MANA8SES
Voire, et par conséquent nos bources, car les oblacions qui viennent pour une part nous appartiennent :
s'en arons plus grant porcion.
8140 Pai*tons nous sans dilacion ?
il n*est pas saison de prescher, bien arons a nous empescher avant que tout soit labouré.
NACUOR
Voire, encore considéré 8145 que la feste huit jours s'extend.
ZOROBABBL
Allons, le peuple nous attend, la puissance Dieu nous convoyé !
Iqf s'en vont au temple et seoir en haultes
chaires.
MARIE JACOBY
Or avons tant allé par voye , entre nous, povres fenimeletes, SI 50 et si bien cheminé seuletes, que nous arrivons au saint lieu on la noble cité de Dieu :
loué soit le hault triomphant !
Helas ! Jhesus, mon cher enfOeuit, SI 55 grand pitié de vous me remembre : sur tout vostre corps n'y a membre qui ne soit mat et plain de lasse.
Chère mère, sauf vostre grace, je me sens assés esveillié, 8iflû et ne suis pas tant traveillié que je me rende desconffîs de cheminer.
NOSTRE DABIB
0 très doulx filz, s'il plest Dieu, j'ay bien en proiX)s que vous prenez vostre repos, ^105 ains que jamès cheminons |)as.
MARIE SALOMÉ
0 mes seurs, ne voyez vous pas ce beau temple ? quel ediffice, quel chef d'euvre, quel artiffice !
qui sçaroit plus beau lieu monstrcr?
AQUILLAINE
8170 Or je rcquicr Dieu qu'a l'entrer en nos cueurs sa grâce nous donne, que tous les meffaits nous pardonne par quoy lui avons peu mefiaire.
MARIE JACOBY
Or allons nos offrandes faire S175 et chacune en sa quaUté.
Icy vont faire leurs o/frjndes.
JOSEPH
De nostre possibilité, seigneurs, nous avons fait devoir, car devant nos yeulx pouons voir la cité que Dieu a esleue.
ESDRAS
8180 0 cité de haulte vallue, o saûite teiTe et bcneuree, que forment avons désirée, a joye te puissions trouver.
ZEBEDEUS
Allons au saint temple achever 8185 nos oblacions saintement, a celle fin que dignement lo grant Dicn les veille accepter.
ELIACHIN
Si bien les puissions présenter
8127 et salut do nostre ame B. — 8127-8818 manquant C. fruillct dèehhè. — 8128 de renommée et famé B. 8133 en A. *- 8158 En ] Et B. — 8166 cheminez B. — 8170 je manque A. — 817.5 Et manqua A.
PREMIERE JOURNEE
iOT
qu*elles nous soieDt pourfitables.
/ V s'en vont les hommes d'autre costé fairr leurs oblacions.
ZOROBABEL
MM Seigneui*s très expers et notables, tandis que bien assamblés somnieM plusieurs docteurs et prudens honimos ou gist gravité et science, je vous veil dire en audience
M93 et noter ung merveilleux point a quoy plusieurs ne pensent point, et e*est tout commun maintenant.
6\MALIEL
Nous serons bien la main tenant a ouir la relacion.
ZOROBABEL
y^iù Seigneura de grant discreciou, TOUS savez, et est tout notoire, que selonc nostre i*epertoire et l'antiquité des escrips que nous ont laissé et escrips >:?j:^ nos prophètes, anciens pères,
nous trouvons que par grans mistercï^ ChristuB nous est de Dieu promis, imr lequel doit estre remis nostre royaulme en sa vigueur >.'io qui maintenant par grant rigueur soubz les Romains est tributaire :
et ne s'en voust p&s David tairo qui l'a prenoncé gouverner Israël et sur luy régner ^o comme vous savez, n'a celluy ; mes de l'advenement de luy, n'en quel temps Dieu le vouldra uaistro, je croy qu'il n'y eust si grand maistrc, qui l'osast pour vray affermer.
:â£0 Neantmoins aucuns veuUent semer paroles et ont maintenu que de fait il est ja venu, et raisons assés y aboutent, (lar quoy plusieurs simples gens doubteut >22) que Christus est né pour cei*tain.
GAMALIEL
Vous mouvez ung propos haultain,
Zorobabel, et sur briefe termes,
et croy que })eu de gens sont fermes
en la matière que vous dittes :
82% quant aux pi-ophecios eacriptes, nous croyons tous certainement que Christus vendra voirement, mes qu'il soit venu de ceste houi'e.
l'oppinion n'en est pa«» seure 9,ix^ s'il n'estoit aultrement prouvé, et croy que ce soit controuvé de simple gent et inexperto qui parlent a gaing et a perte, ou c'est oppinion de femmes.
