IV INTRODUCTION
du recteur ' . » Ce serment reproduisait à.peu près celui qu'il avait prêté pour la licence . « Le jour fixé, le récipiendaire se rendait en grande pompe aux écoles de sa nation, rue du Fouarre. Le maître sous lequel il avait été licencié prononçait une harangue et lui imposait le bonnet, insigne de la maîtrise... Dès lors il portait devant son nom le titre de magister^, »
Beaucoup de maîtres es arts passaient dans la Faculté de théologie et travaillaient pour obtenir les grades qu'elle conférait et qui donnaient accès à toutes sortes de positions honorables et lucratives. Ils aspiraient d*abord à être bacheliet^s. Le baccalauréat n'était pas un grade, mais un état^. Les bacheliers répondaient à peu près à ce qu'on appelle dans les universités allemandes les Privat-Docenten, si ce n'est qu'ils n'étaient pas docteurs : c'étaient de futurs professeurs qui faisaient leur apprentissage. Dans la Faculté de théologie on distinguait trois degrés dans cet apprentissage de la maîtrise qu'on appelait baccalauréat; à ces trois degrés correspondaient trois classes de bacheliers : les biblici ordinarii et cursores, les sententiarii et les formati *. Pour être admis au premier degré, c'est-à-dire pour être baccalmntis cursor comme Arnoul Greban, « il fallait avoir fait six ans d'études [dans la Faculté], être âgé d'au moins vingt-cinq ans, et n'être ni bâtard, ni contrefait... Vers 1452, les séculiers étaient généralement dispensés de la sixième année. Le candidat devait comparaître devant la Faculté, représentée au moins par sept maîtres, et justifier de son temps d'études par des certificats signés de ceux dont il avait suivi les leçons, ou par trois témoins qui garantissaient sa moralité et attestaient les six ans d'études. Après avoir vérifié si le candidat satisfaisait aux conditions exigées, la Faculté commettait quatre maîtres pour l'examiner sur les principes de la théologie. Sur le rapport des examinateurs, elle admettait le candidat à prêter serment et h commencer ses exercices de bachelier... Les bacheliers [non réguliers] n'étaient pas astreints [comme les ordinani qui appartenaient aux ordres mendiants] à lire la Bible de suite les jours ordinaires ; ils ne faisaient que des leçons extraordinaires, et ils étaient appelés, parce motif, baccalariicursores, ou simplement cursor es. » On peut voir dans le livre de M. Thurot le texte des obligations et des droits des cursores ; ils ouvraient leurs cours sous les auspices d'un maître qui en était plus ou moins responsable. Le patron qu'avait choisi Arnoul Greban était Thomas de Courcelles, picard de naissance, personnage fort important de Tépoque, curé de Saint-André des Arcs, pui:* doyen de Notre-Dame et proviseur de Sorbonne, gallican fougueux qui représenta au synode de Bourges les prétentions anti-papales du concile de Bàle et qui eut une grande part, en 1438, à la rédaction de la pragmatique sanction de Charles VII.
Ces documents nous fournissent quelques dates pour la vie de notre auteur ; ils nous apprennent en outre qu'il n'était ni bâtard, ni contrefait, mais ils laissent dans une obscurité singulière plusieurs points fort importants. En général, une fois qu'on
Th ot, p. 59-60. ~ « Thurot, p. GO. — - Thurot, p. iTt, - ■* Thurot, p. J38-130.
INTRODUCTION v
était baecalarius cu7*sor, pour peu qu'on eût du mérite, on ne s'arrêtait pas là : on devenait sentontiaritcs, puis formatus, on passait la licence, enfin on arrivait à la maîtrise après une quinzaine d'années d'études dans la seule Faculté de théologie. C'est la marche que nous voyons suivre à plus d'un des jeunes cursores reçus en même temps qu'Arnoul Greban. Pour lui, au contraire, il s'arrêta dans cette voie à la première étape : nous ne rencontrons plus son nom dans le registre du grand bedeau, qui va jusqu'en 1464 *.
