‹ Le mystère de la passion d'Arnould GrebanChapitre 2 sur 218 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous n'avons pas l'intention d'apprécier ici la valeur et l'importance de l'œuvre que nous publions, ni de lui assigner sa place dans l'histoire du drame religieux au moyen-âge. Il faudrait pour cela retracer cette histoire tout entière, et ce sujet, outre qu'il exigerait des développements considérables, ne peut être traité d'une façon complète avant qu'on ait publié un grand nombre de documents indispensables. Parmi ces documents, la Passion d'Arnoul Greban est sans contredit un de ceux qui méritaient le plus d'être mis au jour. Nous avons voulu remplir un vœu qui avait été exprimé depuis longtemps* et plus d'une fois répété, qui avait dû être accompli par d'autres que nous il y a déjà bien des années ^, et dont l'exécution ne peut manquer d'être bien accueillie, non-seulement par les curieux de notre ancienne littérature, mais par tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du théâtre moderne. Nous nous bornerons ici à donner sur l'auteur, sur son œuvre et sur les manuscrits qui nous en sont parvenus, les renseignements, malheureusement trop peu nombreux, que nous avons pu recueillir.

Le plus ancien manuscrit du Mystère de la Passion que nous ayons conservé, celui que nous' désignons par A, contient une rubrique que nous avons imprimée à la

* « La publication de ce texte, » disait M. Paulin Paris en 1845, « auroit un véritable intérêt ; car on ne peut t»'empécher de le regarder comme le plus beau monument de notre ancienne littérature dramatique. » (Les Mantucrits français de la bibliothèque du roi, VI, 310.)

* a En 1855, Téditeur de la bibliotlièque elzévirienne annonçait Je Mystère de la Passion comme de- \ont paraître dans un délai rapproché. Cette publication aurait été faite par MM. Charles d'HéricauU et Louis Moland, deux écrivains distingués et familiarisés depuis longtemps avec la littérature du moyen-âge; mais, par des considérations que je n'ai pas à approfondir, ce travail fut abandonné. » (A. Sorel, Notice sur Arnoul et Simon Gréban; Compiègne, 1875, p. 21.)

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