‹ Le mystère de Platon: AglaophamosChapitre 7 sur 23 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

l'explication définitive ou la preuve, dans les dialogues où elles étaient discutées.

En résumé, nous pouvons dire que Platon a donné place dans son œuvre à la représentation des traits les plus généraux des doctrines de son temps, quoiqu'il ne nous ait point instruit, comme devait le faire Aristoto, de beaucoup de traits particuliers et curieux des anciennes philosophies ; non plus d'ailleurs qu'il ne devait être, comme lui, pour la postérité la plus reculée, le grand maître de la logique et le modérateur de l'esprit scientifique toujours enclin à se rapprocher de l'expérience; mais il prit la tète des plus hautes pensées pour toute la suite des temps. Son école put devenir voisine du scepticisme, à un certain moment de l'antiquité, sur des points de méthode principalement, parce que la doctrine des idées n'étant ni clairement fondée dans son acception ontologique, ni psychologiquement construite, ne fournissait pas un principe de certitude; parce que la théorie de la création démiurgique semblait aux philosophes plus symbolique que philosophique, et parce que la thèse de l'immortalité se justifiait par des mythes moraux, et s'expliquait par des métensomatoses, plutôt qu'elle ne revêtait une forme rationnelle, reliant le monde sensible aux idées purement intelligibles : mais le « divin Platon », obscur pour ses contemporains, n'en est que mieux devenu, et il est resté comme l'universel représentant, à travers toutes les phases du mouvement philosophique, du spiritualisme et de l'idéalisme en leurs transformations, et, dans une acception générale, de tous les efforts de la pensée pour élever la connaissance au

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