‹ Le mystère de Roncevaux [drame héroïque]Chapitre 2 sur 29 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

CARACTÈRE PRAMATIQUE DES EPOPEES

Tout homme faipiJiftrisé avec les procédés épiques aura remarqué que les grandes œuvres de oe genre, dans Tlnde, dans la Perse, dans la Grèce, dans le monde Scandinave, français, espagnol ou ger^nain, sont presque complètement composées de dialogues entremêlés de quelques récits. Les combats eux-mêmes sont, en quelque sorte, parlants. Les héros épiques parlent au moins autant qu'ils agissent. Prenez, par exemple, la grande querelle d'Agamemnon avec Achille au premier chant de V Iliade :

vous avez une ^cène dramatique toute faite, et quelle scène! S'il s'agissait de transporter sur un théâtre la colère d'Achille, quelle main serait assez profane pour entreprendre de refaire cette admirable scène après

Homère? Qui serait assez téméraire pour refaire, après le trouvère de Roncevaux, la délibération de Charlemagne ayec ses grands vassaux, ou l'ambassade de Gane auprès du roi Marsile, ou le monologue de Roland à l'agonie? Qui trouvera de nos jours, sous une autre forme, autant de vie, de vérité et de grandeur?

En transportant purement et simplement sur le théâtre les scènes toutes faites par le poète épique, en demandant au récit les actions qui se prêteraient plus difficilement à la représentation réelle, enfin, en mettant dans la bouche d'un maître du jeu les réflexions et les explications que les tragiques grecs ont prêtées au chœur avec tant d'art, le drame est fait. Si un tel drame ressemble plutôt à une tragédie grecque qu'à une pièce de nos boulevards; s'il se rapproche des Sept chefs devant Thèbes, où est le mal? Qu'y a-t-il dans la tragédie des Perses? Le récit d'une ^bataille'. Tout se passe entre cinq personnages, dont un fantôme.

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