ZOROBABEL
S^iO Je vous dy que les plus grans mcsnies on font courir ceste nouvelle.
ROBOAN
Mes dont peust venir tel querelle t c'est depuis ung peu de saison.
ZOROBABEL
Ha ! croyez qu'ilz ont bien l'aison, S245 sur quoy ilz se sont résolus.
MANASSBS
Et quel raison ?
ZOBOBABEL
Je n'en sçay plus :
j'ay assés d'autres pensemens.
NACROR
Recitez nous des argumens sur quoy ilz se veuillent fonder.
ZOROBABEL
S2r)0 Cola leur fauldroit demander, je n'ay pas enquis si avant Hz mettent peust estre au devant aucuns signes qu'a ce les meuvent, par lesquelz ilz jugent et preuveul ceste haulte nativité.
Se cecy fust la venté, pour dire quel signe en avons, nous qui l'cscripture savons et congnoissons et texte et glose en deussious savoir quelque chose :
or n'en avons nous riens congnu :
si croy qu'il ne soit pas venu, qui que soit qui nous le dénonce.
ZOROBABEL
Nathan, il y a bien responco a vos ditz ; et a dire voir nous ne i)OUons pas tout savoir ; et foree aussy qu'au temps passé noa«» n'y avons guère pensé :
hm expert et vénérables B. — 8198 Et nous serons la B. — 8S03 ancienneté B. — 8205 et anciens B. — 8281 tout B- 8834 nest pas bien C. — 8fâB peu A. — 8253 signes manque A. — 8254 treuuent B. C. — 8259 le texte et B. C, — ^l anons rien maintenu B. G.
iOR
MISTERE DE LA PASSION
si vient la faiilte de scieiic.^ 8870 entre nous par inadveitance ; mes quand nos livres sercherous et les signes bien noterons que haille la sainte escrîpture, nous trouverons par adventui*o 8^5 que Ghristus est ne voiremont.
OAMALIEL
Seigneur, a parler proprement, a ce que j'entens de nous tous, il est expédient a nous de discuter de cest affaire.
ZOROBA.BEL
8280 Je vous diray qu'on pourra faire ;
je vous voy icy grant foison
de docteurs de haulte raison :
soit la matière discutée
et par argumens disputée 828Ô a Tune et a Taultre partie ;
jwur voii' s'avant la depaitie
sçarons trouver la vérité
de la haulte nativité
de celluY que nous attendons.
8290 C'est très bien dit; or procédons sur ceste yniaginacion.
ZOROBABEL
L'un prengne une posicion sur ce point, et la soustendra, et lors chacun de nous vendra 8895 pour l'arguer et improuver ; sçavoir se nous pouiTons trouvej* la matière estre véritable.
MANASSES
Le conseil est très profitable, ot qui bien nous avancera.
ZOROBABEL
8300 Or donc, qui se disposera
a respondre sur ceste somme ?
Zorobabel, je n'y vois homme qui mieux en sceusist langager que vous : vueilliez vous en charger, 8305 et ce nous fera grand plaisir.
ZOROBABEL
Poui' complaire a vostre désir et avoir vostre bonne gi*ace, seigneurs, c'est raison que je face ce qu'il vous plaist me commander, 8310 non obstant qu'a bien regarder
vous o»tes en ce mieulx instruis et résolus que je ne suis ; mes pour ce que long temiis y a que mon engin n'estudia
8315 ceste matière en son degré^
s'il vous plaist et c'est vostre gi^,
j*arroye bien mon appétit
de la recoler ung petit
afiOn que plus récent en feusso ;
8320 ainsi vous me donrez induce de m'y aller ung peu esbatre, seulement trois heures ou quaU^e pour ma mémoire raffreschir.
NACHOR
Prenez d'espace et de loisir 8325 si longuement que bon vous semble, et d'aulti^e part nous tous ensemble entenderons a nostre fait.
Icy se part le petit Jhesiis secrètement d'avpcqxtes sa mère et s'en loa vers les docteurs.
Puisque vera Dieu, mon père, ay fait
dévotement mon oroison, 8330 d'icy me pars ; il est saison
que j'ensuyve sa volenté.
Je voy de docteurs grant planté
assamblés pour ung grant mistere :
il sera bon que j'y comiiei'e 8335 ouir leurs proposicions
et leui*8 argumentacions,
qui seront de la loy divine.
