‹ Le mystère de Robert le DiableChapitre 4 sur 63 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

LE DUC

Robert, à quoy tcns-tu né tires) Il me semble que tu empires Et vaux pix hui que devant hier.

Je t'avaiefait chevalier Pour ce que les maux délaissasses Et que de bien faire pensasses, Comme bon chevalier doit faire, Qui doit courtois et débonnaire Estre aux bons et les eslever, Et les mauvais félons grever ; Et je scé et vois tou\ les jours Que tu fais du tout le rebours ; El sainte Eglise et Dieu despis,

LE DUC (à son fils).

Où tends-tu ? Parle, il faut le dire; Robert, car en toi tout empire ; Tu vaux moins aujourd'hui qu'hier.

Je t'avois armé chevalier, Pour que le mal te délaissasses, Et qu'à bien faire tu pensasses.

En vrai chevalier tu le dois, Si veux être brave et courtois.

Sois tout aux bons et les élèves, Tandis que les méchants tu grèves* Et frappes. Tu fais au rebours, Je le sais et vois tous les jours.

Pas un plus que toi ne méprise,

Qui est, je le dy bien du pis.

Avise loi.

ROBERT

Vous ave\ tort, père, de moy Blasmer, cl perde\ vostre.paine.

Ne cuide\ point que je me paine De bien faire, n'en ay talent.

Mais je ne seray mie lent, Puis ce di que chevalier suy, De faire à ces prestres annuy, De ces moines batre et lober Et de leur tolir et rober.

Se ne scâ qu'il\ aient joyaux Né sainluaires bons né biaux, Avec moy les emportera)- ; Certes jà riens ne leur lairay ; Et s'il y a nul qui en grouce, Ne double^ que ne le courrouce Tant, que sa vie li louldray.

Ainsi démener me voulray ; Desoresmais, laissiez m'en pai\, Ailleurs m envois, et cy vous lais, Où j'ay des compaignons asse-.

Tant ferons, ains ii mois passc^ Que nous assemblerons d'avoir Plus que vous n'en pourrez avoir.

J'en suis certains.

Ainsi que Dieu, la sainte Église, Or, de tes meffaits c'est le pis, Songe donc, je te le redis Songe à mieux faire.

ROBERT

A grand tort vous me blâmez, père, Votre peine s'y perd pour rien.

Mon talent n'est pas pour le bien.

Suis chevalier, et ne veux l'être Que pour ennuyer moine ou prêtre, Les battre, et prendre leurs joyaux.

En ont-ils de bons et de beaux .- Vite avec moi je les emporte, Et cher eux me conduis de sorte Que rien n'y laisse. Grognent-ils?

Ils se mettent en grands périls.

Au premier, qui mon droit conteste Je prends sa vie avec le reste.

Ainsi veux vivre désormais.

Aussi laissez-moi donc en paix.

Ailleurs vais, où j'ai compagnie De gens à moi. Je me renie Si, dans peu, je ne sais avoir Plus de biens que n'en pourrez voir, Chose certaine!

(// sort.)

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