‹ Le mystère de la passion d'Arnould GrebanChapitre 126 sur 218 · PIBRRB · texte numérisé non relu

PIBRRB

Sire, en quel lieu n'en quel demeure allez vous ? quel deffaulte avons id3i5 pour quoy suivir ne vous poons quant chacun a vous se présente ?

JHE8US

Ou je vois pour l'heure présente

maintenant pas ne me suyvrez, mes cy après bien le ferez 183S0 quand plus grand force vous vendra.

s. PIBRRE

Pourquoy, sire, et a quoy tendra ?

allez vous si destroite voye que suivre je ne vous pourroyo ?

s*a la mort vous habandonnez, 18325 crainte pour ce ne me donnez, car j'ay ma pensée ravye de mettre ma mort et ma vie pour vous, et je ne m'en desdis.

JHB8US

Et vrayement, Pierre, je te dis 18330 qu'ains que le coq chante deux fois ceste nuit tù m'en nyras trois, et garde comment t'enhardis.

s. PIBRRB

Sire, sauf vosti'c honneur, mes dis et mon oppinion est telle 18335 que pour porter peine mortelle et mourir avec vous en place ne vous regniray, que je sache :

mon intencion y est ferme.

JHB8U8

Et a vous tous dis et afferme 18340 que tous ceste nuit me lairrez

et par crainte m'esclandirez,

que disciple avec moy n'aray ;

car est escript : Je frapperay

le pasteur; lors s'espandeix>nt 18345 les ouailles et s'en fuyront.

Mes quand je serai excite

et de la mort ressuscité,

je vous verray en Galilée.

s. PIBRRB

Et se toute ceste assemblée 18350 vous nye de cueur inconstant, je ne vous nyrai pas pourtant, mes me tendray de vostre accord et suivray a vie et a mort ; je suis en ce point affermé.

s. JBHAN

18355 Quiconques en soit deffermé,

je tendray tousjours sa querelle.

s. ANDRY

De le suivir suis tout fermé, quiconcques en soit deffermé.

s. JAQUB8 ZBBBDEY

Mon vouloir est tout confei*mé

1^ tretoQt A. — 18304 Et se delle A. — 18305 procUmex G. — 18323 Quensuyure B. — 18326 toute rauye C. iSS$ ja B. -^ 18320 briefment C. — 18330 Qfaauant C — 18341 mesdandrires A. pour paour vous inenauyureB C.

MISTERE DE LA PASSION

18300 tenir loyauté naturelle.

s. BERTHELEMY

Quiconcques en. soit deffermé, je tendray tousjours sa querelle.

B. PHELIPE

Que je commette fuyte telle! jamès je ne veil vivre après.

s. THOMAS

18365 Ja ne doint Tessence immortelle que je commette fuyte telle!

s. JAQUES ALPHEY

Seray je reprouché par elle,

il me tient au cueur de trop près.

s. MATHIEU

Que je commette fuyte telle!

18370 jamès je ne veil vivre après.

s. SIMON

Et j*ose affermer par exprès que pour paine ou pour mort avoir on ne me sçara remouvoir d*entresuyvir sa compaignie.

s. JUDE

18375 Je n'ay garde que je regnie la foy que je luy doy porter.

Il est temps des tables ester,

frères et amis, levons nous ;

si me veil mettre a deux genoux 18380 et faire a mon père prière

humblement en ceste manière :

Fere puissant, d^ou puissance procède, ou tout bien tend et ou tout bien précède, roy éternel sans jamès prendre fin, Grâce et salut a mes amis concède, et les pourvois de si très bon remède que leur vouloir ne se tourne a déclin ; Xbba pater^ mon hault père divin, le monde laisse et dresse mon chemin par devers toy que sans fin je possède; Geulx qui croiront en moy de cueur affin te recommans en temps futur, affîn que l'ennemy ne les griefve ou deprede.

s. PIERRE

Frères, veez» cy aultre raison :

18395 yay entendu par Toroison que nostre maistre a fait icy que briefment nous lairra.

s. JEHAN

Gecy me fait grant mal quant je yescoute*

s. JAQUES ZBBEDEY

Et pour la cause faisons double, 18400 et devons aller enqueraut

qui de nous sera le plus grant et le chef après son départ.

s. PHELIPE

Vous parlez de très bonne part, car il est assés partinent

18405 qu'après celluy département

Tung de nous soit chef et reot^ir, auquel connue au gubernateur tous les aultres aront recours, et qui pourra donner secours

18410 a ceulx qui Tcn vooldront requerra.

s. BERTHBLBHY

Qui est le plus ydoine?

s. THOMAS

Pierre ; car nostre maistre aussi jadis du royaulme de paradis le fit claviger afferant.

s. SIMON

18415 N'y seroit pas Jehan plus séant, qui est son parent bien prochain et son amy le plus certain qui soit en toute la maignie ?

s. JUDE

Gher sire, ne l'oubliez mie 18420 a dire avant vostre recès :

nous sommes icy en procès qui de nous sera le premier.

Frères, Tusage coustumier est tel que les rois de la terre,

18425 quant les pays peuent conquerrc, dominent sur ceulx dessctubs eulx, et ceulx qui sont plus curieux d'avoir sur les aultres puissance a ceulx qui en ont congnoissance

18430 sont tenus les plus beneui*eux ; pas ne vueil que soiez de ceulx :

vostre fait est tout aultre chose.

Je veil que celluy qui propose a la majorité contendre

18435 devant vous soit comme le mendiée, et celluy qui est precesseui* soit comme le ministrateur.

Qui vous samble le plus notable, ou celluy qui siet a la table

18440 ou celluy qui sert devant luy ?

18363, 18366, 18369 faulte B. — 18374 Entretenir B. Q. — 18384 manque C. — 18386 les ] le A. — 18404 Jaque U est C. — iSWô Apres son A. — 18414 affreant B. C. — 18415 tnieulx séant B. G. ^ 18418 en tout la compaignie A. ^ ISUi Régnent et sont dessas iceulx Ai ^ ^8433 Mais vueil B. G. — 18436 possesseui* d

SECONDE JOURNEE

vous me direz que c'est celuy a qui est le service fait ; or regardez donc a mon fait :

je suis entre tous et luinistre

i?445 comme serviteur et ministre, et vous estes les bieneurés qui avecques moy deroourez et avez fait permansions en tontes mes temptacions ;

1S450 et conune mon père me donne le règne, je vous l'abandonne, afiin qu'a ma table seez, avec moy buvez et mangez en mon hault royaulme de joye :

i}Xâ finablement séant vous voye sur les trosnes de majesté jogeans par voye d*equité les douze tribus d'Israël.

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