ACB0PA.RT
Je les tue plus dru que paille :
j*en ay depesché puis ung moi»
plus* de deux mille.
NARINART
Et moy de trois», voire de quatre, a mon cuidior.
RBCHI6NÉ
TSûO Vous appliquez bien a plaidier,
mes quoy ? c'est vostre entente toute.
Pourquoy, sire?
RBGHIGNé
Voyez vous goûte ?
vrez la ung enffant qu'on promaine.
ACHOPART
S'entrera en maie sepmaine, :>û5 se j'y puis venir plus en haste.
RBCUIONÉ
Or regarde ung tour de ma paste, Narinart.
NARINART
Bee, tu y metz trop.
RBCBIQNâ
Le voyla tranché tout d'ung cop
7783 a aller C. — T785 ne champs ne B. — T789 fault manque B. manque C. — 7â07 be B. — 7809 bien fait C. — 7816 esse B. C. tfU9« compter B. — ''SSS vostre chier fila 6.
JOURNEE 101
ou deux i>ai*s ; n'est ce pas ))eau fait ?
MBOrSA
7810 Ha! faulx meurtriers, qu'avez vous fait? occis avez villainemcnt le filz Herode proprement :
quel horreur vous est advenu !
Sy ne fust pas si près venu !
7815 les deables l'ont bien advové.
ARPHAZAG
Encore est il bien employé ; s'il nous eust adverty du cas !
et aussi il n'appartient pas de commettre tel tirannyc.
HBRMOGBNB»
78S0 S'il en compère la folie
et le boit tel qu'il Ta brassé, c'est bien pris.
ACHOPART
C'est très bien âircé.
Sus ! allons aux aultres pliLs tost.
MEDUSA
Compter luy vois de mot a mot, 7825 si luy feray bien vostre saulce.
^ NARINART
Adieu, Belot tire ta chaulse, ja tost le nous feras bien braire.
MEDUSA
Sire roy, ung très grant contraire nous est advenu de nouvel, et est le faict tant criminel qu'a i)eu se je l'ose toucher.
HERODB
Comment va ?
MEDUSA
Mal. Vostre filz cher que vous m'avez baillé en garde est occis, il n'est qui l'en garde, voyans plusieura hommes et femmes.
HERODE
Et qui a ce fait ?
MEDUSA
Vos gens mesmes entre les aultres l'ont destruit.
ADRACUS
Quant a moy je suis tout instruit qu'ilz ne le congnoissoient mye.
— 7802 sire manque B. — 7805 Se icy B. — 7806 ma ^ 7884 a mort B. — 78S6 belet G. ^ 7831 le vous
MISTERE DE LA PASSION
HERODB
7840 Ha ! fortune, faulce ennemye, • foitune, beste déguisée
et de tout mal faire advisee,
c'est les tours que tu sces jouer :
mon dueil cuides faire muer ; 7845 mes encore ce rain de rage
n'eschappera ja mon courage
pour ceste persecucion
ne la terrible occision
qui de par nous est commancoe.
MEDUSA
7850 II me sou£fit d'estre acquitee, sire : je me deppars .atant.
HERMOGENES
Or nous en allons tout bâtant
par devers le palais royal, car le command especial 7855 du roy est bien exécuté.
ARPHAZAG
Je ne sçay ville ne cité par tout Bethleen contenue qui n'aist ploré nostre venue :
oncques ne fut tel desconffoil.
HERMOGENES
7860 Noble roy* redoublé et fort, vostre command est accomply et est bien le peuple assimply depuis que d*icy nous partîmes.
HERODE
Avez vous fait comme nous disnies ?
7866 n'y est il enfiant demouré ?
NARINART
Tout est mort.
HERODE
C'est bien labouré.
N'y est il demeuré enifant soubz l'aage de deux ans estant, qui u'aist passé par la fenestre ?
AORIPART
7870 'Tout est rifflé.
HERODE
C'est dist de maistre ; nous sommes joyeux de l'exploit autant que de chose qui soit, sinon qu'ung seul point nous remort
de nostre filz qui en est mort 7875 par le moyen d'inadvertance qui vient de nostre négligence, sans voas le méfiait imputer :
mes encor voulons nous porter tout ce courroux padamment, 7880 mes que nous sachons fermement que ce Cristus, nostre adversaira, il soit deffîné au parfaire et exillié par ce point cy.
