I. EMPERIERE
Alons nous armer vistcment, Seigneur, tant dis.
PREMIER CHEVALIER
Vous n'en sere\ mie desdi\, Treschier sire, de ma partie ; Diex nous doint, à la départie L'onneur avoir.
ije CHEVALIER.
L EMPEREUR
Oui, de grand cœur, car le temps
[presse.
Nous, avant que d'être en détresse,
Seigneurs, allons sans plus chômer,
Tous nous armer.
PREMIER CHEVALIER
J'y serai de tout mon courage, Que chacun puisse, pour partage.
L'honneur avoir!
DEUXIEME CHEVALIER
Je tien que si fera il voir, On pourra comme lui nous voir;
Car ce qu'à eul\ alons combatte Pour notre droit allons nous battre;
N'est que pour nostre droit debatre, Il faut, sans nous laisser abattre. Et soutenir. Le soutenir. (Ils sortent.)
L ESCUIER
Puis que sui cy, plus abstenir Ne me vueil que ne fasse un cri, Cy endroit, san% plus lonc detri; De m'en acquitter sui engrans.
— Or cscoute\, peti\ et grans, L'cmperieres, savoir vous fait Que chascun se tiengne de fait Armé et tout prest pour combatre ; Car paiens se veulent embatre, Mais sont venu\ en ceste terre Et la veulent pour eux acquerre.
Pour ce l'empereur a tou\ mande
L ECUYER
Je suis où je devais venir.
Je n'aurai pas meilleure place Pour le cri qu'il faut que je fasse.
Sans plus tarder je l'entreprends :
Or, écoutez, petits et grands :
L'Empereur veut qu'ici je vienne Vous dire que chacun se tienne En armes, et, par tous moyens, Prêt à combattre les payens.
Pour que leur bande la conquière, Ils ont envahi cette terre.
L'Empereur veut donc à la fois
Son arrière ban, cl commande Aussi ben au clerc comme au lai Que chascun s'arme san% delay El soil tout prest.
Tout son arrière ban : Bourgeois, Et clercs, sans que rien vous arrête, Que l'on s'apprête.