‹ Le mystère de Robert le DiableChapitre 10 sur 63 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Sur la place.

BOUTE-EN-COURROIE

BOUTE-EN-COURROIE

Alons tout mestre en nostre fort, Chez nous, car la maison est forte, El puis après, je vous mennvs Allons; après vous mènerai

En tel lieu que je vousferay En bons lieux et où je vous ferai

Trois tans gagnier que vous n'avc\ Trois fois plus riches que vous n'êtes Et se vous miex dire save\ Jamais n'aurez vu telles fêtes.

Si le nous dites. Cependant nous irons ailleurs

Si vous savez endroits meilleurs :

Qu'on me le dise.

R1GOLET

RIGOLET

D'ainsi dire moult bien t'aquillcs.

Ainsi, lantost, riches serons.

Alons m'en nous ne laisserons, Qui m'en croira, aval, n amont Religion de ci au mont Saint-Michel que ne visitons Et que le plus bel n'emportons De leur trésor.

Tu nous conduis à notre guise.

Ainsi donc riches nous serons Bientôt, et nous ne laisserons, Jusqu'au mont Saint-Michel, nul

[cloître Pour de ses biens le nôtre accroître.

Nous les allons visiter tous, Et la plus belle part pour nous Y sera prise.

BRISE-GODET

BRISE-GODET

Rigolet, foy que doy Saint-Mor, Par saint Mor, dans pareille emprise A iele emprise, voulcntiers, On m'a vu toujours volontiers,

Se deuxjr vont, seray le tiers, Et je m'engage des premiers.

N'en double? point. Si deux y sont, crois que moi-même

Serai troisième.

ROBERT

Puisque nous sommes A ce point, Seigneurs, je ne vous faudray pas.

Je scé bien et ne doubte pas Que les seigneurs de Normandie Nous héenl à mort, quoy c'on die ; Mais cuer ay ainsi obstiné Que ne craing homme qui soit né ; Et si vous jur par le Dieu pis S'ay fait mal, encor feray pis; Né ne verray dame tant belle Soit mariée ou soit pucelle De qui n'aie, vueille ou ne vueille, Ma voulenlé, qui que s'en dueille.

Ve\-ci nostre fort, eus entrons Ety mettons ce qu'apportons Trestou\ ensemble.

ROBERT

Étant à ce point arrivés, Comptez sur moi, tous. Vous savez Que les seigneurs de Normandie Nous ont en haine, et, quoi qu'on

[die, Me voudraient voir mort et damné, Mais je suis de cœur obstiné.

Jamais n'ai craint homme qui vive, Pour en être sûr qu'on me suive.

C'est donc sanspeurque jevous dis :

Si j'ai fait mal, je ferai pis.

Je ne verrai dame tant belle, Soit mariée ou soit pucelle, De laquelle, bon gré mal gré Je n'aie ce que je voudrai.

Mort! à qui cette main s'adresse.

Mais voici notre forteresse Pour mettre ce que nous portons, Seigneurs, entrons.

LAMBIN

C'est bien à faire, ce me semble, Enlre\ eus, maistre.

LAMBIN

C'est bien à faire ce me semble, Aussi nous verrez vous ensemble, Trainant le butin après nous, Vous suivre tous.

LE MYSTERE DE ROBER i LE DIABLE

Page 1