‹ Le mystère de la passion d'Arnould GrebanChapitre 25 sur 218 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

et l'espyra de rcsguillion

EoaTent a ta confusion.

790 Toy, femme, ne seras pas quitte

de ce mal : en peine et labite,

a griefe dueilz et gemissemens,

tu feras tes enfantemens,

et seras en obeyssance m dessoubz Tomme et soubz sa puissance,

a qui résister n*oseras.

Adam, pour ce qu'obey as

a ta femme et mengié du fruit,

contre ce que t'avoye instruit, soo la terre en ton oeuvre interdictc

deTendra brehaignc et mauldito :

quauquc d'elle recueilleras

a grand labeur et peine aras,

et ne t*advienra pour tous dons ^ sinon espines et chardons

aucuneffois pour ton salaire.

En la sueur de ton viaire

useras ton pain chacun jour,

jusqu'à temps que faces rctoui* SiO en la terre dont tu vssi :

car pouldre es, et en pouldre aussi

te Êiuldra retourner en fin.

ADAM

0 souverain perc divin,

haultaine lumière infaillible, Sid quel offence grïefve et terrible

ay je au joui* d'uy vera toi commis !

en quel danger me suis je mis !

a quel meschief suis je venu !

Doulx Dieu, que m'est il advenu ffiD d'esti-c allé contre ta deffence !

0 trcs noble estât d'innocence,

trésor hault et digne sur tous,

or es tu bien pardu pour nous.

Pardu, voire ! hclas! comment ?

8& sans fin, irréparablement

changé en dure doleance !

0 griefve desobeyssancc,

hydeux serpent, horrible monstre,

ta faulce trayson nous monstre S30 quel giand bien nous as cmpeschc ;

car par la sente de pecho

et les desei*s de dur remort

nous maines au teime de moi t

sortii' nostre honteux demaine.

Sï"' 0 très noble nature humaine,

pur ruisselet de deité.

miix)ir de pure eteniité,

a l'ymage de Dieu molee,

or es tu par moi violée ; 840 par moy ta noblesse est pardue.

0 pur effect de cause ardue,

fin or de reppose myniere,

ray clcr d'éternelle lumière,

fontaine yssant de roche vive, 8i5 rosete de beaulté navve

procédant de glorieux plains,

nature humaine, je te plains ;

au plaindre ay la bataille prbc

qui jamcs ne sera desprise, 850 tant que mort fine le pi*ocès.

EVE

Je suis cause de ccst excès, cher espoux, je le congnoy bien :

par moy est pardu nostre bien, par moy sommes mis en misère, K6 mes ou nom do Dieu, mon cher frerc, je vous supplie, moi indigne, que fragilité femenyno vous plaise \mg peu considérer.

ADAM

Ha ! seur, ne cessons de plourer 860 par tout le cours de nostre aage.

J'ay bien joué mou pai*80nnage; je puis bien &irei*ctoumee, car jamès si haulte journée ne fora deable que j'ay faict.

ADAM

865 Seur, j'ay pensé a nostre fait ; pour vostre grande renommée veil que soiez Eve nommée comme mère do toute gent.

EVE

Sii*e, le nom est bel et gent, 870 fondé sur propriété bonne.

DIEU LE PERE

Ces deux plicos icy vous donne ; prenez les tost, si les vestez et tantost d'icy vous partez :

c'est mon veil, plus n'y devez cstre.

ADAM

875 Hclas ! beau paradis terrestre, beau lieu de doulccur refulcy, te délaisserons nous ainsi par nostre coulpe orde et immonde ?

TSS Vfrt tHmnpM B. que la... maint saison. L" verj de A parait au^^i itllèrJ. — 701 ton B. — 812 tout ung B.

- 815 liorriblo B. — SU ignoranro B. — 832 grief B. -^ 833 maine au terme de la mort. B. — SW reppo;eo A. B.

- â6i] durant A. — 870 doulx lieu de beaulté B.— 878 trei iminoude A.

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