JOSEPH
Loué soit la puissance digue du grand Dieu des Israhelites 83^ que nos oblacions petites avons fait a nostre povoir.
ZEBEDEU8
En gré les veille recevoir celluy qui règne sans fiuer.
E8DRAS
Seigneurs, pensons de retourner 8345 ung chacun dont il est party ; nos femmes tendront leur party et s'en vendront plus a leur aise.
8277 vous tous G. — S278 fust B. G. ~ 8286 Sauoir sauant B. G. — 8802 oppinion B. — 8304 vous manqua B. — S3<>: accomplir B. — 8309 inoy B. C. — 8316 sest B. -> 8323 le [G. la] mémoire B. — 8340 nous A. — 8344 cheminer B, - 8347 tout a leur aise G. '
PREMIERE JOURNEE
blYagbin Joseph, cher parent, il vous plaise que le petit eafTançoanet s:^ Jhesus, qui est tant cler et net, s*en viengne avec nous ceste fois.
JOSEPH
Ëliachin, je tiens et crois qu'il soit pour Teure avec Marie, et qu'elle se tendroit marrie ^t"ô se je luy l'equeroyc en rien ; laissez Tavecq elle, il est bien, ot suis tout sceur que bien on jx'iise.
BSDRAS
Kliachin, quant je pourpense que nous avons si long voiage, N'^ hastons nous, nous ferons que t$age, tandis que la journée est belle.
ZBBBDBUS
Je prie Fessence éternelle
qu'elle soit on nostre convoy.
Jctf s'epi r.ont les 'hommes ensemble.
AQUILIAINR
Cousines, a ce que je voy, S365 temps est de laisser ces partis : nos maris sont pieça partis et 8*en retournent bonne allure.
NCSTHB DAMB
O trésor de deité pure,
ou est Jhesus, mon doulx enffant ?
MARIB JAGOBY
:^o II estoit icy maintenant
mis a genoux, le cbief tout nu.
NOSTRB DAMB
Las ! ma seur, qu*est il devenu ?
s*il est pardu, que ferons nous ?
MARIB SALOMB
Maiie seur, apaisiez vous, )^373 car je cuide estre bien certaine que Joseph le tient et le maine :
car n'a gueres que je le vis aller vers luy, ce m'est advis, et le bon homme Ta tant cher >:^ qu'amour luy a fait enipescbor de venii* a nosti*e assemblée.
NOSTRE DAMB
J'estoie de douleur comblée, î«eur, me:* vostre rcsi)oncc oye,
vous m'avez toute resjouye, S385 et croy très bien quant a cela que Joseph, nostre mary, l'a ; par quoy j'en suis hors de soucy , car il en pense bien aussi, il ne l'en fault point advertir.
AQUILLAINB
S390 Aussi vcistes qu'au parutil vous requist fort de l'avoii'.
Aquillaino, vous dittes voir, et j'amay nûeulx de le itienor, et peust estre qu'au l'etourner ^3SK> il a voulu avoir sa fois ;
et l'enffant est doulx et courtois, si n'y a point mis de c<»ntraii*e.
MARIE JAGOBY
Mes scura, pensons de nous retrairc ; Marie, seur, metez vous sus, 8400 et ne pensez plus a Jhesus,
car il est bien, je n'en fais doubte.
NOSTRE DABIE
11 n'y a qu'ung point que je doubte : le chemin est long a mei*veille, si craint que trop ne se traveille, Si05 veu, mes chères seurs, que ces hommes sont trop plus dura que nous ne sommes, et d'allei' fort se peineront.
MARIE SALOMB
Taisiez vous, ma seur : non feront :
mes pensez en vostre courage 8 '«10 que tous sont de nostre lignage : si n'y a ame d'estranger, par quoy n'y a point de danger qu'il ne voit tout a sa sauté.
Je lequier Dieu par sa bonté 8415 qu'il le deffende de grevance.
Iry retournent les femmes a leur logcis.
ZOROHABEL
Seigueui's, mettons par ordoimance nostre fait ainsi qu'il vous plest :
je suis de respondrc tout prest, et ay ma matière ad visée.
6AMALIEL
842U Or nous soit doncques de visée, et quel propo» voulez t-uir ;
S3i9l U majesté C. — 8364 Cousine A. C. — 8370 tout maintenant G. — 8376 emniaine B. C. — 8384 très bien ret*joye n. — ^VMi veiz te au partir qnil A. veistes vous B. C— {^91 ineult D. C. — 8:i03 udiiiener W. C. — 8400 mais u B. C — 'jV}ô Veu encoreque »es B. — 8413 tost B.
liO
MISTERE DE LA PASSION
et puiB pensez du soustenir :
. vous serez a force impugué.
