.

Ha ! que Lucifer est doUant maintenant et remply de rage quand il apperçoit tel ouvrage qu'il pert ainsi son prisonnier :

15190 il n'en est pas bon a seignier,

tous les deables y chantent messe ; il n'v a deable ne deablesse qui ne bondisse au fons du puis ; il me vient bien que pas n'y suis :

15195 j'eusse bien des poires d'angoisse. 11 n'est moyen que j'y congnoisse pour ravoir mes loix coustumieres sinon de trouver les manières que ce Jhesus soit mis a mort,

15200 car tant a moy nuyre s'admort, que tout pers se je n'y pourvois :

aux princes de la loy m'en vois pour les esmouvoir et tempter :

quand ilz orront ce fait compter,

15S(» il y ara belles matines.

Jry x'fti rn.

1^170 Se le deable a mon fidt ne pense.

NEPTALIN

Entre tous les merveilleux signes qu'oncques furent a la Dieu gl<nre, cestuy est digne de mémoire et bien esprouvé pour miracle.

MOAR

1&210 Maintenant voyons sans obstacle la puissance du doulx Jhesus.

SIMON, lépreux.

Il est filz de Dieu de la sus, son oeuvre bien le manifeste.

15138 Et plusears maulx et injures G. — 15141-S Mes nous fait le bannissement B. G. De sa puissance seulement B. — 151U compte A.— 1M56 la G.— 15164 oloux G.— 15185 puant G.— 15188 apporooust B. C.— 15198 Se nest B. Il nest G. — ^^ injurier aelTort G.

HW

MISTRRE DE LA PASSION

GEDBOX

Seigneui'ii, démenons joye et feste, 15215 loons Dieu de volante plaine quand de sa grâce souveraine nous veult si haulx fais reveller.

RUBKN

Salmanazar, a brief parler, nous avons fort tenu querelle i529o contre Jhesus et sa séquelle,

dont nous avons, je croy, mal fait :

nous voyons les vertuz qu*il fait et la grant puissance qu'il a.

SALMANAZÀIl

Ruben, pensez vous a cela ? 15825 avez vous admiracion d'une meschante fiction ?

vous seriez tous les coups séduit.

RUBBN

Je prens la voie qui mieulx duit ; qui vouldra si s'en tii'e arrière, 15S30 mes je croy de pensée entière

qu'il est iilz de Dieu tout puissant.

ABXRpN

Je n'en suis pas csbayssant ; Ruben, qui vouldra, si s'en fume :

se cueur n'est plus dur qu'une enclume, 15236 il fault dire pour vérité que la puissante deité est en luy noblement unye.

TVBA.L

Ainsi le croy.

SALMANAZAR

Et je le nye, ce n'est rien qu'une abusiou.

CELIUS

15240 Jhesus a puissance infinye, ainsi le croy.

PHARES

Et je le nyo, ce n'est rien qu'une fantaisie.

ABAGUT

C'est divine operacion.

NKMBROGB

C'est magique ou eucbaaterie.

SIMON, lepreuœ.

15245 Mes vraye demonstracion.

BALMANAZAR

Qui le croit, c'est très grant folie.

TURAL

Mes pour avoir salvacion.

ainsi le eroy.

PHARES

Et je le nyc, ce n'est rien qu'une abusion.

NBMBROGH

15250 Phares, j'ay bien intencion

que nous en allons vous et mo y comptei' aux prestres de la loy ce fait icy qui leur compete.

PHARES

Il est besoing qu'on leur répète, 15255 car il leur touche.

SALMANAZAR

Il est tout vray, et je vous accompaigneray, affîn que le fait niieulz se porte.

PHARES

Seigneurs, vostre noble consorfce

vueille le grand Dieu conserver !

15260 Nous venons pour vous approuver

ung cas de nouvel advenu

qui sur tous aultres est tenu

de terrible admiracion,

et quant a la narracion 15285 veez cy qui bien la sçara faire.

MBMBROC»

Seigneurs, pour vous compter l'affaire,

puisque je suis a ce commiz,

plusieurs abusemens sont mis

au jour d'uy en la loy Moyae 15270 pour cause que n'avez pas prise

vengence des contrcdisans,

et ains qu'il soit oulti*e dix ans,

vous verrez que tout périra

qui de fait n'y remédiera ; 15275 et qu'il soit vray ce que je chante,

celluy Jhesus qui souvent hante

en ceste nobille cité,

a de nouveau ressuscité

Lazaron, le vaillant seigneur ; 15280 dont le peuple est en telle erreui*,

brief, qu'il n'est pas né de bonne eui'e

cil qui ne l'adore et honeure,

et tous pour prophète le tieugnent.

