‹ Le mystère des foules (volume 2)Chapitre 14 sur 28 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

Nous ne prétendrons point cependant que les Deux Orphelines équivalent au Roi Lear, car Shakespeare ne me tirera peut-être aucune larme ; [la pensée l'emportant, en son œuvre, sur le sentiment. Faire rire ou pleurer ne signifie rien pour prescrire une opinion.

A contempler mentalement le cycle des œuvres composées par Gustave Flaubert, l'émotion qui récompense peut servir de type.

D'abord Ton discerne deux parties distinctes, correspondantes, et formant l'équilibre d'une harmonie. D'une part, la Tentation de saint Antoine évoque les croyances du monde ancien, dont les fantômes viennent successivement tenter l'anachorète. A l'autre bout du cycle, Boudard et Pécuchet expérimentent toutes les affirmations du monde moderne. Les religions, motifs du geste antique, et la science, mobile de la pensée présente, se confrontent.

Les idées de jadis, celles de naguère, avec leurs somptuosités et leurs ridicules, leur grandiose et leur naïveté, défilent, telles que les figures d'un bas-relief à deux faces servant de base à la beauté de l'oeuvre.

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