Ma dame, laissez le partir
hardiment, comme il ly plaira :
il vous promect qu'il revendra, je m'en tien pour tout asseureo.
MISTERE DE LA PASSION
Jcyse part Jhesus et tous sesappostres et s'en vont vers Jherusalem,
J'ay la char moult fort martireo 16640 de fain et ne sçay que mangier :
j'apperçois icy ung figuier
auprès de ceste sente la ;
je vois sçavoir se rien y a
pour ma doUant fain estancher.
Icy vient regarder soubz les feuilles et dit Jhesus de rechief :
16045 J'ay beau ce figuier esplucher,
il y a des feulles grant somme,
mes sans fruit ; arbre, jamès homme
ne mengeusse fruit que tu portes,
et soient tes racines mortes, 16650 tu soies maudit et destruit,
tant que jamès ne portes fruit
pour ta grant imperfection !
s. SIMON
Veez la grant malédiction :
je ne sçay qu'il en advendra.
Icy vient Jhesvis au temple^ et doit avoir grant foison Juifz ; c*est assavoir Ruben, Nepta^ /m, Mo€tbj Abiron, Rabanus^ Emilius,
Tubal^ CeliiiSj Manasses et d'autres plusieurs.
nous n*en poons plus endurer.
ANNB
Sire, fault tout considérer :
mieulx vault de souffrir ung tel fol 16075 que d*emprendre sur nostre col
ung fardeau qui n^est point portable;
il y a peuple innumerable
qui a force revancheroit
ce Jhesus, qui le greveroit.
16680 Mes vecy comment on fera :
on l'orra, on Tescoutera
diligemment sans Festriver,
a savoir s 'on pourra trouver
a son parler erreur aucun, 16685 et s'on y en trouve nesung, '
nos gens lors Tirent assallant
qui sur forme d'ung beau samblant
luy proposeront questions
soubtiUes, ou solucions 16090 ne sçara trouver sans danger.
CA.YPHB
C'est bien dit, il fault abréger, qu'il ne soit du fait adverty.
JHEROBOAJf
Nous deussions ore estre party
d'y aller a grant compaignie :
16605 partons tost, que Dieu nous conduie I Icy s*en vont tous escouier le sermon de Jhesus.
MARDOCEUS
16655 Au temple aller nous convendra hastivement, je le conseille :
on m'a ja soufflé en l'oreille, aucun bien mon amy privé, que Jhesus y est arrivé
16660 qui fait merveilles de prescher et d'abatre et de tresbucher nos ediz et nos drois legaulz.
CAYPHE
Oncques homme ne fit les maulx
et la destourbance infinie 16665 que ce Jhesus et sa meignie
nous perpètre de jour en jour ;
et si n'y sçavons trouver tour
pour en depescher le pays.
Bons amis et leaulx Juifi:»
16070 faisons jusqu'à la une vouste
et l'empoignons combien qu'il couste
Erunt novissimi primi^ erunt primi novissimi.
Mes amis, par ceste paroUe je vous exhorte et vous recolle
16700 ce qu'aultreffois vous ay compté,c'est que parfaicte humilité soit en vous en toute manière et orgueil débouté derrière, et vous gardez bien des sermons
16705 des orgueilleux pharisiens, c'est a dire de leur doctrine, qui leur volenté ont encline d'avoir les grans presumpcions, ^ les los, les salutacions,
1C710 les grans honneurs en plaine rue, affln que de la gent menue soient tenus pour bons et sages
10045 cestuy arbre B. G.— 10050 Subitement B. Soubtillement G. — 16658 prouue C. — 16C60 Font chacun jour de jour «a jour C. — 10009 Mes amis B. G. -- 16078 sur ce B. repugneroit G. — 16080 assemblant B. G. —10090 On ne saura sf C. - 10095 Bananicab. Le dieu disrael nous B. G. — 16097 Et primi nouissimi A. B. C. — 10700 recite C. — 16710 vue C.
