‹ Le mystère de Platon: AglaophamosChapitre 2 sur 23 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

ou moins transformées, dans le monde. Cette philo-» Sophie est le néocriticisme, parce que, ne regardant pas les vérités d'ordre transcendant comme susceptibles d'une démonstration proprement dite, sans pétition de principe, ou les premiers principes comme des objets d'affirmation nécessaire, irrécusable, elle cherche Tultime appui de chaque doctrine dans une croyance demeurée toujours libre au fond. Les croyances fondamentales sont diverses et se classent comme mutuellement contradictoires, Tl y a donc un intérêt supérieur à les reconnaître pour les étudier et approfondir les motifs logiques et moraux de préférer les unes aux autres. La position du néocriticisme, à l'encontre des systèmes courants qui, soit ouvertement, soit comme il ressort de l'apparence qu'ils se donnent par leurs façons de s'exposer et de se défendre, prétendent à l'irrésistible démonstration, est celle d'une philosophie critique prise en un sens qui commence à peine à être compris en philosophie : celui d'une investigation conduite à des conclusions fermes. Et observons, en passant, que ce criticisme diffère essentiellement du criticisme kantien, car l'auteur de la Critique de la Raison pure se déclarait dans l'impuissance d'arriver à des conclusions dernières, simples et nettes, à l'aide des mêmes méthodes, du même principe et du même genre de raisonnements dont il usait et auxquels il se fiait naturellement dans le cours des deux critiques principales, et dans l'examen des deux raisons. Le néocriticisme conserve l'unité de la raison et ne consent ni à l'opposer èi Y entendement ^ ni à lui trouver différentes lois, suivant qu'il s'agit de la théorie ou de la pratique.

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