ZOROBABEL
Je soustions que Gristus est ué S425 et venu pour nous tous saulver.
GAMALIEL
Je veil le contraire prouver et briefnient j'argue que non :
la loy tient que le hault l'cnom de celluy dont niencion faicte^,
8430 qui nous est promis des prophètes, sera de si haùlte raonstree qu au monde n*y ara contrée qui ne sache parler de luy ; et est bien droit : car c'est celluy
8435 par qui doit estre refondec toute la terre de Judec, qui de présent en grant dommage est sous les Romains on sei'vagc :
celluy qui nous vendra livrer
S440 sccouï's pour nous tous délivrer ; et suppose, quand est a moy, que Ciiatus sera nostre roy, noitre duc, nostre chevetain.
qui nostre royaulme haultain
^'t'io entretendra en si grant \mK que si bonne ne fut jamais.
Va que cecy soit venté, je baille pour auctorité le pi«aulmc soixante douzienr.'
S'iôO ou David en fait grant prohenie.
et est Tintitulacion :
Deus judiciuni tuum ; la parle il du roy a venir, qui son royaulme doit tenir
S'ioô en paix, en justice et concoido, en doulceur, en miséricorde et brief en tout bien disposé.
Et donc, cecy presuposé qu'il soit de tel gouvernement,
8460 je fonde ainsi mon argument :
tant est roy de plus grant puissance, et tiint doit estre sa naissance plus haultement solenuizee et par con cquent alozee
8405 i>ar tout sou règne universel :
le cas n'est pas advenu tel,
de sa naissance n est nouvelle :
si n'est pas né. Ma foy est telle.
Itetn, contre ce de devant
sno je veil arguer plus avant :
Tescripture dit, sans faillie, la ligne des rois est failhe, et, qui nous est ung piteux change, nous sommes soubz ung l'oy cstrange,
S'*75 Herode ou son filz qui nous a et tient sub inanu ferrea ; au propos nous tous concédons que Gristus que nous attendons sera filz d*ung ix)y noble et franc,
84,so car s'il n'estoit de noble sang mal luy duyroit la seiguorie que la lettre lui approprie.
S'il est donc ne, comme vous dittes, sans plus faire tant de redites,
S485 assignez moy de quel seigneur.
Se vous dittes de l'empereur, * par deux points je le puis nyer :
premier, qu'il l'eust fait publier aux Juifz pour luy faire hommage ;
SiOO secondement, \yo\kv le lignage, que les prophètes ont prédit qu'il naitra du gendre David, dont l'empereur ne descent pas :
Jheremie parle en ce pas
8493 qui veult en ceste forme dh-e :
les jours vendront, dit nostt^e sire, que David vouldray susciter, geime juste, et ne fault doubter que cela s'entend proprement
sjOO de Gristus, dont finablcmeut je preuve et soyez assoufûz qu'il n'est pas a l'empereur fil/.
Qu'il soit filz a Herode aussi, je dis qu'il ne peust estre ainsi
s^Oô pour la cause ja assignée, car il n'est pas de la lignée ; et dont, piiisque mes l'oy u'avoos, ne prince sur nous ne sçavons digne d^avoir si noble gendre^
%10 je veil ma conclusion prendre que Gristus n'est pas né encoros ! mes raisons sont assés notores :
s4l vous plai8t> vous les saulvei'cz.
W22 de A. — 8428 II sera 13. 0. — 8427 brlefuemeut B. -* H431 ijrandô criée B. C. — 8437 a grant li. C. — S4 ^ Luy venu B. G. — 8441 ja quaul a moy B. G. -j 8443 capitaine A. — 8^444 royaulle haultaine A. -^ 811S par A. - S4è5 en concorde B. G. — 8462 Tant plus A. — 8470 Car comme lescripture espond Nostre maistrc cjui resjK^ul tiiaiifjuent A. — 8471 Scest assez je nen doubte mie B. — 8472 lignée A. C. — 8475 ou les siens B. G. •— 8471 luu^ nous B. C. -* 8483 Qull nous dit régir fran» et quittes C. -fc 8484 fntnque C. -* 8488 il eust A. -* 8489 A. t««> juifs A. -» 8407 vouldra B. -* ."riOl cuidc rstrc tous Ûk B; C. «* 8540 Nous pouons dire sans meèprendre B* — SMll Mais B;
PREMIERE JOURNEE
Soi:.
frv20
no
K>Xj
^ij
<iC4)
ZOROBABEL
Les moyens bien cousidei'cs
|)ar quoy nosti'c maistrc présent
m'argue, je m*en tiens exempt 85ô5
de saulver sans estre reppris,
car trop soubtillemcnt sont pris,
et j*ay petite intelligence.