SECONDE JOURNEE
et gens plains de soubtilz langages :
les lois estroites prescher seullent, 16715 mes tant soit peu tenir ne veullent;ilz lèvent estatus grevains, ce sont eulx qui en font le mains ; les grans fardeaux au peuple afifullent, mes au porter tousjours recullent; 167S0 ilz alignent une vie sainte, mes c'est ypocrisie faintte soubz rhabit de papelardie ; comment ont la char si hardie eulx qui sont miroir et exemple iGT^ et premiers gouverneurs du temple, et mettent rigoreuses lois, rades editz, status estrois, dont eulx mcsmes ne tiennent rien ?
Mes amis, gardez vous en bien, 16730 n'ayez ymaginacion
en leur mauvaise elacion :
tout vendra a néant a la fin.
S^Hz tiennent orguUleux chemin :
s'ilz ont argent, chevaulx et draps 16735 et les grans honneui*s a plain bras, ce ne dure ne que fumée saillant de la flamme allumée :
se lèvent si hault qu'ilz vouldront, de néant viennent, a néant vendront ; 16740 de leur oeuvre rien ne se pert, car Dieu qui voit tout en apert rétribue a ces ypocrites leurs loiers selonc leurs mérites ; quant sont au temple et a la table, 16745 vueullent seoir au lieu plus notable ; pour sambler gens d'auctoritës, estrivent pour leura dignités et veullent les bras trop hault tendre ; mes Dieu les fera bien descendre, 16750 et si au bas se trouveront que jamès ne relieveront :
lors sera mon dist accompli :
Erunt primi novtssimi.
C'est a dire que les premiers, 16755 au monde querans les haulz lieux, seront logés tous les derniers dedans le royaulme des cieulx.
Mes le danger est qu*a leurs yeux ne voyent les humbles et bons 16760 levés es haultes régions
pour sans fin en joye régner, et eulx descendre et tresbucher
au fons de Tenâfer pardurable.
CAYPHE
Gcst homme icy compte le deablo 10765 et dit motz qui sont a cremir, tant qu'il me fait le cueur frémir et tressuer de fine angoisse.
ANNE
Pourquoy ?
GAYPHE
Se Dieu honneur vous croisse, entendez vous pas bien son cas ?
16T70 oez vous pas les predicas
et la pensée qu*il nous gai^e ?
Sy faisons très bien ; il nous larde et nous attaint aucunement,
CAYPHE
Ce fait mon, le plus vivement 16775 qu'oncques feusmes en nostre vie.
Haro ! j'enrage, je desvye,
le cueur dedans me va partant :
il n'est honmie, tant fiist constant,
qui ne pardist cy padence ; 16780 en corps, en cueur, en conscience,
il nous a cecy dit tout oultre,
on le voit.
ANNE
Au moms, il le moutre par sa parolle coustumiere.
Mes, monseigneur, tenez maniei'et 16785 ne descouvrez point telz rancunes, nous vendrons très bien a nos unes et s'y samblera qu'on n'y touche.
CAYPHE
Je tarde a grant peine ma bouche car son parler trop fort me point.
JUBSUS
16790 Or veil poursuyr l'aultre point
par lequel je veil innuer
et sensiblement arguer
que les humbles et les piteux
procéderont les orguilleux.
16795 Dieu, mon père, d'oi gueil n'a cure,
car la plus noble creatui-e
qu'en paradis avoit formée
par orgueil est tant diflbrmee
qu'elle est on l'eternal palu 16800 sans jamès espoir de salu.
Entre la meignie dampnee
orgueil est la première née,
16718 affablent B. — 16726-27 loiz si rigoreuses Si rudes si mal amoureuses B. C. — 1673S sur néant B. C. enfin A. - 16740-1 part, apparl A. — 16745 honnorable C. — 16756 les derreniers B. C. — 16759 Ne voyp« A. — 16774 Se fait A. — 16781 cy manque A. B. C. ~ 16791 Et lorguilleux C.