JHEROBOAN

Tous les jours nouveaux cas surviengnaat

1Ô220 querelle B. cordelle G. — 15222 quel vertu il fait G. — 15228 me duii A.— 15232 obeyssant G.~15e46tr^s maji'im^ G. — • 151^ tout manque A. — 15259 confermer G. — 15260 raconter G. — 15265-76 manquent A. — 15272 passe dix ua G. — 15277 Je vous dénonce pour vérité A. — 15278 Que jhesuR « A. — 15282 loue et honeure G. — 15283 tousjours C

SECONDK JOURNEE

m) par ce malheureux homme cy qui le peuple séduit ainsi :

je ne sçay que nous en ferons.

MARDOCSUS

En la fin destiiùs en serons, se n*est que justice s'en face.

i.>S90 Le peuple Ta si foi^. en grâce

qu'il n'est riens que pour ly ne feissent, et ainsi nos drois dépérissent {)ar faulte de provision.

NAASON

Je suis trop hien d*oppiuion,

).>^95 affîn qu'eu ce conseil ayons, qu*ensanihle nous nous retrayons devers nos pi'inces souverains, nos evesques, nos souverains, et loi-s sous omhre pastoral

\y^) tendrons ung conseil gênerai lK)ur tuer cest homme mauldit.

ELIACHIN

Qu'en dites vous ?

BANAMIAS

11 a hien dit ot bien devisé, ce nous semble.

JOATHA^

Or nous en allons tous ensemble '.ri'tt) besouguer, ains qu'il soit plus tard.

ces coussins, ces bancs, ces scabelles, et puis leur porte les nouvelles qu'ilz entrent hai'ditnent dedens.

MALABRIN

Seigneui»s, scribes et présidons, ibass il ennuyé trop qui attent:

entrez.

Est monseigneur content ?

nous n'avons pas haste trop grande.

MALABRIN

Entrez ens, puisqu'il le commande, pour vostre fait ne plus ne mains.

irv)30 11 ara grant besongne en mains, quand pour vous ne la laissera.

JACOB

Ses serviteui*s nous trouvera a toute heure pareillement.

NAGHUR

Malabrin, amy, Dieu te gard î Comment le fait nostre poutiphe ot nosti-e hault prinee Cayphe ?

eH il point fort ombesongné ?

MALABRIN

ô^ffO Je croy qu'il est bien emi)esché de plusieurs cas a dire voir ; lues non obstant je vois sçavoir •'*<* vous arez point audience.

Cher sire, la haulte clémence •315 vofus accroisse omieur et tous bieus ! M(*s?«eigncui'8 les pharisiens sont venus a ce matinet, et croy qu'ilz ont ung tantinet a faire de vostre conseil.

GATPHK

îâo Metz ces ])ancqu^ei*s on appareil.

^HEROBOAN

Sire, le grant Dieu qui ne ment ir>335 de chose qu'il aist a congnoistre

vous veille honneur et sens accroistre, comme vostre pai'sonne est digne !

CAYPHE

Seigneui*s, chacun son lieu assigne, chacun siée sans remanoir 15340 et en nostre petit manoir

vous .soiez tous les bien venus.

JUEROBOAN

Sire, gi'ans fais sont advenus et de merveilleuse matière qui la loy touche tout entière I'kWo par quoy plus en fault enquérir.

CAYPHB

Il fault donc envoyer quérir Anne, nostre prédécesseur :

c'est ung bon conseillier et sceur qui a beaucoup veu en son temf^s :

iDlïiO si ne seray pas consentens

que nous concluons liens sans ly.

JORRAX

Il est )>on qu'il y soit aussi ot n'a cil qui ne le désire,

CAYPHK

M au courant.

15292 api»eli89eiit C. — 15294 très B. C. — if>303 me B. mnnqv^ C. — 153S1 rorsRJnn B. — 15336 donn*» n C. ^ 15839 ^ie«» A. C. — i:348 conseil C,

MISTERE DE LA PASSION

MAUCOURANT, messager,

Quevous plaist il, sire?

