‹ Le mystère de Sainte Eustelle, vierge et martyre, patronne de la jeunesse chrétienne; drame en trois actes en versChapitre 8 sur 46 · LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LE PEUPLE

Au gui l’an neuf î au gui !

Dans la forêt sombre et couverte,

La faucille d’or a relui.

Prêtres, cueillez la feuille verte ;

Au gui l’an neuf ! Au gui !

CAMULOGÈNE

Prêtres, dispersez-vous et veillez sur la plaine,

Et si quelque étranger vers le chêne s’amène,

Pour emplir le devoir de l’hospitalité,

Laissez-le jusqu’à nous venir en liberté.

Il recevra le gui comme un heureux présage,

Pour qu’un Dieu bienveillant protège son voyage.

[Quelques druides sortent.)

Le soleil atteindra le milieu de son cours (1),

Quand de l’an qui s’enfuit, s’arrêteront les jours ; Mais nul ne peut prévoir quelle est la destinée Préparée aux mortels pour la nouvelle année.

(Au peuple.)

Allez sur les dolmens où nos vaillants héros Dans la Gaule ont trouvé la gloire et le repos.

(1) Ou i Quand la nuit atteindra le milieu de son cours,

De l’an qui disparaît s’arrêteront les jours*

En répétant leurs noms que chacun de vous pense Que l’homme est immortel et que la récompense Est le secret des dieux. Ils donnent le bonheur A qui suit noblement le chemin de l’honneur.

Attendez à midi que l’airain vous appelle.

L’année, à ce moment précis, se renouvelle.

Alors à l’arbre saint, Gaulois, vous reviendrez,

Et chacun recevra les rameaux vénérés.

[La foule se disperse avec ordre : les guerriers , les hommes , les vierges , les femmes.)

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