MISTERE DE LA PASSION
et de tant comme orgueil desplaist a Dieu, humilité luy plaist :
16805 aux humbles doit le hault myalmo, aux enfâés Teternelle flamme ; orgueil l*ame en entrer déprime, mes humilité lui exprime sa béatitude : cest Dieu.
16810 Or mettons chacun en son lieu, rhumble régnant en paradis, Torgueilleux ayec les mauldis :
ceulx qui se cuidoient joriwn* sont bien alors novissimi»
16815 Traire le puis a aultre sens
pour ce que je congnois et sons que plusieurs qui sont empeschés de divers vices et péchés ou de leur temps ont mis grant' part,
16SS0 quant ilz perçoient qu'il est tart ne font compte d*culx amender, cuydans que Dieu doive gai der justice si destroite icy (ju'il ne leur pcust faire mercy.
168S5 Si fait, mes amis, pour certain, car son pouoir est tant haultain qu'il peust faire tous les derniers aussi bien saintz com les premiers, et pour adverir ma paroUe,
10830 je donne ceste paraboUe.
Le règne du ciel pardurable est comparé et fait semblable au père de famille ainsi qui au premier matin yssi
16835 pour trouver ouvriers a loyer qu'il puist en sa vigne envoyer.
Vignerons ti*ouva quant la vint avec lesquelz du piis convint, qui en labourant sans séjour
16840 gaignoient un denier pour jour.
Sagement en oeuvre les mist et en sa vigne les transmist, puis a tierce d'aultres trouva lesquelz en sa vigne envoya,
16845 pix)metant que paies seroient
justement ce qu'ilz gaigncroient; a sixte aucuns aultres choisv ^ et a nonne en transmist aussy.
Finablement se transporta
16850 a onze heures et enhoiia a aucuns aultres laboureux, disant : « Qu'estes vous cy oiseulx, toute jour ])erdans vo.strc temps? »
Ceulx dirent : « Noua sommes restans,
16855 car anie ne nous embesongue. »
« Allez, dit il, en ma besong^ne en ma vigne, et quant la serez, avec les aultres labourrez. »
Lors chacun besongner s'en va,
16860 et quand la nuittee arriva,
ce hault maistre et soubtil seigneur si va dire a son procureur :
« Huche, dit il, mes labouriers, et paye a chacun leurs deniers,
16865 et fay que les derniers entrés soient les premiers contentés. »
Lors vindrent ceulx qui labouroient qui a onze venus cstoient, lesquelz ung plain denier recourent
16870 com les plus grans ouvriei*s qui furent. Lors pensserent les principaulx estre payés a plus hault taulx, qui avbient toute journée ouvré depuis la matinée ;
16875 mes quand ce vint a les payer, ilz n'eurent chacun qu'ung denier ; loi's en les payant murmuroient contre le seigneur et disoient :
c( Ces ouvriers cy derniers venus
10S80 ont ouvré une heure sans plus :
si nous tourne bien a courroux qu*ilz gaignent autant comme nous qui avons eu toute la peme et l'ardeur ^u soulcil grevainc. »
16885 Aloi's le seigneur respondy
a l'un d'eulx et dit : « Mon amy, je ne te fay injure aucune en distribuant ma peccune :
couvenismes nous pas du pus
16890 entre nous deux, quand je te pris, que pour peine de ton labour tu eusses ung denier par jour ?
or es payé de bout en bout :
emporte le et t'en vas atout ;
16895 s'a ccstuy derrain donner veil
tant comme a toy, qu'en as tu dueil ? puis je pas faire a mou vouloir du mien, qui qu'en doy ve douloir ?
et ainsi voy ton oeil mauvais,
16900 et je suis bon en tous mes fais. » Et par ce point, mes bons amis, ces motz bien en substance mis vous declairent par bonne voye ce que nagueres vous disoie
1C827 ses derreni- m B. G. — 10828 Autant saints comme R. C. — 16848 A nonne quil A. — 10873 toute la A. C. — 16874 toute la A.