Non obstanty a la confidence
de mes maistres cy. assistant, 8570
je diray conmic je Tentens,
toasjours soubz leur correction.
Encontre ma conclusion
fondez deux ai'gumens moult fors :
le premier, se bien m'en recoi*s,
est qu*ung roy, tant est plus grant maistrc, 8575
tant doit il plus noblement naistre.
Je vous nye ceste majeur,
et veil dire, sauf vostre honneur,
qu'il n'est point de nécessité ;
et que cecy soit vérité, Sôso
prenons Romulus et Remus .
qui a tel los furent promus
que d'estre premiers fondateui's
de Romme et haulx imperateurs,
et qui tant de proesse firent : 858:)
toutefibis simplement nasquii'ei.l
d'une fille qui les conceu,
n'oncques leur père ne fut sceu ;
mes puis, pour eulx mieulx renonmier,
filz de Mars se firent nommer. S500
Plusieurs en traroye a garant,
comme d'Alixandre le grant
qui tint tout le monde en possesso,
et toutefibis quant a noblesse
il fut d'ung bien simple roy né ; ^'>î>5
encor Font aucuns impugné,
et a dit maint recitateur
qu'il fut le filz d'ung enchanteui'.
et dont pas nécessité n'est ce
que Giistus si haultement naisse. ^^^^
se n*est l'escripture qui dit
qu'il naitra du gendre David.
Cela tiens pour voix autentiquCf
mes que son naistre soit publique
ne que tout le monde le sache»
il n'est ja besoing qu'il se face, ^^)03
car tel [)eust estre le sçaroit
qui a sa moi*t pourchasseroit,
comme de rem|)ereur de Romme ;
pensez que s'il savoit ung homme qui nostre roy franc se clamast, sans que ses tribus luy payast, qu'il n'y voulsist pas contredire ?
ouy, et pour ce je veil dire que, posé qu'il naisse en scci'Cl.
ce ne frustre en riens mon décret, ne sa naissance trop commune n'est pas bonne, jwur la fortune qui le pourroit mettre en dessoubz.
OAMALIEL
Vous n'avez pas l'argument soub/.
ne n'eschappez riens i)ar ce point :
quant a nous, nous ne doubtons point que Gristus qui nous est promis ne soit de Dieu propre transmis, et qu'il ne soit prophète saint, d'honneur et de noblesse saint, especial amy de Dieu.
Dont j'argue qu'en quelque lieu Dieu sa nativité ordonne, il est possible qu'il luy donne tel grâce qui le conduyra si bien qu'homme ne luy nuyra, car ce que Dieu veult conserver ame vivant no peust gi'cver ; dont, posé que tant saint prophète fust né, et feste \)o\ir luy faicte telle qu'a tel l'oy est bien deue, pour quelque envye qu'il eust eue il fiist pat*venu a sa fin, veu que le presçavoir divin qui ha prédestiné son règne faillir ne peust, mes fault qu'il règne. Tous ces empeschemens forclus, ainsi comme devant conclus qu'il n'est pas ne, qui que le dye.
Aussi ce semble musardie qu'ung tel prince fust né ix)ur voii*, et Dieu n'en eust riens fait s<;avoir a son bon peuple> a ses amis ; comment qu'il fust des ennends) nous en eussions eu plus hault signe*
ZOnOBABBL
Quant a la puissance divine que ne puist en cas nécessaires le garder de ses adversaires^ jamôs ne le dis ne soustiens :
seulement contie vous mahitioiis
Vj18 Car sublilJeinent hont eoiiipriH A. — S520 en la U. C. — 85fô Jeu B. C. — >-h2S Et tant doit plus B. — i^ô^^ r^pujfne C. — 85^ ne ja scaroit bomiiie B. — Sô64 Sans ce que tribuîi A. — Sô72 largement A. — 8573 Kt neschappes B. - S579 Bi especial G. — 8580 son quelque lieu A. — SÔ91 la liii A. — mm hault êigne C. — SOOd Ne lepuist A. peost B.
AUSTERE DE LA PASSION
qu'il ne fault point Dieu attempter 8610 en chose qu'on puist éviter
et fouir par humaine voye.
