‹ Le mystère de Platon: AglaophamosChapitre 13 sur 23 · PRÉFACE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXI

capable de ramener Jf Tunité les mythes et le culte du polythéisme, et de conférer aux prêtres tout ce qui peut appartenir de pouvoir aux possesseurs de la science sainte et aux distributeurs des grâces divines.

L'auteur du Mystère de Platon donne à représenter à son Aglaophamos un système d'opinions religieuses qui, ainsi délimité, n'a réellement rien d'impossible pour l'époque où il le place, et il s'en sert pour faire discuter entre le révélateur prétendu, le positiviste par anticipation, Eudoxos, et Platon lui-même, ainsi forcé de se poser en défenseur du libéralisme, des questions dans lesquelles on reconnaît sans peine, d'un côté, les principes catholiques et les arguments catholiques, unis à ceux d'un socialisme autoritaire absolu, de l'autre, la revendication de la liberté de l'esprit. 11 faut ajouter qu'en métaphysique, en théologie, Aglaophamos apporte dans le débat des idées qui anticipent historiquement, d'une façon bien naturelle pourtant, sur celles qui devaient présider au platonisme six siècles après Platon, et au christianisme dans ce que le christianisme a eu de commun avec ce platonisme. Quel que soit son éloignement des idées ordinairement discutées dans V Académie, cet interlocuteur trouve dans son point de vue particulier de visionnaire des arguments qui ne sont pas sans prix pour l'imagination, contre le système qui, investissant la science de la fonction moralisatrice essentielle des hommes, fait d'elle aussi l'ouvrière du bonheur.

Enfin un dernier personnage donne de la vie au dialogue, dont sa fantaisie usurpe à certains moments la direction, contrairement aux droits consacrés du cho-

PRAT. — Le Mystère. ii

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