1686S onze heures A. C
SECONDE JOURNEE
im qu'au règne du cid acquerîr ne fault craindi^e le tait venir, car certes les desrains ouvriers gaigneront comme les premiei^ ainsi : Novissimi primi
1G910 suntj et primi novissimi ; mes plusieurs j sont evocqués et hault appelés et huches»
mes très peu en y a d*eslus.
CAYPHE
Jhesus, te souffice au surplus :
1G915 tu prens a sermomier grant peine ; nous croyons ta doctrine saine sans aucune hesitacion ; mes une dubitacion .
te voulons bien faire mouvoir :
169SO neccessaire fust de sçavoir
en quel vertu c*est que tu monsti'es les grans signes que tu demonstres, s'ilz sont célestes ou terrestres.
Je suis le hault prince des prestres,
I6dâ5 et pour tant sçavoir m*appartient comment nostre loy se maintient :
uagaires il nous fut compté ung signe de grant ciiiaulté que tu fis au temple en entrant,
1G93Û car sans y toucher peu ne grant tu gestas hors tous les vendeurs, oisclleux, merciers et changeurs et tombas trestout leur baguage.
Par tout aussi court le langage
i^^ que tu ressuscites les mors :* donc de ûdre signes si fors, qui t*en a donné le pouvoir ?
JHSSUS
Une question veil avoir puisqu^a demander procédez,
10940 et se bien vous me respondez a celle que je vous feray, a la vostre responderay sans différer, soiez en sceurs. Je vous demande, messcigueurs,
ie&45 se le baptesme que prescha Jehan Baptiste et hault anonça, esioit il de Dieu supcrnel, c'est a dire venant du ciel, ou d'humaine institucion ?
ANNE
jGSfjO Entendez bien sa question,
elle est bien doubteuse a espondrc ;
ne vous hastez point de res|)ondre ; il est rouge pour vous trompei', et si n*en sçarez eschappei* 109% s*au respondre n'estes soubtil.
CAYPHE
J*entens bien qu'il y a péril et conguoy bien la maladie :
s'il est aucun de nous qui die que ce baptesme vient dos hommes,
16960 et nous Tensuivons, destruis sommes et nous fera le peuple ahan, car ilz ont tousjours tenu Jehan pour ung saint prophète esprouvé, qui n'eust pas le peuple lavé
10965 de ce hault baptesme anobly
se Dieu ne Teust mcsme establv ; et se nous estoit advenu dire que du ciel fust venu, tantost ses responces seront :
10970 (( Que ne creustes vous en ly dont ? » Ainsi quoy qu'ayons entrepris de respondre, nous sommes pris, car par falace nous procède.
ELUGHIN
Je vous ay trouvé bon remède 16975 par quoy ce danger esche vous :
respondons que nous ne sçavons, tous ses argumens sont sollus.
ANNE
C'est très bien dit, n'en parlons plus, vêla très bomie évasion.
CAYPHE
10980 Raby, l'interrogacion
que tu nous fais de ce baptesme et dont il ^crt a homme ou femme nous est chose toute incongneue, et puisque ne l'avons congnue,
16985 nous ne dirons riens sur ce pas.
Aussi ne vous diray je pas en quel puissance fay mes fais.
Une aultre question vous fais :
ung homme fut qui deux filz ot ;
10990 au premier dist : « Va t'en bien tost ouvrer en ma vigne que j'ay. »
Cil luy respondist : « Non feray ; »
mes depuis, meu de penitance, fit a son père obeyssance ;
109(6 si alla et bien besongua.
A l'aultre filz vint et chargea
10911 Mail leaplnûeurs y sont voyex B. G. — 16919 faire et mouuoir G. — 16928 Ung grant signe de A. — 16932 Us oy&elliers et les changeuN B. C. — 10900 Se nous le disons A. — 16976 C. Comment E. disons que nescauons K. C — 16^2-83 La responce te fais moy me&me Ne scauons dont il est venu A. — 16'>S4 congnu A.
