‹ Le mystère des foules (volume 2)Chapitre 3 sur 28 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

pu jalonner de quelques fanions la plaine où des frères plus jeunes vont tracer la route vers la Nouvelle Beauté, tu peux te réjouir. L'erreur n'était pas avec toi.

A la fin des luttes qui divisèrent ceux du Bon Sens et les naturalistes, on répéta, selon l'exemple des Latins, que l'art consiste à susciter le rire ou les larmes. Je ne me rappelle point qu'on ait écrit s'il lui appartenait d'accroître la vigueur de l'esprit. . . L'émotion simple de plaisir ou de douleur semblait valoir toutes les convoitises du créateur en travail. Les na turalistes prétendirent justement que le mésaise acquis au spectacle du vrai, même choquant, prouvait aussi la gloire de l'écrivain, du peintre, du sculpteur. Nul ne pouvait les contredire en cela puisqu'ils évoquaient, par leurs fables réalistes, une sensation de douleur. Le différend changea de face ; la lutte fut entre optimistes et pessimistes. La théorie de la vie mauvaise l'emporta. Depuis lors nos joies portent la mode d'un crêpe.

A y bien songer, il semble que nous nous lamentons par une erreur de dialectique. Le raisonnement de nos devanciers fut superficiel .

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