TURPIN
Je vous bénis au nom de Dieu. Pour pénitence, je commande de frapper.
Olivier, mon compagnon, vous le savez bien, que le comte Gane nous a tous trahis.
Il en a reçu de Tor, des richesses, et des pièces d'argent. L'empereur nous devrait bien venger. Le roi Marsile a fait marché de nous, mais c'est avec nos épées qu'il sera payé.
Roland devra regarder fièrement du côté que viennent les Sarrazins et, avec modestie et douceur, les Français.
ROLAND
Seigneurs barons, allez, tenant le pas doucement. Ces infidèles sont venus chercher grand martyre. Nous en avons un bel et bon butin. Nul roi de France n'en eut jamais un de telle valeur.
OLIVIER
Je n'ai plus souci de parler. Vous ne voulûtes pas sonner de votre cor. De Charlemagne vous n'avez rien. 11 n'en sait mot.
Ce n'est pas sa faute, le brave. Ceux qui
sont loin ne sont pas à blâmer. Or, chevauchez du mieux que vous pouvez. Seigneurs barons, gardez le champ. Pour Dieu, je vous prie, soyez attentifs de frapper des coups, d'en recevoir et d'en rendre. Nous ne devons pas oublier la devise de Charles.
TOUS LES FRANÇAIS
Montjoiel