‹ Le mystère de Platon: AglaophamosChapitre 9 sur 23 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

leur lecture était la confirmation du spiritualisme, tel que lui-même l'entendait.

Platon a conservé avec un arl merveilleux, dans Texamen des méthodes hostiles au socratisme, et dans l'exposition de ses propres vues, même en ce qui touche la doctrine des idées, une certaine indétermination excluant les formules définitives, et il a eu de grandes, de sublimes échappées de théorie sur les origines morales, la constitution intelligible du monde, l'amour, la beauté, la divinité, sans que fût prononcé nulle part dans les Dialogues le dernier mot qui aurait formé de ce vaste ensemble un édifice rationnel achevé. Ce caractère unique ofi're, en la personne de Platon, un personnage à introduire hardiment en de nouveaux dialogues, et à traiter avec la même liberté que luimôme a traité son maître Socrate, auquel il a prêté tant d'idées auxquelles celui-ci n'avait certainement jamais songé. Le but serait analogue, c'est-à-dire que, de même que Platon entendait développer sous cette forme les pensées qu'il avait conçues et qu'il regardait sans doute comme le fruit semé dans son génie propre par le génie de Socrate, de même un philosophe néocriticiste se proposerait aujourd'hui, s'éclairant des lumières acquises en psychologie et en métaphysique depuis Platon, de présenter sa doctrine à l'état d'achèvement, telle qu'il aurait pu la construire en restant fidèle à ses tendances générales, et en découvrant les formules définitives et les arguments d'une logique inattaquable h opposer à ses adversaires, s'il avait délivré son esprit de l'obsession de la philosophie éléatique de Têtre absolu.

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