‹ Le mystère de Sainte Eustelle, vierge et martyre, patronne de la jeunesse chrétienne; drame en trois actes en versChapitre 25 sur 46 · SCÈNE VII eustelle, seule · texte numérisé non relu

SCÈNE VII eustelle, seule

Seigneur ! de votre enfant daignez prendre la main Et par votre lumière éclairez son chemin.

(Après un instant.)

De ce monde trompeur que me feront les charmes ? Que de fois, loin de vous, j’ai vu couler mes larmes, Sur les fleurs dont sa main avait orné mon front,

Pour un sourire, pour un regard, pour un affront.

Le plaisir s’enfuyait comme l’ombre d’un songe.

Il ne me restait plus que le bruit d’un mensonge Dans ces propos légers flattant ma vanité,

Mais qui vous éloignaient, ô Dieu de vérité !

Puis comment vous chercher dans de vaines caresses, Et comment vous trouver dans de folles ivresses ? Seigneur ! quel vide affreux ! quel immense désert ! Dans cette soif d’amour, oh ! comme j’ai souffert ! C’est vous qui me manquiez, pure et douce lumière. Pour être toute à vous, prenez-moi tout entière, Faire deux parts ? Jamais !

Qui pourrait le penser

Sans compter avec vous et sans vous offenser ?

Page 1