ADRACUS
11 £ault dire qu'il est ainsi, 7885 car puisque tous les enfians masles y ont eu estraines si malles qu'ilz sont tous par mort occupé, je dis qu'il n'est pas reschapé, se magique n'y a eu coui^s.
HERODB
7800 Seigneurs, en qui gist le recours de nostre plainiere santé, très fort nous sentons molesté et de maladies diverses les plus dures et plus perverses
7805 qu'oncques eust corps de créature.
ARPHAZAG
Dont procède ceste adventure ?
sire, la sentez vous pieça ?
HERODE
Arphazac, el nous commença des ce que nos trois filz tuasmcs,
7900 pour ce que tendans les trouvasmes a nous vouloir suppediter ; puis avons ouy raconter que le quatrième d'habondance fut ainsi murtri en enffance,
7905 qui beaucop nos dueilz rengregea.
HERMOGENES
Ne vous en desconffortez ja, en prenant courroux, sire rois ; encor vous en demeure il trois, hardis princes et de grant famé, 7910 pour bien succéder au royalme que paisiblement vous taiez.
HERODE
Vous dittes vray, Herraogenés, mes les deux qui nous ont esté tousjours en contrariété 7915 ja ne vendront a nostre règne :
nous le mettons es mains du jesne.
7840 forte ennemye B. G. — 7844 Mon veut C. — 7846 Ne changera ja C. — 7849 Qui par nous est encommencee B. — 7878 seul mot G. — 7877 Sauex vous le B. — 7881 ce manque C. — 7886 Y manque A. — 7S98 il nous B. C. — 79u4 tua A. — 7905 rencharga A. — 7907 Ne prenex B. G. -*7909 portans heaulme A. — 7916 Laatre tendra tiMit !• royaulme B. Dittez donc au tiers quil le prengne G.
PREMIERE JOURNEE
voii'e, mes par condiciou que jamès par pi*esumpcion ne Rc face couronner d*homme
Tfài se n'est par Tempereur de Rom me qui est nostre souverain chef.
Karo ! seigneurs, com grant meschef et dur tourment intollerable nous tient, et n*est ne Dieu ne deablo
:9ri qui nous laisse prendre repos I
ARPUAZAC
Couchez vous.
C'est bien a propos ; je ne sçay qui le couchera, mes jamès n'en relievera que je n'aye aumusse ou chape.
ASTAROTU
''M G&rde bien, Sathan, qu'il n'eschape, ce faulx oppresseur d'innocens.
HERODE
Haro ! quel destresse je sens, haro ! quelz tourmens importables : je vois plus de cent mille deables, T^' les plus hideux qu'on sceut comprendre, qui n'attendent que pour moy prendre et moy entraîner avec eulx.
SALOMË, seur Herode, Mon frère, soiez courageux, et reprenez ung peu de cueur.
HERODE
"v^o Ha ! Salomee, chère seur, je vis et la mort m'est devant, je meurs et je suis tout vivant, j*enrage et je suis tout sensible, et cuide qu'il n'est point possible
^iû qu'oncque homme fust ainsi pugny.
ADRAGUS
N'approchez point si près de luy, dame, pour le mal sentcment \ il put le plas horriblement, qu'il n'est huj' riens plus corruptif ; "toj les vers le manguent tout vif
et lui saillent par les conduis.
HBRODB
Or sçay je bien que les Juif/ de ma mort feront feste grande, et pour tant, seur, je vous commande
7or)5 que tous les nobles de grant los, qui sont en nos prisons enclos, faciez tuer dessuz ma lame après que j'aray i-endu l'ame; par ce point les pourrez contraindre
7960 d'y venir pour ma mort complaindre et solennizer mon trespas.
SALOMé
Mon frère, je n'en fauldray pas ; quoique la chose est rude et fiere fait sera : faictes bonne chiere 7965 et vous excitez de ce somme.
HERODE
Or nous donnez donc une pomme et ung Cousteau pour la peler.
SALOMÉ
Vous Tarez sans plus appeler :
tenez la, veez la toute preste.
HERODE
7970 Haro mes pies, haro ma teste, despite et furieuse rage !
je n'en puis plus se je n'enrage :
voicy nm destresse ou je rentre.
Et meschant, fiers dedans ton ventre 7975 ce Cousteau sans plus endurer.
HERODE
Deables, je ne puis plus durer, il fault qu'a vous tous obeyce.
