‹ Le mystère de la rédemptionChapitre 65 sur 78 · IL EST ASSIS A LA DROITE DU PERE · texte numérisé non relu

IL EST ASSIS A LA DROITE DU PERE

Ces titres et oes gloires du Rédempteur que nous venons de passer en revue se résument dans ces paroles de TEcriture et des symboles : Sedet ad dexteram Patris, il est assis à la droite du Père. Saint Augustin (1) et saint Thomas (2) ont fait admirablement ressortir la plénitude doctr? nale que renferme cette expression. Être assis à la droite du Père, c'est jouir de son repos et de ses biens, c'est avoir avec lui la gloire de la divinité, la béatitude éternelle, la puissance judiciaire.

Comme Verbe, Jésus-Christ possède la divinité aussi complètement que le Père : il est assis à sa droite, non pas comme un inférieur, non pas comme un rival, mais comme un égal ineff-ablement aimé.

(1) s. AUGUSTIN., De Fide et Symholo, c. VII; P. L., XL, 188; et De Symljolo, c. IV, P. L., XL, 634.

(2) 8. THOM., III. P.. a. 58. a. 1.

La nature humaine, épousée par la personne du Verbe et unie à elle par des liens indissolubles, mérite les honneurs divins : c'est ainsi que nous embrassons dans une seule et même adoration le Verbe Eternel et le Verbe Incarné. Oui, le Christ tout entier a droit à ces hommages. Il les a recueillis dès le matin de l'Incarnation, alors que les anges se sont inclinés devant lui : Et adorent eum orrni^s angeli ejus (1) ; mais c'est surtout au jour de son Ascension, après avoir achevé son grand voyage, terminé son œuvre rédemptrice, qu'il reçoit, dans le repos, la gloire et les honneurs de la divinité.

En second lieu, être assis avec le Père c'est jouir de sa béatitude. Comme seconde personne de la Trinité, Jésus-Christ n'est pas seulement heureux, il est le bonheur, au même titre que le Père et le Saint-Esprit ; et c'est la vision même de cette félicité inénarrable de la Famille divine qui fera nos délices pour l'éternité.

La nature humaine du Verbe fut par l'Incarnation associée à ces joies : son âme adorable, dès le premier instant de sa création, s'est enivrée au torrent des célestes voluptés. Mais, afin de souffrir pour nous et de nous prouver son amour au prix du sacrifice, il a consenti à refouler dans la partie supérieure de l'âme, le trop-plein de sa béa-

(1) Sebr., I, 6.

titude. La Rédemption une fois accomplie, il faut la résurrection, il faut l'ascension : la barrière volontaire qui arrêtait la gloire est enlevée, les éternelles délices se précipitent désormais sur la sainte Humanité tout entière, afin que toutes ses profondeurs et toutes ses capacités soient remplies, comblées, rassasiées de bonheur.

Enfin, être assis à la droite du Père, c'est posséder avec lui le pouvoir royal et judiciaire dont nous venon^ de parler.

Qu'il jouisse donc de sa victoire dans le sein de Dieu ! Les hérétiques, les apostats, les incrédules, les impies épuiseront vainement contre lui les ressources de leurs armées, de leur science, de leur sagesse, de leur éloquence, de leur haine ; ils n'arriveront pas à arracher une seule frange au manteau de sa divinité : il est Dieu : Sedet ad dexleram Patris.

Les persécuteurs essaieront de renouveler sa passion, de l'attacher encore au gibet du Golgotha, ils n'arriveront pas à lui ravir une seule goutte de ses joies : il est heureux, il est le bonheur ! Sedet ad dexteram Patris.

Les grands corrompus et les grands révoltés de tous les temps se dresseront contre lui et diront en frémissant : Nous ne lui obéirons pas, nous ne voulons pas qu'il règne sur nous ; il faudra bien un jour défiler devant son tribunal, entendre de sa bouche la sentencç suprême et la subir pour

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