15355 laissez moy parfournir mes bouges.

CAYPHE

Va t'en quérir Anne de Urc.

Maucourant?

MAUCOURANT

Quevous plaist il, sire?

GAYPUB

Passe avant ; le fault il tant dire ? , Tu dis : je vois, et no te bouges.

15960 Maucourant?

MAUCOURANT

Que vous plaist il, sire?

laissez moy parfournir mes bouges pour ce qu'on y prent les plus rouges a soy partir sans le desjung ; j*ay piins deux morceaulx en lieu d^ung 15365 pour fournir ung peu le pourpoint.

CAYPHE

Va en haste, et ne reste point, noncer a Anne de par moy que tous les maistres de la lov l'attendent céans et qu'il viengne.

MAUCOURANT

15370 Mes qu'a aultre chose ne tiengne * qu'a mon' devoir, tantost Tarez.

CAYPHE

Messeigneurs, vous attenderez s'il vous plaist jusqu'à son retour.

ley vient Nostre Danie a Jhesui humblement et le saille en ceste'fourme,

NOBTRB DAME

Mou enffant, mon bien et m'amour, 15375 la chose que plus je reclame,

que mon cueur plus désire et amc,

le recoui*» de mon espérance,

ma doulce et par&icte alliance,

comment vous est par vostre advis ?

15380 long temps a que je ne vous vis ;

par quoy j'en suis assés dolante.

Ma chère mère révérante, puisque je vois vosti*e présence, j'ay de joye tel affluence 15385 qu'au monde n'ay chose plus chère.

NÔSTRE DAME

0 filz, je feiz piteuse chère

des paroles qu'oy tous les joui-s :

pour ce que le peuple a i*ecours a vous et que le secourez :

15390 ces mauvais Juifz malheurés vous heent a telle habondance qu'ilz quierent a toute puissance vous fidre quelque desplaisir.

Hz parvendront a leur désir 15395 et fault que de ma mort chevissent, mes non i>as si tost qu'ilz vousissont : mon père ne l'a pas permis ; et de fait tous mes ennemis s'assemblent au jour d'uy, affin 15400 de traictier ma mort et ma fin : c'est la chose que plus désirent et quelque bien qu'en moy remirent tous le tirent a mauvaistié.

Filz, le cueur me fend de ])itié

ir>^05 quand j'os ceste parole amere :

regardez la petite mei'e qui en ses flans vous a porté ; ne me faictes pas tel durté que je voye gent tant villaine

15410 livrer ^rostre nature humaine a martire et a passion :

pensez que la compassion, qui de vous me departiroit, le cueur en deux me partiroit :

15415 le dueil me seroit importable.

0 mon cher enffant amiable, mon vouloir, mon bien, mon soûlas, ne souffrez pas tel mal, helas !

regardez la crudelité

154SO et la gi*ant infidélité

que ces faulx Juifz vous feroient s'a leur volonté vous tènoient ; hoi's de leurs mains vous en allez, bien l'evittez se vous voulez

15425 par la deité tout puissant

dont je vous sçay vray possessant des la vostre conception.

N'avez en vous turbacîon, ma chère mère débonnaire, 15430 car le voyage me fouit faii*e pour lequel je suis envoyé, et que par moy soit ravoyé le peuple forclos des jadis du royaulme de paradis.

15357-59 manjuent B. — 15365 prepoint B. — 15375 La rien née que B. C. — 15379 Comme A. — 153^7 qtte jov A 15390 mdn^ur C — 154f>8 tant A. — 15412 qnen C. — 15413 Que B. — 15421 vous manqtir A.

SECONDE JOURNEE

I5'«.i5 TouteB les nobles prophecies dessus moy seront accomplies et sus mon coqis mat et lassé n'en ara ja point trespassé que tout ne porte et acoompliass

ijito comme la divine justice a proposé et ordonné ains qu'en ce monde fusse né.

Or n'est pas ceste heure venue que Dieu, mon père, a retenu^

i5'i45 en sa pi^escience divine,

et pourtant, ma mère bénigne, il fauldra qne d*icy me parte.

Je vous lerray Marie et Maithe pour vous consoler de vos deulz ;

iji50 demourez avec elles deux

tant que nostre retour vendra.

Fîlz, mon vouloir obeym

a vous sans y mettre contraire.

De Judée me fault retraire i&iriô pour fuir mes persécuteurs.