Ha ! mort, haste toy, faulce lice, voyla fait pour toy avancer :
7980 do cueur, de corps et de penser a tous les deables me conunand !
Icy Herode se tue d*ung cousteau.
Sus ! troussons nous deux saquemeut ce faulx meurtrier désespéré.
Son logis est ja tout paré :
7985 portons l'en enffor, droite voye.
T0% Haro que je sens grant A. — 7984 et si nest dieu B. C. — 79S0 au B. C. — 792S il non leuera B. G. — 7931 BtirtrerC. — 79418 si suis B. C. — 7949 homs plus B. — 7950 mangeussent A. — 7ÎK)0-1 attribués à Hermogenea B. C. - 7^2 Ma aenr je acay bien A. — 7953 joye B. — 7954 seur manque G. — 7957 par du remort A. — 7958 Sur mon *jw.h^n après ma mort A. — 7959 vous pourres A. — 7960 Le» Juifs de venir ma mort plaindre A. — 7971 effrénée B. i — 79T4 en ton C. — 7975 sans tant C. — 7979 moy auancer G.
MÏSTERE DE LA PASSION
Lucifer, regardez quel proye nous admenons cy au chapitre.
C'est Herode, vostre menistre, qui vient pour quérir sou loyer.
LUCIFER
7990 Sy le fault très bien festoier :
il vient de loing, et pour salu estrenez Ten plonc bien boulu, conffit en métal tout ardant :
nos lois a esté bien gardant,
7995 c'est raison qu'il aist ses souldees. Icy font les deables tempeste.
chose qui nous soit pourfitable.
Icy retient Joseph, Nosire Dame et l'enfant sur son asne comme devant.
Selonc les saisons ordonnées pour Jhesus nostre filz régner, temps est qu'il doy ve retourner d'Egipte ou il fiiit résidence 8000 et sa mère : par ordonnance, Gabriel, allez le noncer a Joseph qu'il veille penser de faire en Judée retour.
GABRIEL
Je le feray par bomie amour, 8005 Père, conunc faire le doy.
[Pose.]
Joseph, mon amy, lieve toy, prens l'enffant Jhesus et sa mero, laisse ce pays de misère et va en la terre Israël, 8010 car mort est le tirant cruel
qui l'enffant queroit a desti*uire.
JOSEPH
Marie, il plaist Dieu, nostre sire, qu'en nostre pays retournons.
Sire, puisqu'il le vous plest dire, 8015 a vostre veil nous en tournoas ; Puisque le vouloir Dieu sçavons tenons son conseil vertuable.
JOSEPH
Je luy requier que nous trouvons
ADRACUS
SOâO Oncques mort si très redoubtable n'endura corps de créature.
HERMOGENES
Il fault prendre en gré l'aventure :
quand a moy, ma sentence assigne que c'est pugnidon divine SÛ25 qui l'a rabatu par tel seiTe.
ARPHAZAC
N'y a que de le mettre en terre et faire les solennités qu'il appartient.
SALOMÉ
Ne vous doubtez, que j'ay le cueui' de deuil party SÛ30 de veoir mon frère en ce jiaity : mes je ne le puis admender.
[Pose.]
JOSEPH
Pour la loy tenir et garder a laquelle sommes tenus, puisque nous sommes revenus
8035 en Nazareth nostre cité pour la grande solennité de Pasques haultain et célèbre, qu*eu Jherusalem se célèbre a cestuy jour prochainement,
8040 aller nous y fault pi'omptemeut :
admenez Jhesus avec vous.
. Jhesus, vendrez vous avec nous, mon cher et gracieux euffaut ?
le chemin est long et pesant, 3045 si crains que n'y eussiez grevance.
JHESUS, enffant, G hère raere, n'ayez doubtance ; au vouloir mon père divin, j'accompliray bien le chemin selonc ma possibilité,
7990 UDg pou B. C. —7998 Getlez len beau plonc boulu A. — 7997 garder C. - 7998 doyuent A. — 8000 par asxUtance B. C. — 8001 ladnoncer B. — 8009 irael A. diarael C. — 8014-15 manquent C. — b015 gre eu retouroons B. — 80^ Qail y C. —8037 haulte C. — 8041 Et mener J. Aueo noua B. a — 8043 très doulx G.
PREMIERE JOURNEE
Nâ) car a telle solennité
devoni« Dieu louer et servir.