MISTERE DE LA PASSION
qu*en la vigne allast faire exploist ; cil respondist : « J'y vois tout droit ; » neantmoiss il n*y entra pncques.
17000 Or lequel de ces deux fils doncques fît mieulx la volonté du pore ?
JHER0B0A.N
Le premier.
JHB8US
Gens plains de misère, cecy demande pour vous mesmes :
les publicans et folles femmes
17005 vous précèdent et vallent mieulx que vous au royaulme des cieulx.
Jehan pour vostre grant bénéfice vint, qui la voye de justice vous prescha, et ne creustes rien ;
17010 les publicans le creurent bien et les meschantes pescheresses ; et par vos langues janglerresses dittes : « En la vigne m*en vois pour besongner comme je dois, »
17015 mes vous n*y allez ne venez ne poinct de la loi ne tenez, ains répugnez toute saison a vérité et a raison ; vostre fait m'est tout apperceu. '
17020 Ung perc de famille feu qui jadis sa vigne planta et d'une baye l'acosta et fouy, et fit ens assoir une tour et ung beau pressoir
170S5 et tout loua a laboureux
pour la gouverner tout par eulx ; puis s'en alla en long voyage.
Quand vint au temps de moissonnage, qu'il fallut cueillir la vandange,
17030 le maistre du pays estrange aucuns ses serviteurs transmist et leur enjoint et leur commist qu'a sa vigne se transportassent et que les fruis luy rapportassent ;
17035 mes quand vindrent en ce pourpris, par les laboureurs furent pris :
l'un bâtirent, l'aultre navrèrent, l'aultre occirent et lapidèrent par leurs rebellions cruelles.
17040 Quand le maistre oyst ces nouvelles, leur transmist aultres serviteurs cueillir son fruit, mes trop plusieurs qu'il n'avoit fait la fois première ;
mes tout par semblable manière
17045 en firent, dont luy ennoya.
Finablement leur envoya son filz pour voir qu'ilz en feroieot, et pensa qu'ilz s'ahontiroient de faire a son filz desplaisir ;
17050 mes quand ce filz peurent choûsir, commancerent entre eulx a dire :
<c Veez cy son filz, allons l'occire, tant qu'il est a nostre avantage; ainsi arons son héritage. »
17055 Lors le prindrent et le boutèrent hors la vigne, la le tuèrent.
Et dont quand ce seigneur vendra en sa vigne et cecy verra, que fera il aux laboureux
17060 qui ont esté tant rigoreux
vers son filz et vers sa megnie ?
ANNE
Il n'est hom de nous qui ne die
que leur maie condidon
est digne de pugnicion, 17065 et que ceulx qui l'ont voulu nuyre
fera exillier et destruire
et que sa vigne baillera
a laboureux qu*il trouvera
plus doulx et de meilleur façon 17070 pour luy envoler sa moisson
en temps et lieu ; c'est bien droiture.
JHBSUS
Leustes vous oncques l'escrîpture
parlant d'une pierre trouvée, aux ediffians réprouvée,
17075 qu'ilz ne daignèrent mettre en oeuvre 1 toutefois elle se decueuvre si riche après a ung besoing qu'elle est posée au chief du coing :
Dieu a fait cest oeuvre notable
17080 qui est a vos yeulx merveiUable.
Pour ce vous dis et vous proclame que la vigne (c'est le royalme de Dieu) vous sera depcsti, et a gens d'ung aultre parti
17085 sera donné pour faire fruit
meilleur que Mre ne vous duit ; tout bon fruit est en vous estaint.
GAYPBE
Oez comment il nous attaint soubtillement de fors lardons ; 17090 pour Dieu, messeigneurs, regardons
17012 glangeresses G. — 17013 Direz B. — 17014 Pour] Et B. C besotignerai C. >- 17065 le loua B. C. — 17086 i par A. — 170S9 Puis fallut B. — 17053 manque B. — 17068 homme de nous qui die A. — 17071 II y a trop graS Conjecture B. G. — 17077 a manque A. — 17082-83 est le royalme Que dieu vous fera desposii G.