Icy s^en v.i Jhesus et ses apostres.

il^Vxt

NOSTBE DAME

0 mauvais Jui& traditeui^s, 0 très desleaulx détracteur», peuple deffait.

Que vous a mon cher filz mefTait i5i'.o qui trestant de bien vous a fait? et vous querez Sa mort et la délibérez I petitement considérez sa charité, Son sens et sa nobilité et sa très doulce humanité très bien unye A la deité infinye ; pute et perverse progenie, vostre faulce bouche le nve desloyaulment, Mes vostre vif entendement vient au contraire évidemment et la faulce bouche desment, car les haulz signes Dont vos mortelz yeux sont indignes

monstrent bien ses oeuvres divines ; mes il estend miel sur espines, dont ne vous monte :

154SO De ses oeuvres ne tenez compte par faulx orgueil qui vous surmonte, dont a confusion et honte vous tournera.

Faulx peuple, qui t'excusera l5iS5 quand mon cher filz te jugera?

vivement lors t'aleguera qu'il t'a fait mieulx Qu'a peuple qui soit sous les cieulx ; et néanmoins tes fais sont tieulx 15490 que desloyaulment en tous lieux tu l'as hav, Regnyé et desobey, et s'il est de toy envay, se tu peulz il sera trahy !

15405 o faulce envye.

Seras tu jamès assouvye, trahison qui tout bien devye ?

quiera tu la lumière de vie pour mettre a mort ?

15500 La veulz tu banir de son fort et la bouter hors par effort?

pidsque ta vie hez ai fort, la mort te viengne ; La mort saille qui te retiengne 15505 et ton &ulx vouloir la mort tiengne, affin que janaès ne parviengne a mon epffont. "

[PÔSK.]

1' fw

MAUCOURANT

Anne, le haultain triumphant vous croisse haultesse et honneur.

15510 Cayphe, mon vaillant seigneui*, fiist volentiers ains qu'il fiit nonne coppié de vostre personne, pour appointier aucuns moyens.

ANNE

Messeigneurs les pharisiens 15515 n*y sont ilz pas a ce matin ?

MAUCOURANT

Oy» il y a gros hutin :

je ne sçay que deable il leur fault.

15438 naara G. ^ 15439 naccomplisse B. — 15449 vous deux G. — 154G0 partant B. G. — 15470 pute bouche 6. — r>478 Tre* haultes de mémoire dignes A. — 15481 faulx manque G. — 154M4 te pensera a — 15496 O faulse raoine a-s^myc B. G, — lîSOp valeur B. G. — 15513 dnucuns B. G.

MISTRRE DE LA PASSION

et d*aultre part il ne m'en chault :

j'ay d^aultres pensées assés.

ANNE

i:>5S0 Je te sieulx.

MAUOOUBANT

Or vous avancez, car ilz n'attendent que pour vous.

.VNNB

Ça, mes gens, apprestez vous tous :

il nous fiiult aller au consei], mettez vous tous en appareil, 15525 Roullart, Dentart et Gadifer ; prenez ces gros maillés de fer et vous en venez la grant trot.

ROULLART, premier sergent.

Vous ne sçarez aller si tost que ne soions a vos talions.

DENTART, deuxième sergent, 15530 Puisqu'il £ault que nous y allons, il fust bon de son bec f^aÀûv au mouvoir.

GADiKBR, troineme sergent.

Nous n*avons loisir :

nostre maistre sans nous s'en va.

Le s^anglant gibet le couva !

155% n'y pouoit on faire sans ly ?

DENTART

Se quelque meschant eust failly, qu'il faulsist ja mettre en prison, fust a raison ou sans raison, ce fust le fait de nous sergens.

GADIPBR

I55i0 11 ne nous chaille des perdans, mes que noiw y ayons gaigna^o.

[Po E.]

ANNE

Seigneurs, tout ce noble bornago gard Dieu de mal et d*cncombrier !

CAVPHE

Anne, reverand conseillic r, i%^5 a joye soie/, descendu.

Pioça vous avons attendu,

ces haulx et notables seigneurs et moy, pour aucuns grans enreui's de quoy vous orrez le procest.

ANNE

15660 J'ymagine assés près que c*est puisque j'y vois tel assemblée.

JUEROBOAN

Vous devez sçavoir qu'a l'emblec, en lieu secret et en couvert, en lieu publique et desoouvert,

ir>5fô Jhesus, ce meschant séducteur, est de tant d'outrages acteur que, s'es gens avoient puissance, les pierres criraient vengence contre luy pour le deppointier.