JOSEPH
Je Toy tous nos parents venir
qui nous viennent quérir ensemble.
NOSTRS DAME
Mes deux seuils y sont, co me semble, seô et plusieurs de nostre lignage qui nous tendront eu ce voiage compaignie jusqu'au retour.
JOSEPH
Dieu soit loué !
Bon an, bon jour et le désir de vostre cueur ëij6û vous ottroit Dieu, ma doulcc seur, et au doidx Jhesus enccmont.
MARIE JAGORY
Honneur et tout avancement doint Dieu a toute l'assemblée!
JOSEPH
Kt vous accroisse puissamment S)65 honneur et tout avancement!
ZBBEDEUS
Couidne, au très hault firmament puissiez vous estre transportée avec ceste belle portée dont vous feistes Tengendrement !
AQUILLAINE
.xfTO Honneur et tout avancement doint Dieu a toute rassemblée!
cai' je croy qu'elle est assemblée pour aourer Dieu reveramment.
ESDRAS
Or nous partons ligierement, vjT5 chers parens ; il est uecessaii^e : nous avons grant chemin a faire, et pourtant partir nous fauldra.
JOSEPH
Nous sommes pretz quand on vouldra :
départons nous, c'est trop songé ; ïmn) veez cy mon sachet tout chargé de {K)nmiettes et de bon pain, affin que se Jhesus a fain, il soit secoum sur la vove.
ELIAGHIN
Mes dames, cheminez eu voye, ^«ô tirez vous a pari, s'il vous plest ;
vous s^avez que la coutume est, et la loy îaàt enseignement, que pour aller plus chastement a ceste souveraine feste sogo et mener vie. plus honneste, les femmes par elles s'en vont, et les honunes d'aultre part sont sans aller en leur compaignie.
JOSEPH
Ma très chère dame Marie, Si)95 puisque sans vous cheminer doy, envoyrez vous Jhesus o moy ?
si le vous plaist a me lesser, j'en cuide si ti*es bien penser que de rien deffaulte n'ara.
Si 00 Cher sire, ainsi qu'il vous plaira ; je sçay que bien en pensei^z et que bien penser en sçarez, mes pour ce que sans luy n'ay bien et tout bien ay quand je le tien
8105 et liesse paifaictc et plaine, je vous supply que je le maine ceste fois : j'en seray plus aise.
JOSEPH
Ha ! Marie, ja Dieu ne plaise que j'empeschasse vostre vueil :
SHO tout ce que vous voulez je veil; c'est raison qu'a vous me modciv».
Adieu, cher filz.
Adieu, mon père.
JOSEPH
Euvis vous laisse, n'en doubtez, mes avant que vous départez, $115 je vous donray de mes chosettes, d^ mes pommes, de mes noisetes :
tene^, veez la pour vous desduiiT.
Mon cher père. Dieu vous le mire :
il soufïit bien, j'en ay assés.
Icy le baise et se part et va avecques les hommes et Nostre Dame avecques les femmes, comme dit est.
ESDRAS
^\20 Joseph, se ne vous avancez,
nous pourrions demourer derrière :
ne voyez vous pas la manière de nos gens qui s'en vont devant ?
SJ5I quérir C. — SCKSg requérir C. — 8060 dieu manqua A. — 8066 ou B. C. — S067 vous manr/ue B. — 8077 Si ne ^uons qoil adnenrad B. C. — 80:9 a labreirie B. C. — 8081 de pommes et de très bon A. — 8084 cheminons B. — v^ Emmeneray je C. — 8098 pense B. — 8106 prie C. — 8107 sen B. — 8111 Et la cause bien considère C. — 8113 i^i-a enuis vons laiz C. «^ 8114 Mais puisque vous vous départez C.
MISTRRE DE LA PASSION
JOSBPH
Hz ne sont pas si très avant 8125 que brief ne les aconsuy vons.
ERDRAS^
Dieu doint que la voye achevons au bien de nostre conscience !
ZOROBABBL
Seigneui*s de parfonde science ou tout le i)euple prent exemple.
8130 reti'ayons nous devers lo ten)))lc a ces haulx jours.
GAMALIEL
Il le convient, car j'entens que lo peuple y vient sov sanctifier do tous lieux.
ROBOAN
Nos offï*andcs en vauldront mieulx, 8135 se lo peuple y vient a grans sources.