PELL*ON
Tu es rpy de tout le monde 5595 et. tel te croyons;
tu es roy de tout le monde, uostre espérance s*i fonde
ou que nous soyons ; combien que mal corresponde 5600 la place ville et immonde en quoy te voyons, nous magnifions ton los en simple faconde, et nous confions 5605 qu'en toy toute grâce habonde, et tel te croyons.
RIFFLART
G'haulte nativité, o très noble enffant, 0 haulte nativité 5010 ou tu nous as invité,
vray Dieu triomphant ; quand je te voy alité, -ea si grand humilité le cueur si me fent ; 50i5 mon corps croît et sent que tu es vraye deité
qui pour nous descent , prendre nostre humanité, o très noble enffant!
Jcy prent Nostre Lame l'enfant et s'assiet,puis le met mr son genoul, et les pastours Vado* rent, chacun faisant son présent,
YSAMBERT
5080 Chacun de nous te fait présent, * doulz et piteux enffançonnet ; reçoy les en gré pur et net, car nulz presens ailleurs n'avons.
ALORIS
Dame, nous vous remercions 56S5 de vostre doulceur et clémence que nous avons en la présence de vostre filz que tant amez.
PBLLION
Nous nous en tendrons bien eurés tant qu'en ce monde pourrons vivre.
^ NOSTRE DAMB
5630 Frères, je pry Dieu qu'il vous livre 1^ pariaict de vostre désir ; je sçay que le divin plaisir le vous a voulu reveller.
MISTERE DE LA PASSION
par quoy ne puis ne veil eeller 5035 l'enffant oultre sa volenté.
RIFFLART
0 filz de grant autorité, chef de tous les mondains royalmes, en ton amour tant fort m'enflammes, que me fait mal de toy laisser.
YSAMBBRT
5640 Du retour nous convient penser, s'yrons a nos trop|)eaux entendi*e.
Adieu mon enffant doux et tendre.
ALORIS
Adieu enffant de noble gendi*e.
PBLLION
Adieu filz de nobilité.
RIFFLART
5645 Adieu fleur pour bonne odeur rendre.
YSAMBBRT
Adieu sens pour tout bien comprendre.
PBLUON
Adieu trésor de deité.
ALORIS
Chef de foy.
RIFFLART
Feu de charité.
YSAMBBRT
I^i d'honneur.
V PBLLION
Bien d'utilité.
5650 Adieu, plus ne pouons attendre. -
ALORIS
Adieu très humble humanité.
RIFFLART
Adieu haulte divinité ;
nous t'adozx>ns au congé prendre.
JOSBPH ' ,
Gelluy que cueur ne peust comprendre, 5655 enffans, soit a vostre convoy ! ^
Jcy s'en retournent les bergiers.
NOBTRB DAMB
0 mon cher filz, quand je te vcw, le cueur me sautelle de joye, ne jamès ne me saouleroye de ta tendre bouche baisier ;
5660 pour l'eure ne te puis aisier,
ce lieu nous est trop mal' propice, dont il me poise ; or te souffioe la substance de ma mamelle, car tant qu'il, y aist goutte en elle,
5665 reflùsee ne te sera.
5600 corrodde B. Greeur de la terra ronde A. — 5603 en] et B. — 50fô grâce matique B.— 5C07-66i9 manqw^ B. C. — 5680 Ces poures preaanft te faisons B. G. — 56SS car ce nest B. G. — 56S3 Fors pourtant que meilleurs auons B. G. — 5680 qui A. Amys... deliure G. •» 5635 contre B. — 5637 mondains manqi^ C. — 56S9 Quil B. Qui C. — 564»- 5668 ne 9ont pas en dialogue ausêi coupé dant A. — 564S-5649 Chief.., chief B. C. — 5653 te A. — 5^7 sault C. - 5662 or manque B. G. — 5664 Que tant quil ait B. — 5665 Elle ne te C.
PREMIERE JOURNEE
JOBBPB
Se Dieu plaist, Toa «a pensera, tellement ^*il n*«ra deffaulte.
ALORIS
Chose avons veue noble et haulte ; la puissance Dieu soit louée,
5070 hoDoi'ee et magnifiée,
quand par les glorieux messages il nous a voulu faire sages, premiers sur toute nacion, de n noble incaruadon ;
j6T5 il n'est chose plus authentique.
YSAMBERT
La monidon angelique
avons trouvé notoire et vravc.
OARNIXR, ein^ieme bergier.
Gomment demainent chère gaye ces gens qui cy viennent de tire ?
5fl80 Gombault, et regardez, beau sire, nng peu les manières quHlz fout.
GOMBAULT, sixîemc bergier.
Certes je ne sçay qui ilz sont, mes ilz retournent moult joyeulx et regardent tant vers les cieulx
5665 que c^est une grande merveille.
Qui sont ilz?
OABNIKR
Je m'en esmerveille, il iault que nous les regardons ; ^ seroit ce point nos compaignons qui retournassent de Judée ?
GOMBAULT
jfiso Leur manière bien regardée, je juge que ce sont ilz, moy.
OARMIER
Ce sont ilz, je les recongnoy ; veez la Pellion et Rifflart, Aloris et damp Ysambart, '-^ an moins leurs houletes sont telles.
GOMBAULT
Ça, gentils bergers, des nouvelles, chaudement, tandis qu'elles durent.
PXLLION
Ijes plus haultes qui oncques furent, et n'y mettez ja souppeçons ; 5700 car |)our certain vous anonçons la nativité du seigneur de tout le monde et vray saulveur, qui pour nous saulver est venu.
* GARNIBR
Est il vray ?
RIFFLART
Nous l'avons tenu 5705 et adoré en sa personne, car noetre credence s'adonne qu'il est le vi*ay Dieu qui tout fit.
GOMBAULT
Il fault donc dire que c'est Grist, promis des prophètes haultaiuR?
ALORIS
5710 C'est il, nous en sonmnes certains, que Dieu le père a envoyé ; les angles l'ont bien tesmoignié qui le misterc nous noncerent; en Bethleen nous envolèrent
5715 et sur leur mot sommes partis, et nous, venus en ces partis, avons trouvé le roy de gloire né en ung povixî diversoire, en la cresche des beufz gisant
57Î0 et la mère a genoulx devant l'adorant de cueur piteable.