‹ Le mystère de Platon: AglaophamosChapitre 10 sur 23 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

Le platonisme ainsi interprété, ou pour mieux dire achevé, élevé à l'entière rationalité de ses proprés vues, et porté à la perfection de celles qu'il a cherchées pour la révélation du monde moral, pourrait s'appeler le Mystère de Platon^ et aurait de réelles analogies avec la doctrine cosmogonique et eschatologique de la personnalité, qui s'offre dans le néocriticisme comme la conclusion des analyses entreprises pour la constitution de la croyance rationnelle. C'est le plan que M. L. Prat s'est proposé et dont il commence l'exécution dans un premier dialogue historique dont la scène est le Jardin d'Académos^ au temps de la vieillesse de Platon, et les interlocuteurs, des penseurs h vues très divergentes réunis autour de lui pour la célébration d'un certain anniversaire socratique. La controverse, largement ouverte à tous les amis de la grande mémoire, est le digne culte voué à l'incomparable héros de l'argumentation. L'auteur l'a traitée avec ce haut désintéressement esthétique qui convient à la méthode néocriticiste, telle que nous venons de l'expliquer. Il a montré le platonisme en opposition avec les systèmes que l'esprit platonicien avait à combattre, et il a conservé à chacun des personnages mis en présence ses idées et sa physionomie propre, en s'appliquant à prêter à chacun toute l'intelligence et toute la force possible dans le maniement des arguments favorables h sa cause. 11 a décrit de véritables conflits d'idées luttant pour l'existence. La philosophie ainsi vue dans son histoire, à des moments bien choisis, ne se forme plus seulement de systèmes, d'abstractions coordonnées, mais de drames, d'opinions actives qui attaquent et se

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