15560 Si sommes venus pour traittier sur ce fait pour trouver remède, et est de force qu'on procode a sa mort, nous n'en poons plus.

TSACAR

Qui ne veult perdre le surplus 15565 et laisser le peuple séduire, il est nécessaire qu'il muyre ou aultrement nous nous perdons.

ANNE

Messeigneurs, ung peu attendons a juger d'une tel besongne :

15570 nVst pas sage qui ne ressongne.

Il fault avant la departio arguer chacune partie pour la vérité concevoir.

Et premier, vous devez sçavoir

15575 que cest homme cy que vous dittes, no sçay par quelz fais ou mérites, monstre signes tant rcdoubtables que les plus grans et plus notables a très grandes merveilles tienguent

15580 dont si grandes vertus luy viengnent. Vous avez vcu de fors miracles sur meseaulx, sur deiiioniacleî*, sur ladres, clops et contrefais, lesquelz a sanés et reffais ;

15585 de la fille oystes compter qu'il fit aussi ressusciter ; puis a final)! ement donne lumière au povre aveugle né qui oncques jour n'avoit veu goûte :

15500 mes encore la passeroutc

15581 pour manque C. — 155:« Au partir A. — 15540 chault C. — 15546 Grant pièce nous C. — 15547 manqua U — 15548 Kt ini)v pour aucuns p-ans dangers B. Et moy or font aucuns dangiera C. — 15554 En publique et a descuoncrl B. C. — lr"556 Si est de tant maulx act<»ur A. Est tant de tranagresee acteur B. Eat de tant de deatngees a.'t.i.i C. — 15:>57 Que se ces gens nauoient B. Que ses gens et luy avoient C. — 1*571-72 arguer en partie A. lun«» et j lautre partie. B. C. - 15577 très C. — i:^^^ muea G.

SECONDE JOURNEE

de tous les fais que nous savon, oVt du bon seigneur I^azaron qu*il a fait de mort relever ; et pour son fait mieulx approuver,

\::m il avoit esté plainement

quati'e jours en son monument :

cela a tout le monde sceu.

Or donc, considéré et veu les cas qui sont a préférer,

ivjOO aucuns pourroient inférer

qu'il fust Gristus, comme j'ay dit, et si Test, cil seroit mauldit qui la main oseroit toucher de lims sa personne empescher.

i:m Or veil aultres raisons attraire et arguer la part contraire :

s*il est Gristus, conune on maintient, a luy oompete et appartient tout le royaulme de Judée,

i'410 comme Tescripture est fondée, laquelle tesmongne en son nom, que Cristo debetur regnum; et ainsi se nous concédons qu'il soit Grist, mal y pixxsedons

y&\ù se nous ne venons par arroy le prendre et faire nostre roy en ferme et vraye obeyssance.

Mes veez cy une répugnance par quoy faire ne le poons :

lôâj» chacun scet comment nous avons perdu plusieurs prorogatives et loys efficaces et vives, dont nostre fait vault beaucoup mains, par la puissance des Romains

l'^^j qui guerroiei* nous ont voullu et nostre royaulme tollu, tant que n*avons seigneur ne maistre fors ainsi qu*ilz le veulent mettre, et ainsi nous tiennent en getz

^'^^ leurs tributaires et subgetz,

et pour nous plus mettre en danger, font nostre roy d'ung estranger, qui n*est que conune lieutenant dessoubz l'empereur mantenant ;

liKû et donc se l'empereur peust voir qu*aultre i*oy nous vueillons avoir que cil qu'il nous commet et baille, il vendra a grosse bataille sttbvertir toutes nos cités

in040 et mettre en telz nesceî^sit'^s

que mors ou vifz il nous prendra ; et alors qui nous deffendra ?

sera ce Jhesus assés fort, luy qui n'a puissance ne port,

13645 n'alliance a prince du monde ?

Par quoy mon argument se fonde qu'il nous doit estre refftué, et seroit le peuple abusé de soy mettre soubz la baniere

15050 d'ung l'oy qui en telle manière ne luy pourroit porter sa bende.

MARDOCBCS

S'il est qui vostre fait entende, Anne, vous pi*oposez très bien.