SECONDE JOURNEE
sans plus différer qu'on le tiengne ; qnoy qu'il soit ne quoy qu'il adviengne, je n'en puis plus sans despaisier.
ANNB
Sire, Tueillez vous rapaisier, 17095 la journée n'est pas pour nous : vous Yoiez dessus et dessoubz qu'il est entre ces gens tapis.
GATPHE
Dea, c'est tousjours de pis en pis qu en ce point nous vient agresser.
ANNE
17100 Ne vous chaulty laissons tout passer, une aulti'e fois le prendrons mieulx.
Encor le royaulme des cieulx
est fait sanoblable a ung grant roy
qui les nopces de grant arroy
17105 fit pour son filz mettre a honneurs, et envoya ses serviteurs dire aux invités qu'ilz venissent et brief aux nopces se rendissent, lesquels coraparoir n'y vouroient.
17110 Quand ce roy vit qu'ilz differoient, envoya des aultres servans ausquelz il a fait tez commandz :
« Allez et nouvelles portez a tous ceulx que j'ay invités,
17115 que mon disner et tout est prest et qu'ilz se rendent sans arrest aux nopces. » Mais oez qu'ilz firent : les aucuns en oubly le mirent, les aultres se sont transportés
17120 en leurs villes et leurs cités ou en leurs affaires pluseors, aultres prindrent les serviteui*s les l)atii*ent et mutilèrent, aultres les prindrent et tuèrent.
17125 Le roy ces nouvelles oy qui n'en fut pas trop resjoy, mes envoya ses fors guerriers et mist a mort tous les meurtriers et fit tout leur cité ardoir.
17130 Ce fiiit, voulst son propos mouvoir et dit : « J*ay fait tout mon appreste, mes les invités a la feste ne sont pas dignes d'y venir n'a si très grant bien parvenir ;
17135 allez, )} dit il lors a ses sers, « aux voies, places et desei*s ;
soiez d'assambler diligens de toutes manières de gens. »
Atant ses servans s'en aUerent
17140 et bons et mauvais assemblèrent et tant en quirent par leurs paines que leurs nopces sont toutes plaines.
Lors le roy entra et voulst voir quelz gens il pouoit la avoir :
17145 si en choisit ung a la feste atout ung habit deshonneste, auquel tantost vint remonstrer :
(( Amy, comment osas entrer dedans ce noble hostel royal
17150 sans ton vestement nupcial ? »
Cil se teust, ne sceut que respondre, et lors le roy pour le confondre dit a ses ministres prochains :
« Liez le moy tost piez et mains,
17155 et envoyez le malheureux en lieu obscur et ténébreux ou sont pleurs et douleurs dedans et grief estraignement de dens. »
Pourtant multi sunt vocatif
17160 plusieurs sont appelés a gloire, pauci vcro sunt électif peu en vient a la possessoii*e.
GAYPHE
Qu'est cecy ?
ANNE
Escoutez encoire, voir qu'il conclurra au surplus.
17165 Quant a moy, je n'en ourray plus, c'est pour faire sentence briefve.
Advis m'est que le cueur me crieve quand je l'os cy faire son compte, et me samble a nous très grant honte
17170 que tant le permettons a vivre.
ANNE
Nous en serons en brief délivre, qui m'en croira ; mes, monseigneur, vous sçavez qu'il nous £ault couleur de luy imposer rage aucune.
GAYPHB
17175 11 est vray.
ANNE
J'en ay trouvé une pour le bien mettre a contredit :
vous sçavez qu'il est ung edit par toute Judée imposé.
IW» wngresser C. — 17100 Uissea B. — 17124 Les aultres prindrent A. — 1713S-34 de tenir Si grant bien ne dy parvnir B. C — 17145-6 entre cent Atout ung abit indeacend B. C. — 17158 estandeinent B. estrainemens C. — 17171 l^hefment B. C. Toute cette tirade est attribuée à Caypke C.
que s'il est homme si osé 17180 qu'il vueille empescher les tribus de l'empereur par quelque abus, il est jugié a mort cruelle.