Ce qui est plus étrange, c'est la même absence du nom d'Arnoul dans le registre Je la nation de France delà Faculté des arts. Nous possédons le registre des procureurs de cette nation pour les années 1444-1456*; ce registre contient les noms de tous ceux qui, dans cette période, ont déterminé et ont été reçus maîtres es arts ^, et nous y cherchons en vain celui qui nous intéresse. Il faut donc qu'Arnoul ait élé reçu maître avant 1444 ; si nous supposons qu'il le fut en 1443, cela fait entre sn graduation et son admission parmi les bacheliers en théologie un intervalle de treize ans qui est tout à fait inusité. Quoi qu'il en soit, maître es arts au plus tard eD 1443, âgé alors au moins de vingt-un ans^ il n'a pas dû naître après l'an 1420.
Mais où est- il né? Nos documents officiels ne nous en apprennent rien. Si nous possédions son inscription comme maître sur le registre de de la Faculté des arts, lious saurions à quoi nous en tenir. En effet, non-seulement cette Faculté était divisée en nations, mais sur le registre de la nation de France la patrie ou au moins le diocèse de chaque étudiant est indiqué. Ce secours nous manquant, nous en sommes réduits à des témoignages postérieurs, mais qui cependant auraient depuis longtemps suffi à produire l'évidence, si leur continuité ne se trouvait interrompue de la façon la plus singulière.
Pour tout le monde, jusqu'en 1584, Arnoul Greban et Simon, son frère et son collaborateur, sont des Manceaux. On a souvent cité, mais nous devons reproduire encore, l'épigramme de Marot à Salel, où il leur assigne leur patrie, ainsi qu'à d'autres poëtes alors célèbres :
De Jean de Meun s* enfle le cours de Loire ; En maistre Alain Normandie prend gloire, Et plainct encor mon arbre paternel ; Octavian rend Cognac éternel; De Moulinet, de Jean le Maire et Georges Getdx de Haynault chantent a pleines gorges; ViUon, Crétin, ont Paris décoré; Les deux Grebansont le Mans honoré;
* II De se trouve pas davantage dans la Uste des licenciés en théologie depuis 1373 qui est conservée à la Bibl. nat. dans un manuscrit moderne (anc. f. 5657 A).
* Ce registre est conservé à la Sorbonne, aux archives de TUniversité.
^ C'est là que M. Longnon a trouvé à trois reprises la mention de ce François de Montcorbier, qui devait ^re «bruire son bruit en llionneur » d*un autre nom, celui de Villon.
VI INTRODUGTrON
Nantes la brette en Mcschinot se baigne ; De Goquillart s*esjouyt la Champaigne :
Quercy, Salel, de toy se vantera Et, comme croy, de moy ne Be taira.*
Marot mérite évidemment toute créance; il avait été élevé dans le milieu poétique dont il rappelle ici les principales illustrations, et il n'avait aucune raison d'altérer un fait dont il*devait être sûr. C est ce que remarque judicieusement le bon CoUetet, en répondant à ceux qui pensaient que Marot, dans le vers consacré aux Greban, avait été induit en erreur par le fait qu'ils passèrent au Mans les dernières années de leur vie. « Le suffrage de Marot, » dit l'auteur des Vies des Poètes françoiSf « me semble d'autant plus recevable que dans cette épigramme, où il fait état de plusieurs poètes tant anciens que de son tems, il n'y en a pas un seul duquel il ne désigne précisément le lieu natal, et non pas le lieu de sa résidence ordinaire*. »
Le même CoUetet' aie premier cité un autre témoignage qui n'est pas moins décisif que celui de Marot. Au folio 103 des Œuvres poétiques de Jacques Peletier du ManSy imprimées à Paris, en 1547, par Michel Vascosan, on lit le dizain suivant :
J . D U n K I. L A Y A LA VILLE DU MANS
Gesse, le Mans, cesse do picndre gloire En tes Grebans, ces deux divins espritz : Trop plus sera durable la mémoire De ton renom, si tu donnes le prix A Peletier, sur tous le mieux appris A translater, et qui d^invention N*a pas acquis moindre perfection.
Mais si doutteuse en est la vérité Au temps présent, laissons raffection :
Je m* en rapporte û. la postérité.
* Œuvres de Clément Marot, vallet do .chambre du roy. Lyon, Scheuring, in-8% t. I (1F69), p. 536-537.
