VIII PREFACE
Il existe d'autres émotions que la joyeuse ou la douloureuse. A contempler le saint Jean- Baptiste du Vinci, et l'ironie de sa figure panique, nous ne ressentons pas un plaisir précis et encore moins de la peine. L'ensemble des lignes, des couleurs, la direction du geste que Tartiste inscrivit sur la toile flattent notre sens de la beauté ; ils marquent une minute de calme exquis pour Tâme. Mais la malice de l'expression imagée dans le sourire de Tandrogyne, et le mystère de la dérision qu'il mime de tout son visage nous apportent, en outre, une inquiétude mentale. Il semble que le personnage se moque avec des raisons divines et inconnaissables, sûres pourtant, de notre humaine foi. Jamais je ne quittai le voisinage de cette figure sans être plus résigné à la douceur de la mort, curieux en outre de ce qui la peut suivre. Et, cependant, on ne saurait dire qu'une telle inquiétude sur les fins de l'action donne de la douleur. Ou si elle en donne, c'est un rare plaisir de la savoir en soi, de l'analyser, de lui ofi'rir des motifs de recrudescence, de l'amoindrir aussi par le sourire intérieur de la résignation qui nous en libère.