Or prenons, comme je disoie,
que les parens de cil Gristus
sachent les grâces et veilus 8615 que le souverain triumphant
a donné a leur saint enfi'ant :
est il besoing qu*ilz facent festc
si bruyant et si manifeste
que tout le monde s*i assamble i 8620 c'est tempter Dieu, comme il me sanible,
de le lesser sans avant garde,
en présumant que Dieu le gai'de ;
mes vault mieulx que tout simplement
le nourricent et quoyement, 8625 en attendant que plus s'efforce
et Dieu luy domic sens et force
pour pervenir au résidu.
ROBOAN
C'est prudentement respondu et de grant cii*conspection.
ZOROBABEL
8630 Au regard de l'objection
ou vous dittes : s'il estoit vray Dieu l'eust fait sçavoir, je ne sçay, ne telz raisons ne sont pas deres, car Dieu revelle ses misteres
8636 quand bon lui samble et temps en est, et les celle quand il luy plest :
on ne le peut a ce contraindre ; ou espoir s'en est voulu faindre jusqu'il ait aage plus parfait,
8640 ou forse a revellé le fait
a aucuns ses vrais serviteurs.
Notables maistres et docteuri;
qui sçavez toute l'escripture,
que diluez vous de l'aventure 8645 qui advint puis douze ans en va
ou temps qu'Herode conmienya
les petis enffans decoler ?
n'oystes vous point lors parler
d*ung enffant né en Bethleon 8650 dont par toute Jherusalen
il fut si grande menciou {
nen ot pas revelaciou
saint Simeon, c'est vraye exemple, quand en ses bras le tint au temple
S6j5 et le prescha publiquement
qu il estoit Ghristus proprement venu pour raison et justice?
d'Anna aussi la prophetisse vous souvient il point qu'elle en dit ?
S660 pensez sur ce point ung petit et vous trouverez quelque chose.
ROBOAN
Oez que cest enffant propose et l'advertissement qu'il domie, et fust il très sage pei'sonne, S665 si meult il ti*es bonne raison.
ZOROBABEL
N'oire, et très bien prinse en saison ; créiez que voulentiers l'escoute car il m'advertist, somme toute, et parle de bonne façon.
OAMALIBL
8670 Oncques je ne vis enffançon plus propre joui' de mon vivant.
ZOROBABEL
Mes oez qu'il a dit devant, seigneui*8, il fait bien a noter, et brief je m'y veil ari^ester
S675 pour mieulx la venté enquen*e.
Il me souvient bien qu'en la terre de Bethleen qu'il a nommée ung enffant de grant renonmiee vers le temps qu'il a dit nasqui,
86S0 je ne sçay en quel lieu n'a qui,
de quel gendre ou de quelz parents, mes plusieurs signes apparens qu'on y vit firent a plus sages semer paroles et langages
8685 que né fut Giistus en enffance, et n'y voy point de répugnance que le fait ne puist estre vray.
GAMALIBL
Voire, mes je demanderay, comme je feiz présentement, 8r>go qui en a fait Tengendrement, s'il est né, dont est il sailly ; le gendre des rois est failly :
c'est une faute especialle, s'il n'est de lignée royale.
8600 tempter A. — 8611 fuir B. — 8612 le B. — 8014 la grâce et les B. C. — 8616 Domie a leur b«neure B. C — 8624 tout quoiement C— 8627 venir a perfection A.— 862S-8629 manquent A.— 8635 en manque B. — 8639 dai
B. — 8647 Aux petits B. C. — 8648 Noystent voua A — 8653 cest ] et B. C. — 8668 Seigneurs oye« C. — 8064 Pour néant fust bien saige B. — 8G08 Car il nous a meu une double B. C. AprOs ce vers B. et C. ajoutent : A quoi je ne pensoye guère. Man. Zorobabel faictes le taire Ce nest pas cy ci\ quil nous fault. Zor, Sire Mauasses ne roa-^ chault 11 parle (8669). — S670 Oncques mais plus propre B. — 8671 Je ne vois jour B. — 8682 Mais les grande siffne>
C. — 8683 vit faire dcî? plus A. pluseura sages C. — 8601 il est B.
PREMIERE JOURNEE
SG95 luj qui sera roy solennel.