Il fiiit moult de signes, combien

15655 que nous, qui congnoissons les loys, n'arrestons point sur ces explois que monstrent luy et ses courbons ; et posé qu*ilz feussent très bons et poui' le peuple endoctriner,

15660 s'est il bon de les irapugner

pour éviter plus grant dommage, et quant est au commun langage qui Grist le veult approprier, ce point leur voulions nous nyer.

15665 Grist n'est pas; et quand le seroit, le règne ne luy debvcix)it tant pour sa personne meschantc com pour sa force insuffisante, dont ses gens seroient foullés.

NAASON

15670 Doubtes nous sourdent de tous lés, misères, craintes et erreurs ; comme ont bien dit ces deux seigneui*»

concluans sur cest homme infâme, qu'il n'est pas digne du royalme.

15675 Quant est de ly, de sa parsonne, vrayment il n'y est pas ydonne (cest point est approuvé de maint), et touteftbis, s'ainsi reraaint, tout nostre peuplé le croira

15680 et peust estre roy le fera

par une entreprise inexperte :

et ainsi nous vendra la perte

que ces bons seigneurs ont touchié.

GAYPHE

Messeig^urs, qui avez serchié 15685 les meura et veilus autentiques

VMti Autres C. — 15602 celuy C. — 15603 de la main C. — 15604 approurher C. — 15606 Argue a la pour C. — 13613 ronsentons A. procédons G. — ir:629 es getz C. — 15637 Que cil qui nous a baille et ooinmis C. — 15638 Sur wn-^ atout &es amis C. — 15652 dict B. C. — 15657 oauhona C. — 15672 mes C. — 15675 a luy et B. Qui neat pas luy ne C - 10670 Voirement B. C. — 15679 en luy B. C.

MISTEREDE LA PASSION

que baille Aristote es Etiques, vous ne monstrez pas en Tenue que vous ayez bien retenue sa doctrine en moyen aucun.

15600 Dit il pas que le bien conunun précède le particulier par droit et doit devant aller, car bien plus a communaulté et plus sortist de dignité?

loOOo Et pour tenir ce document, je dis qu'il est expédient de tuer ung homme et destiniyro, si que tout le peuple ne muyre ; mieulx vault qu*ung homme soit grevé

15700 et ung puissant peuple sauvé

que pour ung seul homme sauver ung peuple se doye grever ; et atant fais conclusion.

ELIAGHIN

Tenons ceste provision 157(» que le peuple en fault délivrer.

BANANIA8

Se le voulions a mort livrer, le meilleur nous est le plus brief, car il nous porte si grant grief que nostre loy se i)ert en vain.

CAYPHE

15710 Et je doncq, comme souverain de la loy, baille cest edit que ce mauvais honune et maudit, en quelque lieu qu*il soit trouvé, soit prins comme ung larron prouvé

15715 et admené par devers nous.

A ce nous consentons nous tous :

il n'est moyen plus abrègent

CAYPHE

Or sus doncq ! il n'y aist sergent bedeau courant n'aultro menistre 15720 qui ne s*cn voit guettier au tiltrc, voire tout quoy sans mener bruit, sçavoir s'il vendra ceste nuit au temple faire ses sei'mons.

Estes vous pretz ?

MALGU8, sergent a Cayphe,

Nous nous armons, 157S5 mes soiez sceurs, s'on le rencontre, qu'il ara si très ïùgX encontre qu'oncques il ne fut a telz nopces.

BRUYANT, deuœieme sergent.

Allons m'en faire mes approches portans nos haches tout en bas.

BaroNNÉ, troisième sergent, 15730 A quoy faii'e ?

BRUYANT

Four les debas :

on ne scet du remontrement.

CAYPHE «

Allez vous en secrètement

et faictes conune riens n'en fust.

ESTONNB

Se je pensasse qu'il y eust 15735 danger, fust d'arc ou d'arbale8ti*c, j'allasse croupir en nostre estre, en nos charbons estudier.

MALCUS

Allez prendre ung tel souldoier a faille vostre garde corps !

E8T0NNÉ

15740 Les plus hardis sont premiei*s moi*» : ne me parlez point de combattre.

Il n'est point saison de débattre; allons faire noslre envaye.

Icy s'en vont eulx sue au temple.

Retouiiier veil en Bethanie :

15745 frères, mettons nous en chemin ; le temps s'en va foii a déclin, et mon heure s'approchera.

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