X PRÉFACE
par conséquent, la véritable et puissante raison de la croyance naturelle à Texistence du monde extérieur, en dehors des doctrines métaphysiques sur la nature de ce inonde, A cet égard, Uylas, l'adversaire de la doctrine de Berkeley, se montre polémiste insuffisant et médiocrement intelligent. Mais si Ton consent à ne voir en ce personnage que le défenseur de la matière^ comme substance, dans Facception et selon les arguments communément reçus, on peut certainement louer Berkeley d'avoir écrit un chef-d'œuvre dans ce genre de dialogue que nous essayons de définir comme le mieux adapté à la méthode néocriticiste.
Nous ne croyons pas qu'on puisse citer aucun autre ouvrage, ou du xvni® ou du xix® siècle, dans lequel une importante question de philosophie soit traitée dans cette forme, à la fois avec sérieux et avec une suffisante compréhension des principes diversement invoqués pour le traitement des questions. Au contraire, il serait facile d'en rappeler quelques-uns, de ces deux époques, dans lesquels le mérite littéraire est éminent, mais où la satire remplace la doctrine, et l'imagination la dialectique. Nous avons nommé Denis Diderot et Ernest Renan.
La profondeur, la sincérité, l'indépendance d'esprit, l'étendue de la pensée, la puissance des conceptions, le génie esthétique de création des formes vivantes, la foi morale dominant le tout seraient les qualités nécessaires pour atteindre la perfection du dialogue philosophique, tel que nous le comprenons. Nous ne devons pas nous étonner qu'il faille remonter jusqu'à Platon pour rencontrer le philosophe qui en a approché. Et