‹ Le mysticisme catholique et l'âme de DanteChapitre 18 sur 29 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

§ I. — Considérations méthodologiques, psychologiques ET historiques pkéliminâires.

Le voulût-on, Ton n'étudie guère quoi que ce soit, surtout de concret, d'une manière purement analytique. Lit-on spécialement une œuvre pour en comprendre l'auteur? Vite on se met à imaginer ce que Ton n'a pas encore appris de lui ; on ébauche des synthèses qui tantôt serviront ultérieurement à mieux distinguer les détails significatifs des détails sans valeur^ tantôt préparent des méprises pour la suite de l'étude documentaire commencée. La première lecture terminée, la ou les synthèses qui ont prédominé dirigent le choix analytique des matériaux que l'on emploiera pour se constituer, sur l'œuvre et sur rhomme,une opinion définitive. A peu près toujours, des synthèses déterminent nos analyses, soit pour se compléter, soit pour se vérifier, soit pour se préciser ; M. Paulhan Ta très fortement établi *. Or, si telle est la loi ordinaire de notre pensée, pourquoi, par un artifice de méthode, cherchera en déguiser l'application presque inévitable ? Courrait-on le danger d'être moins persuasif si l'on a la franchise d'exposer tout d'abord, sans aucune justification analytique, les résultats de synthèses antérieures aux analyses finalement utilisées? Nullement,à condition toutefois que Ton présente les vues d'ensemble qu'on exposera d'abord, non pointcomme des axiomes, mais comme

Page 1