^ Ce passage se Ht dans l'abrégë de la vie des Greban^ conservé à, la Bibl. nat. dans un manuscrit (fr. nouv. acq. 3073) sur lequel nous renvoyons à la notice de L. Pannier dans la Revue critique (1810-71. t. II, p. 326 ss).
^ Les deux premiers vers él aient cités dans la vie complète, aujoiu'd'hu' iTÙlée. Ils furent relevés par M. Haurèau, qui les imprima dans la nouveUe édition de son Histoire littcè^aire du Maine (t. III, p. 224), en déclarant d ailleurs que du Bellay s'était trompé, et en refus mt d'admetbic les Grehan parmi les Manceaux. M. A. Sorel, dans sa notice déjà citée, reproduisit ces deux vers en ies appréciant de même. Mais ou se trouvaient ces d;-»ux vers? Aucun des deux écrivains ne le disait. Nos recherches dans les «liverses éditions de Joachim du Belliy furent absolument vaines; plusieurs connaisseurs de la poésie du seizième siècle, interro.,'é« par nous, M. Marty-Laveaux entre autres, décl U'érent ne les avoir jamais vus. Nous croyions à une erreur de Colletet, d'autant plus quM nous semblait étrange de voir les Greban traités de a divins esprits » parle grand contempteur de la poésie du quinzième siècle; nous insérâmes, en désespoir de cause, une demanJe à ce sujet dans VInterm<!diaire des 'hcrcheurs et curieux {iO avril 1876). Le numéro suivant nous apportait la réponse, due à M. Prosper Blanchemain, auquel nous offrons tous nos remerciements (voy. V Intermédiaire, 1876, col/ 248).
INTRODUCTION vu
Ainsi Joachim du Bellay, s'adressant à la ville du Mans, l'invite à renoncer à se larguer, pour toute gloire littéraire, de l'honneur d'avoir produit les Greban, et l'engage à prendre plutôt Jacques Peletier, son ami, pour champion. Il est clair qu'il ne pourait s'exprimer ainsi que si les Greban étaient Manceaux et si leur ville natale était de longue date accoutumée à se glorifier d'eux.
C'est d'ailleurs au Mans qu'ils finirent leurs jours comme ils les y avaient commencés. Arnoul Greban y fut fait chanoine de l'église cathédrale de Saint-Julien ^ Quant à Simon, nous le voyons figurer, en 1468, parmi les officiers du comte Charles (lu Maine* ; un témoignage autorisé nous dit même qu'il fut secrétaire de ce prince ^; un registre de l'église Saint-Julien nous apprend qu'il occupait en 1471-1472 une maison au Mans, où il était, comme son frère, chanoine de cette église Saint Juli^n^ : nous croirions volontiers, en l'absence, sur ce registre, de toute mention d'Arnoul, que Simon fut nommé chanoine en remplacement de son frère, et que celui -ci, par conséquent, était mort en 1471. Quand Simon Greban mourut, on lui éleva dans la cathédrale, devant l'autel de saint Michel, un tombeau qui fut détruit avec bien d'autres, en 1562, par les Huguenots ^
Voici donc les points principaux de la vie d'Arnoul, tels que nous pouvons les assurer. 11 naquit au Mans vers 1420, vint étudier à Paris et se fit recevoir maître es arts avant 1444. Avant 1452, il avait composé « a larequeste d'aulcuns de Paris, » comme dit notre manuscrit A, et fait représenter avec succès le Mystère de la Passion, Il fit sans doute vers le même temps des poésies dont une seulement nous est parvenue en partie, dont une autre est simplement mentionnée; nous en reparlerons tout à l'heure. Il est probable que son goût pour la poésie et spécialement pour la composition de mystères l'empêcha de se livrer avec assiduité à ses études théologi ques. Nous ne pensons pas qu'il ait jamais mené la vie désordonnée de certains écoliers d'alors, celle dont un autre maître es arts, François de Montcorbier, dit Villon, traçait, quelques années plus tard, le saisissant tableau; nous ne croyons pas que, pour composer des vers et des mystères, il ait jamais été confondu parmi ces « enfants de mauvaise vie, » avec lesquels il devait être souvent en contact, et auxquels le p)ete parisien adresse un de ses plus mordants couplets :
' C'est ce que dit Lacroix du Maine, qui, sur ce poiot, est très-digne de foi (voy. ci-dessous, p. ix)
• État de la tnaison de Charles d*Af\jou, comte du Maine, en 1468 (Bib!. Nat./ Mss. fr. 78.">5, anc. wpp. fr. 2340, p. 708; cité par Vallet de Viriville dans la Biographie générale^ et par M. Sorel, p. 10) : MUret officiers..» M. Simon Greben a Ix'i».