ZOROBABBL
Nostre maistre Gamaliel, vos répliques gueres ne vaillent, car posé que les rois nous faillent, lear gendre ne fault pas pour tant ;
8700 vray est que n'avons roy partant de David ou ses suscesseura :
toutefibis nous sommes tous soeurs qu'en Nazareth et aultre part sa generacion s'espart ;
S7Q5 s'y a des gens de son lignage plusieurs qui sont de hault parage des quelz Gristus pourroit descendre, et ne fsLJÛt ja qu'ung roy Tengendi'e, mes souffît que naissance prende
8710 d aucun qui de David descende :
en ce point le maintenons nous.
Et, mes seigneurs, que diriez vous
d'une hanltaine prophede
que met, ce me samble, Ysaie, S7J5 qui ou septième chapitre est :
Ecce virgo concipiet
et parieiy et cetera ?
Dist il pas que le temps sera
qu une vierge gente et plaisant 8720 doit concepvoir ung bel enffant
et Teuffanter sans fraction
ne charnelle operacion ?
et ce filz par non solennel
se doit nommer Emmanuel, 87& vous savez bien que c'est a dire.
Or ne devez pas conti*edire
ne vouloir au contraire aller
qu'Ysaie entend a parler
de la nativité de Grist, 8^ et que pour luy ces mos escript.
Dont se celle vierge enffantoit,
et son enflant Gristus estoit,
qui au monde vray homme appere
né sans attouchement de père, ?735 que diriez vous de la façon ?
Faictes taire quoy ce gai'çon :
sa jengle ne nous sert de rien.
ZOROBABEL
Mes respont au propos très bien, qu'il n'est riens dit plus proprement.
8740 Gomment?
ZOROBABEL
Je vous diray comment :
sur fourme d'ime question il baille la soluciou de l'argument qui estoit fait.
J'entens, ce me samble, son fait :
8745 nostre maistre tient contre moy qu'il fault que Grist soit filz de roy s'il estoit au monde venu, et cest enflant a prévenu alléguant que, se Gristus naist
8750 d'une vierge, ja besoing n'est
qu'ung roy l'engendre par ce point, car de père n'aroit il point :
veez la comment il a prouvé.
NAGHOR
G'est très soubtillement trouvé :
8756 maintenant sommes assouffîs.
QAHALIfiL
A dea, veez la trop gentil filz, oonunent il a sèche paiole ; s'il est maintenu a l'escole, il sera homme de hault fait.
ROBOAN
8760 II porte engin le plus parfail
de jeune enffant que je veiz oncques.
Mes au propos vous tenez doncques, pour cas possible soustenant que Gristus soit né maintenant,
8765 et Gamaliel, nostre maistre, a argué qu'il ne peust estre :
si me veil sur ses ditz fonder ; mes premier je veil demander que vault a dire ce, Gristus.
ZOROBABEL
8770 Gristus vault autant comme unctus, la question gueres ne point.
ROBOAN
Gristus est cil qui est enoinct, ainsi que vous l'interprétez, dont aucunement attestez 8775 que Gristus sera roy régnant et tout Israël gouvernant en vraye union et concorde.
ZOROBABEL
Il est vray, je le vous accorde, qu'il sera enoinct sainttement 8780 et qu'il régnera voirement,
Jli^ »«»alme «lel C. - 8718 quant le A. - 8730 Pour celluy ces mot* fist B. Car pour lui ce mot escript C. - 8736 ttftict^. laire ce B. C. - 8739 rien fait plus B. C. - 8752 nara il B. - 8753 la B. - 8757 porte il seiche B. G. - -^mainlenaiit C. - 8764 voirement C. - 8774 accepte» G. - 8775 vray régnant B. C. - 8780 royauiment G. Pas.
MISTERE DE LA PASSION
c^est toute jour quanque je dis.
ROBOAN
J'argue donc contre vos ditz :
quand Giistus, ce roy pur et monde,
sera né en ce mortel monde, 8783 les rois et primas de la terre
le vendront adorer grant erre
et luy rendre hommage et service
conuue au haultain chief de justice
qu'ilz doy vent requerre et prier ; 8790 et se vous le voulez nyer,
je vous baille David en preuve
qui très bien le dit et Tappreuvc,
desous deux vere très bien assis :
ne dit il pas reges Tharsis 87^3 et insuie que 7X7iient *
et thus munera offerent?
