SCÈNE XIII
LES MÊMES, LÉDÉTUS.
( Lédétus entre sans bruit ; il se tient sur un côté et écoule.)
FLORA
Trop sévère est sa loi.
EUSTELLE
Son bras est notre appui.
Dans l’épreuve, il est doux de s’appuyer sur lui.
Si l’eau du ciel t’avait apporté l’innocence,
Et si ton cœur s’était nourri de sa présence,
Tu saurais comme il aime à reposer en nous.
C’est le plus sûr ami, c’est le plus tendre Epoux.
FLORA
Un époux qui jamais avec nous ne transige.
EUSTELLE
Ne sais-tu pas, Flora, ce que le monde exige ? Compte les jours passés en vains amusements,
Et de ses folles nuits les futiles moments. —
Dans ses maximes, ses conseils, faux et perfide,
Vois comme il nous séduit pour se montrer un guide. Et quand d’une âme il a gaspillé le bonheur,
Vois avec quelle joie il en détruit l’honneur.
Il foule sous les pieds cette rose éphémère Dont il orna son front, et, dans sa haine amère,
Objet de son dédain, de son inimitié,
Il la rejette au loin sans un mot de pitié.
lédétus, s'approchant.
Des chrétiens le poison a pénétré votre âme.
Elle brûle déjà de leur impure flamme.
Notre Dieu, notre Christ est toute sainteté ;
Autour de lui sa loi germe la pureté.
LÉDÉTUS
Des Augustes Césars c’est le pouvoir qu’il nie.
EUSTELLE
Vous savez le contraire et votre calomnie,
Qui paraît s’appuyer sur la religion,
Pour nous frapper de mort, est pure invention.
Un ministre du ciel en excitant la haine,
Ne prévoit pas les maux où son mensonge entraîne.
LÉDÉTUS
Le chrétien, des Césars foule aux pieds le pouvoir.
EUSTELLE
Devant Dieu s’incliner est le premier devoir.
LÉDÉTUS
Tu veux donc jusqu’au bout exaspérer un père ? Mais que ne peut-il pas dans sa juste colère ?
flora, à Euslelle.
Dans ce jour, à ses vœux, Eustelle, condescends.
CŒCILIA
Est-ce donc un forfait d’offrir un peu d’encens ?
Agir contre sa foi serait l’apostasie.
LÉDÉTUS
Résister à César sera perdre la vie.