^ Voy. ci-dessous, p. ix, la notice de Lacroix du Mahir.
^ Un lisait au f"^ 35 d'^s Comptes de Vargenicriv de l église Saint-Julien du Mans (année 1471-147S) ^ l'article des maisons canoniales : « Maistre Si'tnon Greban^ pour la maison dans laquelle il '•oneureypat/e X livres, » Ces comptes n'existent plus aujourd'hui ; lextrait qu'on vient de lire a été pris au iTiii' siècle par un érudit maflceau, l'abbé Belin de Berre. Nous en devons la connaissance à s'jbli^eante érudition de M. H, Chardon, dont les travaux sur l'histoire et Thisloire littéraire du Mans sont si jQttement estimés.
^Ges deux derniers faits sont attestés par Lacroix du Maine; dom Piolin a transformé la tombe en * tin beau moaument. »
viii INTRODUCTIOtl
Ryme, raille, cymballe, luttes Gomme fols faintis eshontez, Farce, broille^ joue des fiustes; Fais, es villes et es citez, Fainctes, jeux et moralitez ; Gaigne au berlan, au glic, aux quilles : Ou s*en va tout ? Or escoutez :
Tout aux tavernes et aux filles ' .
L'ensemble de son œuvre respire pour cela trop de gravité, et d'ailleurs ces a enfants perdus » ne retrouvaient guère la bonne voie, ne devenaient pas bacheliers en théologie et ne finissaient pas par un de ces bons canonicats qu'ont tant convoités les poëtes besoigneux. Cependant, si nous examinons la partie comique et familière du Mystère de la Passion, nous voyons que Fauteur n était pas'non plus un personnage trop solennel, et qu'il connaissait à fond les mœurs et la langue de la rue, des tavernes, des brelans et des. prisons. N'oublions pas aussi que nous avons d'Arnoul une « complainte d'amour » dont nous parlerons plus tard, et qui mêle à des réserves au sujet du Paradis une requête fort profane. Considérons -le donc comme ayant vécu assez librement 4 cette époque, ce qui n'avait rien d'exceptionnel pour un maître es arts, ni même pour un futur théologien. Ce qui était plus rare alors c'était de gagner de l'argent avec ses ouvrages autrement que par la faveur des grands, et Arnoul nous semble être un des premiers parmi nos poëtes qui aient vécu du théâtre. Il est probable que ces Parisiens qui lui avaient demandé de composer son grand mystère lui payèrent bien un si long travail; mais ce qui dut le surprendre agréablement, ce fut la visite de Guillaume de Bonœuil, lui offrant, au nom de la ville d'AbbeviUe, dix écus d'or pour une copie de son œuvre. 11 est à croire que la ville d'Abbeville ne fut pas la seule à en agir ainsi, et qu'Arnoul tira plus d'un bel écu de*son ouvrage. Ce fut sans doute ce qui l'engagea à continuer dans cette voie, et à composer, cette fois en collaboration avec son frère cadet, Simon, le mystère colossal des Actes des Apôtres, qui représente le plus grand effort de la dramaturgie catholique et qui se maintint en faveur jusqu'à la prohibition des mystères en 1548. Nous n'avons aucun renseignement sur la date où fut écrit cet ouvrage *, mais nous penchons à le placer dans cette période de la vie d'Arnoul, certainement après le Mystère de la Passion et vraisemblablement avant son baccalauréat en théologie.
