SCENE XI
Chez Robert.
BOUTE-EN-COURROIE
BOUTE-EN-COURROIE
Maislre, pensons de nous mucier, Car pis nous va que ne cuidons.
Ilfauli que ce pais vuidons El qu'aillons faire aillours no\ ni%, Car nous en sommes toux bani\ El vous premier.
Dy-moy je l'en pri et requier, Est-il certain !
BOUTE-EN-COUROYE .
Oïl, je vous en acertain ; Je mesmes le ban ay oy Dont le cuer pas ne m'esjouy Quant l'ouy faire.
RIGOLET
En ce cas, va mal nostre affaire.
Maislre, or garde\ où nous irons.
Où sa de cy ne mouverons Nous en ortez.
ROBERT
Seigneurs, ne vous desconfortez^ Nous sommes en bonne for est
Au métier, il faut qu'on renonce.
Loin du pays portons nos nids, Car nous en sommes tous bannis.
Vous, maître, en tête.
ROBERT
Quels sont ces bruits? Voyons, ré- Sont-ils bien vrais.' [pète.
BOUTE-EN-COURROIE
Hélas! plus que je ne voudrais.
Le ban, je l'entendis moi-même Et, malgré moi, je devins blême, Quand l'entendis.
RIGOLET
En ce cas, comme lui je dis :
Nos affaires menacent d'être Au plus mal. Que ferons-nous, mai- D'ici, faut-il nous échapper, [tre?
Pour aller autre part camperr Il nous importe.
ROBERT
Eh! que rien ne vous déconforte :
Nous sommes en bonne forêt,
Et si avons fort qui bon est, Et sapons des vivres asse- Souffre^-vous, ains .ij. mois passe-.
Par lafoy que je doy saint Père, N'y ara né le duc mon père, Né amis charniex né parens Que ne face des cuers dolens.
Je ne les prise tou\ un poys:
Tout seul un po dedans ce bois, Gardes^ ici, me vois esbatre ; Ne souffre^ céens ame embalre Fors qu'entre vous.
Notre fort à défendre est prêt, Des vivres avons, et de reste.
Avant deux mois je vous proteste Que nos dangers seront moins [grands, Que mon père, amis et parents, Desquels, d'ailleurs, je ne tiens [compte En seront pour leur courte honte, Le cœur contrit ; dvici les vois !
Allez, je reste dans ce bois, Où je veux un instant m'ébattre.
Vous, ne vous laissez pas abattre; J'ai l'œil à tout.
BRISE-GODET
Certainement non ferons-nous, N'en double^, maistre.
BRISE-GODET
A vos ordres serons partout.
N'en doutez, maître.