Les rois, dit il en ses pseaulmes,
de Thai-se et des aultres royaulmes
de Saba, d'Arabe et d'aillieurs 8800 et briefment les plus grans seigneurs,
luy vendront offrir dons exprès ;
et dit encor au ver d'après
que tous les rois qui lors seront
et toutes gens le serviront, 8805 et beaucop de los autentiqucs
luy pi'opheti2e en ses cantiques,
que je lesse pour la briefté,
comme de la transquilité
et de la paix universelle 8810 qui a son temps doit cstre telle
que c'est le choix du temps futur
juxta xllud : Orietur
his dtebus justicia
et pacis habundancia, 8815 Sur ces deux poins, pour traire a chief,
deux argumens vous fais, et brief :
premier, que les rois que j'ay dist
et lesquelz David a predist,
ne sont point venus honorer 8820 Gristus, semr et adorer :
si dy par vraye congnoissance
que Gristus n'a pas pris naissance ;
secondement, la paix n'est pas
bonne sur nous en plusieurs pas : 88S5 nous sonunes gouvernés par force,
et chacun jour guerre s'efforce
de nous faire payer tribus :
si fault dire que c'est al)us
de croire qu'il soit né encorea.
ZOROBABEL
8830 Vos argumens sont tous notores :
on voit la faulte de l'aval dont le premier procède mal, car en vostre allegaciou David ne fait pas mencion
8835 du temps que les roys s'y rendront ; trop bien dit il qu'ilz y vendront, mes combien l'enffant ara d'aage lorsqu*ilz vendront payer l'ommage, nous n'en sommes pas bien instruit.
8840 Or voyez dont se bien s'en suit : les rois n'ont pas offert leurs dons, ergo Grist que nous attendons n'est pas venu, la faulte est dere ; et forse que Dieu considère
8845 et veut qu'en son aage parfait l'hommage des rois luy soit fait, aussi est il plus convenent :
de quoy sert un riche présent fait a ung prince, quel qa'U soil,
88S0 se le prince ne le conguoit?
il n'a de gueres pourfité ; mes vault mieulx qu'il soit présenté en aage qu'il' a congnoissance, affîn que sa haulte puissance
8853 rétribue a ses bien veillans
le hault bien qui luy sont baillans :
j'ay ceste ymaginacion.
ROBOAN
Vous estes donc d'oppinion
que de riens il n'est nécessaire 8860 que l'hommage se doyve faire
a sa nativité de grâce,
mes souffît bien que l'en luy face,
quand il sera puissant de coqis-?
Quoiqu'il soit, jamès ne m'accoi*8 8865 qu'au monde nasquist ou tel roy,
et il n'y venist roc ne roy ;
j'entendz que lors feront l'acquit,
et ainsi l'entendist David
quand les paroles dessus dites 8870 voult prophetizer.
ZOROBABEL
Vous le diiteS) mes au prouver gist le soubtil.
Mes seigneui*sj vous desplairoit D
8786 et querre B. — 8816 Vous fais deux B. C. — 8817 primes B. — SSStO ne adorer B. G.— 88fcl oonclas A. Si dis quil nest pas en enfance B. C. — 8822 Ne venu ne trait a naissance B.C. — 882 i pus] pars B. ~ 8826 Chacun jour lempereur A. — 8829 fnanf{ue B. — 8844 Et forsan A. — 8847 pertinent C. — 8850 Quand lacceptaot ne le B. — 8865 ung tel roy B. G. — S866 Et ny venist ne rocq B. Et qui! G. i
PREMIERE JOURNEE
se je demandoie deux mos qui servent wag peu au propos ssTb par moyen d^advertissement?
GAMALIEL
Nennil, filz, dittes hardiment et vous arez bonne audience.
Chers maistres, remplis de (Adence, puisque demander le convient,
SSSO je ne sçay se point vous souvient de trois roys de noble renom depuis dix ans ou environ, qui par vision d'une estelle luysant en l'air, gente et ysnelle,
s^ en ceste cité arrivèrent
et publiquement demandèrent :
ou est le hault roy couronné, le roi des Juifz qui est né ?
en Orient choisie avons
^«Jo son estdle, et vers luy venons le servir de dons honorables.
Je croy que seigneurs si notables oe feuasent pas venus si lq^lg ne soy traveîllier sans besoing ;
%^ or pensez bien sur oeste dause.
GAMALIBL
L'enflant dit très bien : il a cause et appreuve très bien son dit :
il me souvient bien, comme il dist, comment Herode nous manda
st>0ij et nous enquist et demanda
ou Crist devoit naissance prendre, et poui* vraye responce rendre, ung de nos docteurs plus certains dit que selonc prophètes sains
si^A) devoit naistre pour vérité dedans Bethleeu la cité.
Âtant les trois rois se partix'ent, mes en quelz maixïhes ilz vertireut, ne de leur fait savoir nVn puis,
s^iu car ilz ne revindrent depuis,
mes prindent aultre part leur voye.