11 semble en effet qu'il ait reconnu que la profession de faiseur de mystères ne pouvait assurer suffisamment sa vie et qu'il se soit décidé à reprendre sérieusement ses études thèologiques. Nous conclurions volontiers de la rubrique du manuscrit
1 Œuvres de Villon, p. p. Jannet, Paris, 1867, p. 87.
t Les frères Parfait (Ilist. du théâtre françois, II, 377) disant qu'il fut écrit en 1450; mais nous croyons cette date, que dVilieura nous acceplerions volontiers'^ donnée au hasard. '
INTRODUCTION ix
A que le prologue du mystère fut ajouté par lui à des exemplaires exécutés après 1450; il voulait faire profiter son œuvre de son instruction plus approfondie et en augmenter la valeur religieuse : cette partie d'ailleurs était destinée à la lecture et non à la représentation. C*est sans doute à cette époque qu*il fut nommé chanoine au Mans et qu'il abandonna pour toujours la carrière universitaire dans laquelle il était rentré. Si la conjecture que nous avons proposée ci-dessus est fondée, il mourut avant 1471, n'ayant guère, selon toute vraisemblance, plus d'une cinquantaine d'années.
Là se bornerait le peu que nous pouvons dire sur la biographie d'Arnoul Greban, si nous n'étions obligés de réfuter une erreur, répétée sans contradiction depuis près de deux siècles, et qui enlèverait les deux Greban au Maine pour en faire des natifs de Compiègne. Chose étrange! c'est un Manceau, Lacroix du Maine, qui, sous l'empire d'une confusion bizarre, est venu contredire la tradition universellement reçue qui lui donnait pour compatriotes les auteurs des deux plus grands drames religieux du moyen-âge.
Dans sa Bibliothèque française, publiée en 1584, Lacroix du Maine joint au nom de Simon Greban ^ la notice suivante : « Simon Greban, secrétaire de Monsieur le Conte du Maine Charles d'Anjou*, natif de Compiègne en Picardie, qui fut cause qu'il s'appella Simon de Compiègne, etc^., frère d'Arnould Greban, chanoine en l'Eglise du Mans, comme nous avons dit cy dessus ^.
a II a continué le livre des Actes des Aposlres, commencé par son frère Arnoul. . . lia escrit plusieurs élégies, complaintes et deplorations... epitaphes sur la mort du rov de France Charles 7... la sphère du Monde, qu'il appelle autrement les vertus de l'Espère du monde, imprimée avec un vieil calendier, etc.
« lia traduit, parle commandement du Roy de France Philippes le Bel, un livre intitulé le Cœur de philosophie'^ imprimé à Paris par Philippes le Noir l'an 1520, mais je ne sçay s'il y auroit point faulte au livre imprimé. Car s'il estoit ainsi
* La Doiice sur Aruoul Greban (p. 24) se borne à dire : « Natif de Compiègne en Picardie, chanoine du Mani l'an 1450 ou enviroa, frère de Symon Greban, duquel noua parlerons ci-après. » Lacroix du Maine ne parle que des Actes des Apôtres et ignore absolument la Passion.
^ Coiletet contredît cette assertion, en croyant plutôt la préface des Actes composée par le libraire AlajAi eo 1»{6, qui Tappelle docteur en théologie. Mais Alabat ne savait rien des Greban et en parle à Taveutore. Le témoignage de Lacroix du Moine est confirmé par un document officiel, et Simon Greban ne Unire sur aucune des listes de maîtres ou de licenciés en théologie qui nous sont parvenus. II était seuleloeat maître es arts, comme Tindique la notice imprimée ci-dessus, p. vu, note 4.
^ Qae peut vouloir dire ce singulier etc. ?
* Voy. ei-deesus, note 1.
^ Lacroix du Maine entasse ici confusion sur confusion. V Espère du Monde, qu*ii donne comme un oufni^e distinct du Cuer de Philosophie^ n*est qu'une partie de ce livre, la seule, à vrai dire, où il soit t^rié de Simon de Compiègne. M. Ghassang (Nouvelle Biographie générale) a enchéri sur Lacroix : il attnboe à Simon Greban (confondu, comme dans Lacroix, avec Simon de Compiègne) « deux poèmes inti- ^livs, Tun, la Création du Monde^ Tautre la Sphère du Monde ou les natures (sic) de Vespèce (sic) (i« ifondtf, et une traduction d*uu ouvrage latin, le Cœur de Philosophie. » Cet article est d'ailleurs i^pli d'inexactitudes.