Veez cy doncques par quel cautelle frauder et prendre le pourrons :
17185 embassadeurs luy envoirous pour luy demander et prier qu'il nous die s'en doit payer tribus a l'empereur de Romme.
BANANIAS
Mes pourquoy cela ?
ANNE
0 simple homme, 17100 entendez vous point celle trompe ? faillir ne pcust qu*on ne le trompe, se bien attaindre le sçavons :
car s'il dit que nous les devons, il asservit la loy juifze 17195 et faulce la loy de Moyse
qui nous décrit qu'en quelque lieu nous ne debvons riens fors a Dieu, et sommes francs de tous impos ; s'il respont a Taultre propos 17200 que nous n'en devons rien baillier, il ne s'en fault plus traveillier :
il est tout ordonné qu'il muyre.
GAYPHB
Il n*est hom qui sceust mieulx conduire nostre fait par bonne ordonnance, 17206 mes encor, sauf la reverance de monseigneur qui cy propose, pour mieulx faire et fournir la chose, quand l'embassade la ira, il m'est advis que bon sera qu'il ait avec eulx six ou sept des gens Herode.
ANNB
Dieu le scet :
au moins s'il fault en aucuns peins, ilz en pourroient cstre tesmoings pour relater qu'il ara fait.
JUfiSlOBOAN
Mes le prendre tantost de fait et l'admener saulve tous droû*.
CAYPHE
Ça, Nachor, vous irez vous trois, vous, Nathan, et Bananias.
NÀGHOR
Nous le voulions.
MISTERE DE LA PASSION
Icy se partent ces trois aux gens Herode.
Vecy le cas :
17220 Andalus et vostre meignie,
s 11 vous plaîst tenir compaignie a nous trois et nous convoler, nous vous en voulions bien prier pour le recongnoistre tout sus.
ANDALUS, des gens Herode, 17225 Pour ou est ce aller ?
BANANIAS
Vers Jhdsus ; pour ce qu'il est bien mal en grâce, messeigneurs vuellent qu'on luy brasse ung brassin mal apotagé.
ANDALUS
Puisque vous en estes chai^gé, 17230 avec vous volontiers irons et la vous accompaignerons, mes gens et moy, sans nulle faulte.
C'est pour une entreprise haulte, qui en pourra venir a chef.
NACHOR
17235 Je voy la Jhesus de rechef qui fait sa predicacion :
proposez luy la question, Bananias, bon conséillier.
BANANIAS
Pour vous me veil je traveiUier 17240 de tout ce que je pourray faire.
Icy s'en vient a Jhesus et dit de rechief : Jhesus, cher maistre débonnaire, homme très saint et vertuable, nous sçavons par raison prouvable qu'en ton fait n'a que vérité
17245 et que par très bonne équité la voyc de Dieu nous enseignes, sans ce que la parsonne preignes plus que l'aultre : tu fais tout ung du roy et du petit commun.
17250 Pour ton oppinion avoir
devers toy venons, pour sçavoir
17203 homme qUî mieulx rbndulee B. - i7204 pronîdenoe C. - 17210 ayent A. Il y ait C. — 17210 Nom \- Voullon» manqua G. - 17226 en imnque h.^ 17232 quelque B. C. - 17235-38 attribués à Nathan B. C. - 17239 ^tll plus C
SECONDE JOURNEE
se devons tiibus a César
ou se nous ne devons point, car
plusieurs doublent les choses dites.
JHBSVS
17355 Que me temptez vous, ypocritcs, qm me monstrez ce beau samblant poux* aller venin assamblant ?
Baillez moy cy quelque monnoyc.
BANÀNIAS
Puisqu'il a désir, qu'il la voye, 17*0 assavoir qu'il en veult jugier.
NACHOR
Cher sire, vêla ung denier, taictes en comme bon et sage.
Que signifie ceste ymage et ceste superscription ?